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par Edouard Broussalian
Staff
#4742
NOMENCLATURE HOMEOPATHIQUE

Petit article historique cité par notre ami le Dr. Rémy Beau, d'Annecy

(...) Les étapes par lesquelles Hahnemann a passé de 1798 à 1828, en ce qui concerne les doses, qui tout d'abord étaient massives, allopathiques, puis qu'il diminua peu à peu, grâce à sa méthode originale et nouvelle de divisions- dilutions, sont d'une importance historique.


C'est en 1816 qu'HAHNEMANN mentionna pour la première fois la division centésimale. Bien que ce système fût aussi pratique qu'utile, Hahnemann commit certainement une erreur quand il recommanda en 1829 comme «dose normale» pour toutes les maladies la décillionième dilution, c'est-à-dire la 30°C. L'individualisation posologique portait un coup grave à sa doctrine, et il s'exposa aux critiques les plus justifiées. Comme il obtint avec ces trentièmes dilutions des aggravations médicamenteuses (aggravation homéopathique) quelques-uns de ses élèves les plus fidèles montèrent plus tard encore bien plus haut dans l'échelle des dilutions.


DAHLKE prétend que la trentième dilution avait été recommandée par Hahnemann comme une sorte de sanction. Après l'introduction de la méthode dite dynamique, par laquelle le médicament, après un mode de préparation particulier, devait devenir toujours plus fort, Hahnemann dénomma ses remèdes liquides « médicaments à la goutte », les désigna par des chiffres romains et appela les autres médicaments préparés selon la méthode nouvelle « médicaments au globule » en les désignant par des chiffres arabes (Hæhl).


C'est ainsi qu'à la troisième dilution par exemple, Sulphur 000/3 signifie 3 globules de Sulph. à la troisième centésimale. Belladonna 000.000/10 signifie 6 globules à la dixième dilution centésimale d'autre part Calcarea ../11 veut dire 2 gouttes de Calcarea à la sixième dilution centésimale, et ainsi de suite.


Les degrés de dilutions principalement employés par Hahnemann étaient donc représentés par des chiffres romains et signifiaient II (6. dil. Cent.), VI (18. dil. Cent.), VIII (24 dil. Cent.), X (3o. dil. Cent.), préparés avec 2, 10, 50 jusqu'à 100 succussions entre chaque passage de dilution.


En mélangeant la substance à diluer (augmentation de surface et diminution de volume) avec un véhicule non-médicamenteux eau, lactose, alcool dilué, processus qu'Hahnemann désigne sous le nom de dynamisation, on devrait arriver théoriquement à obtenir une action plus forte des remèdes par une trituration prolongée à un minimum d'une heure, ou par des succussions plus nombreuses.


Quoique Hahnemann, en 1828, ait insisté dans ses Maladies chroniques pour que l'homéopathie évite toute incertitude et toute inexactitude, la «nomenclature» devint toujours plus confuse, surtout pour les hautes dilutions dont les chiffres s'augmentèrent à l'infini ; il en fut de même des méthodes de préparation, dont quelques unes étaient tenues secrètes.


VON KORSAKOFF, par exemple, augmentait la force active (avec l'eau de pluie ou l'eau de neige) jusqu'à la 1500 me dil. Son processus de développement est comparé avec ce qui se passe dans la fermentation, dans l'infection ou la fécondation (dilution par contact).


Quand plus tard HERING prétendit qu'un globule de la trentième dilution C, mis dans un flacon, forme avec le volume d'air qui s'y trouve une nouvelle dilution (dilution à l'air ?), on perdit carrément alors la raison. Il y a des exemples nombreux qui prouvent ce fanatisme insensé de la dilution ad absurdum, triste spéculation et pauvre ironie vis-à-vis de la science.


Plus tard, JENICHEN prépara des hautes dilutions jusqu'à la 16000 me Cent. dont on craignait l'action trop puissante, parce que Jenichen, véritable hercule, les secouait lui-même de toutes ses forces. C'est Griesselich qui nous rapporte dans son manuel (Handbuch) que Drosera C 500 aurait été ainsi agité soi-disant 6000 fois (dilutions par force).


Hahnemann prétend que Drosera à la décillionième dilution X (30 me) C secoué seulement deux fois, guérit la coqueluche, alors qu'une goutte de la même dilution, prise dans une cuillère à thé d'eau, mais secouée vingt ou plusieurs fois, suffit pour mettre un homme en danger de mort !


