A quel médicament appartient le symptôme ci-dessous ?

Arnica
2
5%
Bryonia
8
21%
Chamomilla
2
5%
Colocynthis
4
11%
Ferrum met.
2
5%
Gelsemium
5
13%
Ignatia
2
5%
Nux vomica
1
3%
Phosphoric acid
2
5%
Sepia
10
26%
Avatar de l’utilisateur
par Athelas
Diplômé PH
#45056
Bonjour à tous.
C’était très difficile. Merci pour votre participation et pour avoir joué le jeu.

Edouard m’ayant demandé de vous proposer quand même cette keynote, en dépit de la difficulté à trouver la solution parmi autant de médicaments qui pourraient tout aussi bien convenir pour l’aversion pour la compagnie, je suis bien obligé de vous faire ma lecture personnelle en guise d’explication. J’espère que vous serez indulgent car tout comme vous je peux me tromper. Je ne prétends même pas que cette lecture vous aide à trouver la « solution » sans avoir besoin de lire le nom du remède à la fin. En fait ces keynotes n’ont pas été conçues pour élaborer des quiz. Pour bien faire il faudrait trouver pour chaque médicament proposé une keynote traitant à peu près de la même chose, vous en proposer une seule, et pouvoir dire ensuite en les comparant, celle-ci c’est un tel. J’y passerai mes nuits. Ces keynotes servent avant tout de guide pour la compréhension du remède et doivent marquer les esprits.

Celle-ci est donnée par Nash, élaborée à partir des symptômes que Lippe a retenus comme étant caractéristiques et proéminents dans sa rubrique « Mind and disposition », et que vous pouvez retrouver également dans l’Encyclopédie de Allen.

Voici comment Nash l’a formulée en anglais :

« Does not like to talk, to answer, or to see friends, or anybody. »

Comme l’a justement remarqué Anne, la keynote est donnée sans « ambiance », brute de décoffrage si je puis dire, ce qui rajoute de la difficulté si par exemple on veut imaginer une situation clinique semblable. Ainsi l’état mental plus général ou émotionnel qui lui est associé est inconnu. Mais cette disposition d’esprit semble être une constante du médicament, puisqu’elle se retrouve tout ou partie dans les provings aussi bien avec de l’irritabilité/colère (en phase d’excitation) qu’avec de la morosité ou de l’abattement/découragement (en phase de dépression).

La keynote est rédigée en agençant les symptômes du général au particulier (avec de nouveau une généralisation évidente à la fin) dans une espèce de gradation. Le particulier nous intéresse davantage en homéopathie.

- Le sujet ne veut pas parler. Il n’en a pas le désir. Ce n’est pas exactement la même chose que « le sujet ne veut pas qu’on lui parle », [Cham. est aggravé par la conversation], et c’est sans doute pour cette raison que le médicament en question ne figure pas dans la rubrique PARLE / aversion à ce qu’on lui.)
On part du symptôme général, et d’un symptôme vague que de très nombreux médicaments possèdent, à des degrés divers bien sûr, avec leurs nuances respectives : ainsi l’indifférent Phosphoric acid ne se tait pas pour la même raison que le prostré et somnolent Gelsemium qui veut rester seul (le plus souvent).
Cette réticence peut confiner à l’aversion qui est le mot retenu par Lippe. Pris isolément, hors d’un contexte, d’une attitude, le symptôme fournit vraiment trop peu d’indication pour qu’on s’attarde dessus.
Retenons simplement qu’il ne veut pas parler soit parce qu’il est taciturne (facette sycotique ?), soit parce qu’il en a l’aversion (pour une raison ou une autre).

- Le sujet ne veut pas parler, en particulier il ne veut pas répondre.
Quand il est sollicité directement, cela exige un effort supplémentaire puisqu’un retour adapté de sa part est attendu. Pour peu que votre patient soit dans un mauvais jour et voilà c’en est trop pour lui, bien que cela paraisse si peu pour les autres.
Hahnemann formule lui-même le symptôme-source dans Les Maladies Chroniques :
Extreme fretfulness; nothing seems right; he is extremely impatient, and angry at every word that he is obliged to answer, and becomes most painfully confused; everything annoys him, even the merest trifles.” (Trad. Allen)
Nux possède ce symptôme, et au stade suivant lorsque l’interlocuteur pose trop de questions, il pourra se mettre en colère s’il est obligé de répondre.
Ici apparaît donc le côté irritabilité du médicament, l’agacement, tout va de travers.

- Il ne veut pas voir ses amis.
Voilà qui est plus troublant. Ce n’est pas de l’indifférence. Nous avons vu que la moindre broutille peut l’irriter. Eh bien ses amis aussi ! Pourtant les amis c’est intéressant, ils ont de la valeur. Ils peuvent apporter écoute, compréhension, réconfort, soutien. Mais voilà cela lui demande un effort supplémentaire.
Il me semble que la notion de l’isolement pointe le bout de son nez. C’est un isolement subi, un isolement induit. Cela me rappelle d’une certaine manière Bryonia, mais Bryonia est moins passif, il cherche à s’isoler par lui-même. Notre médicament possède d’ailleurs la curieuse illusion qu’on le transfère dans une autre pièce.
Ferrum possède ce symptôme mais il faut le mettre en rapport avec le fait qu’il recherche la solitude en voulant se soustraire à toute forme d’agression sonore.

Maintenant dans quelle situation clinique pourrions-nous rencontrer un tel médicament ?
Kent nous projette un bout du film :
Screams with the pains. Walks about the room and becomes increasingly anxious as the pain goes on. Disinclined to talk or to answer, or to see friends. His friends irritate him and he wants to be alone. He has all he can do to stand those terrible pains.”

Les douleurs sont tellement atroces que le malade ne supporte plus rien. A tel point qu’il n’est plus en mesure de faire un pas vers l’autre. Il ne peut marcher qu’en travers, sans direction précise. Il est complètement centré sur lui-même, et pour faire un parallèle il est physiquement plié en deux. Rien ne s’échappe qui puisse le libérer d’un peu de pression.

C’est le moment de dégainer… Colocynthis


PS En chronique on pourrait très bien rencontrer une personne qui ne veut pas parler parce qu’elle désapprouve, voire carrément réprouve quelque chose qu’elle a vécue et qui l’a affectée profondément.


Note d'Edouard :
Le travail nous éclaire sur le sens de cette keynote. C’est simple je ne l’avais pas trouvé et j’hésitais entre Sepia et Bryonia. En fait c’est Bénédicte qui l’a vu du premier coup d’œil car elle l’a vécu. C’est un état de telle douleur qu’on ne supporte plus rien ni personne, repoussant tout le monde systématiquement. C’est encore plus violent que Bryonia, qui de toute manière ne vous repoussera pas avec cette force dans la mesure où il redoute tellement le mouvement. Sepia c’est de l’irritabilité et ne vouloir avoir personne « sur le dos », mais je doute que Sepia rejette le secours médical, il y a l’illusion que trois médecins entrent dans la pièce ! Au final on se fait avoir en prenant un peu de Sepia et un peu de Bryonia car on ne connaît pas assez Colocynthis.
par Anne
Diplômé PH
#45062
Grandiose ce commentaire, je me rappellerai de cette KN - c'est sûr !:lol:
par VeroS
Diplômé PH
#45063
Merci beaucoup Athelas ! Tes commentaires se lisent avec sélection et tu sais nous mettre dans l'esprit du remède et nous tenir en haleine ce qui fait que quand le nom du remède est révélé, cela reste et se grave !
Merci ! :)
par Jeannine
Diplômé PH
#45071
Merci beaucoup Athelas!
Très formateur ce mins 3!
par Jeannine
Diplômé PH
#45073
Jeannine a écrit :Merci beaucoup Athelas!
Très formateur ce mins 3!
Je voulais écrire mind
par Terrasienna
Staff
#45086
juste un regard intérieur: colocynthis a tellement "encaissé " qu'il ne supporte pas la moindre petite chose de plus. Il est déjà débordé par la colère, l'indignation, ce qu'il a du contenir des années. Kent dit que c'est un médicament de personnes bien basses en énergie. C'est un staph décompensé, tout l'irrite et l'agresse, donc il est capable d'envoyer "péter "n'importe qui pour n'importe quoi, sans raison, un peu comme chamomilla qui est d'ailleurs son complémentaire. C'est peut être aussi pour cela qu'il ne veut pas voir ses amis...
par Pascal06
Diplômé PH
#45424
Fantastique...

je viens juste de voir le quizz mais c'est sûr...je me serai vautré !!

Jamais je n'aurais pensé à Coloc et en plus une vue "vivante" en interne par notre Béné, c'est du grand art !!

Merci

Mais s'il faut faire pathogénésie de chaque remède pour les co-naître en interne.. :shock: :?
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