Après Hahnemann, qui s'était trompé, comme il l'a lui-même reconnu plus tard, en supposant qu'on pouvait transformer une basse dilution, par des succussions prolongées, en une haute (par exemple une 30 me C), Jenichen aussi prétendait qu'une quatrième dilution pouvait devenir une 100 me dilution ou 200 me dilution par 100 ou 200 très fortes secousses surajoutées !


Le Dr JEANES est celui qui se rapproche le plus de la méthode mystérieuse de Jenichen. Il plaçait un globule imbibé d'une teinture mère ou d'une dilution donnée dans un flacon contenant 100 gouttes d'eau. Il agitait ce mélange souvent et cela plusieurs fois par jour, puis désignait selon la quantité et la durée des succussions ses remèdes selon les degrés A, B, C, D, etc.


Au sujet des dilutions par fluxion de FINCKE, dilutions très usitées autrefois en Amérique, Aebly déjà, en 1914, prouva quelles ne sont nullement des dilutions centésimales, mais des dilutions « e », c'est-à-dire que « e » équivaut ici à 2,71, selon la base des logarithmes naturels ou des logarithmes de Napier. D'après un échange de vues entre Kent et Aebly, il est établi que les observations sont exactes, de telle sorte qu'une cm de Fincke correspond à peu près à une 15 m de Kent. Les dilutions par percussion, qui étaient préparées par des succussions prolongées avec des dilutions basses, furent abandonnées par E. Schlegel déjà en 1894.


Kent propose comme série, dont il a vérifié l'utilité en pratique : 30, 200, 1m (1000), 10m (XM), 50m (LM), 100m (CM), 500M (DM), mm (1 million, MM). J'avoue ne pas pouvoir comprendre pourquoi cet auteur souvent écrit 3m, puis 3M ou encore 3/m.


SWAN et SKIN avaient établi comme Fincke des dilutions par fluxion, où les dilutions étaient faites avec de l'eau au lieu d'alcool, d'après une échelle qui leur était propre. Plus tard, une échelle vigésimale (5:95) fut encore recommandée par Petters, de sorte que la confusion par ces différentes méthodes devint de plus en plus grande; aucune comparaison ne fut plus alors possible.


Hahnemann recommanda au début 10 succussions par dilution, puis ensuite il monta à 100, plus tard, il descendit à deux secousses seulement à cause du danger de l'aggravation médicamenteuse. Pour les triturations il indiquait une heure.


Je ne discuterai pas aujourd'hui la question des facteurs suggestifs, ni celle de l'efficacité des hautes dilutions. On ne peut envisager qu'il existe vraiment une différence essentielle dans l'action des dilutions et des triturations préparées à la main ou avec des machines. Pour éviter toute ambiguïté, je précise mon opinion en disant qu'il n'y a aucun rapport entre le nombre et l'intensité des succussions avec la puissance d'activité médicamenteuse. La question qu'il importe à tout prix aujourd'hui de préciser est :


L'établissement de chiffres précis et exacts, partout les mêmes avec des explications détaillées du système de dilution utilisé ainsi que les renseignements utiles sur les substances mères et originales employées.


Il est de la plus haute importance de bien faire attention aux directives qui devront être fixées dans une Pharmacopée dite normale, et de soumettre des propositions au sujet des améliorations à apporter à une assemblée de médecins et de pharmaciens homéopathes experts.


On peut bien aujourd'hui désigner la deuxième édition de la Pharmacopée homéopathique du Dr W. Schwabe, publiée en 1924, comme un modèle parfaitement utilisable. Elle fut accueillie autrefois (I834-1848) comme un grand progrès pratique par beaucoup de médecins réputés de cette époque comme: Griesselich, Hirschel, Trinks et d'autres.


Hering, puis plus tard Vehsemeyer (Hygea LV I836) et enfin Stapf (Archiv. XVII 1838) recommandèrent, au lieu de l'ancienne échelle centésimale, l'introduction d'une échelle décimale (...).


L'« échelle décimale » a été utilisée déjà du vivant d'Hahnemann quoiqu'il n'aie pas voulu l'accepter. Dans l'exemple de Drosera donné par Klemperer (Neue Deutsche Klinik, I930) et qui a été cité précédemment, Hahnemann recommandait la décillionième dilution, soit Drosera X équivalent à la C 30 du D 60, et il écrit * non pas sous l'échelle décimale, mais bien en écrivant Drosera C 30 ne comprend pas pourquoi il indique « décillionième » et marque C 30. Celui qui n'est pas au courant de toutes ces nomenclatures s'y perd. Cela demande absolument une rectification ! Les médecins homéopathes actuels emploient toujours Drosera avec succès si les indications sont les mêmes.


En Angleterre et en Amérique (Royal) les dilutions centésimales sont indiquées par un simple chiffre; par exemple Belladonna 6 veut dire à la 6me dilution centésimale. Par contre, pour les dilutions décimales, le chiffre de dilution est suivi d'un X ou d'un +, par exemple Arsenicum + 6 ou Arsenicum 6 X = Arsenicum D VI. Pour montrer la variété des nomenclatures et les erreurs qu'elles peuvent entraîner, je vous citerai la série bariolée suivante, qui démontre le manque d'unité absolu dont nous souffrons et que j'ai prise dans notre littérature homéopathique :


Calc. 2/30; Asa 2/4 ; Calc. 1000; Chamomilla XX ; Sulphur VI ; Bryonia 00000/3; Lycopod. 30/2; Sulphur X° ; Aconit 03; Calc.-carb. 07; Aurum I/m ; SEPIA3/M; Fincke CM ; Kent mm; etc.


Hering, qui en 1857 regrettait l'introduction de l'échelle décimale, préférait l'ancienne dénomination hahnemannienne X°, IV°, Il° et il aurait voulu réserver spécialement la X° pour les médicaments psoriques.


C'est principalement la désignation de Ars. alb. 0,04 au lieu de Ars. alb. D IV, soit la 4me dilution décimale qui fut une cause fréquente d'erreurs, parce que la première désignation notamment semble indiquer 4 centigrammes d'Arsenic. Et même si nous ajoutons que Dahlke estimait qu'une C 30 et une D 30 étaient au fond à peu près équivalentes, parce qu'à cette dilution il ne s'agissait plus de quantité matérielle, mais d'une question d'action dynamique, nous devons néanmoins, à l'avenir, exiger absolument des définitions claires.


En Allemagne, l'échelle des dilutions utilisées doit toujours être parfaitement indiquée. Si aucune lettre n'est indiquée après le chiffre de dilution, le pharmacien donnera toujours une dilution centésimale.


Heinigke a bien proposé d'employer le système centésimal pour toutes les hautes dilutions, mais il n'a jamais donné aucune raison pour cela. D'autre part, on affirme que les médicaments fabriqués selon le système centésimal seraient bien plus efficaces que les dilutions décimales correspondantes. Aucune preuve valable n'a encore été fournie jusqu'ici. Néanmoins, il est impossible de retarder le progrès pour des raisons traditionnelles seules, et nul ne saura nier les avantages notoires qu'apporte l'adoption du système décimal.


Par cette méthode, les proportions arithmétiques indiquent les degrés de dilutions intermédiaires particulièrement nécessaires pour les affections aiguës, par exemple Bryonia D 1, D 111, D IV, etc. Les proportions de substances médicamenteuses contenues dans la dilution donnée apparaissent de ce fait plus clairement puisqu'il suffit ainsi d'ajouter autant de zéros que l'indique le chiffre de l'atténuation, par exemple: D I = 0.10, D III = 0,001, D 6 = 0.000001.


D'une façon générale, les partisans des hautes dilutions emploient le système centésimal, et ceux des basses dilutions presque exclusivement le système décimal. Ces derniers sont sans aucun doute les plus nombreux actuellement.


On peut se rendre compte par les travaux d'Otto et du Dr Reihling de l'intérêt très grand que les pharmaciens portent pour l'établissement d'un «système unitaire». Ces auteurs citent par exemple l'erreur de la désignation Petroleum D II (car il convient de l'écrire correctement C I) puisque la dilution a été opérée au 1 : 100. De même pour Phosphor. D III, qu'on devrait indiquer M I, parce que 0,1 de Phosphor. a été dilué dans 1000,0 d'alcool, corrections qui sont absolument justifiées.(...).


Dr Assmann, 1935.


Petit article d'intérêt surtout historique qui montre combien fût grande la pagaille dans l'établissement de la nomenclature que nous utilisons actuellement. Le débat concernant la préparation des remèdes est passionnant et sans fin.

Voici (ci-dessous) la traduction de la prés[…]

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Bonjour Edouard, J'ai regardé le probl&egr[…]

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