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SEPTIÈME RAISON


La septième raison pour être un homœopathe sera fournie par ma prétention d’affirmer que l’homœopathie transforme le maladroit qui tâtonne en essayant de traiter la maladie, en un maître de l’art de guérir.

J’avais l’habitude déjà depuis 1878 d’utiliser le Vanadium comme remède, dans une catégorie de cas qui, à part l’homœopathie, sont littéralement intouchables – je pense, entre autres, à certains cas de dégénérescence graisseuse et d’athérome artériel. J’avais l’habitude d’administrer Phosphorus, Antimoine, Arsenic, etc…, mais, bien souvent, j’étais nullement satisfait de mes résultats, car un soulagement ou une palliation ne pouvait me contenter ; ce que je visais, c’était la guérison. Ainsi, poursuivant mes investigations, je pensais avoir découvert ce que je voulais avec Vanadium, dont j’avais étudié avec soin les effets physiologiques dans les « Comptes rendus de la Société Royale »(*). J’avais réussi à obtenir les caractéristiques de cette substance à la lecture d’un article du « Journal de Physiologie » de feu G. F. Dowdeswell, intitulé « Sur les changements structuraux produits dans le foie, sous l’influence des sels de Vanadium ». En un mot, laissez-moi vous dire que cela consiste en une véritable destruction cellulaire avec élimination des pigments, le foie étant profondément touché. J’avais sur la main un cas présentant une dégénérescence hépatique avec athérome artériel et de pénibles algies sur le trajet de l’artère basilaire (**), de larges lésions maculaires pigmentées sur le front, une profonde adynamie, etc.

Bref, ma patiente, les 70 ans déjà passés, n’était pas loin de « casser sa pipe » et se dirigeait prestement vers cette frontière d’où personne ne revient ! Grâce à l’emploi de Vanadium (j’en utilisais le sel ammoniacal soluble) préparé homœopathiquement et sélectionné suivant la stricte loi homœopathique, cette dame se rétablit quasi complètement et se maintint fraîche et gaillarde, portant allègrement maintenant ses 80 ans.

Voilà ce que j’appelle être un maître de l’art de guérir, et pour que vous puissiez entièrement réaliser l’entière indépendance de ma façon d’agir, je puis vous confier que, jusqu’à cette époque, Vanadium (aussi loin que je me souvienne) n’a jamais, jusqu’à ce jour, été utilisé en médecine, si ce n’est par moi-même.

Bien entendu, comme vous êtes un « régulier », vous n’auriez en aucun cas garde d’oublier votre dignité pour vous mettre à la recherche d’un remède individuel, s’adaptant rigoureusement à votre cas, en cherchant humblement et plein d’espoir à appliquer la loi Hahnemannienne.

Permettez-moi de prouver ici cliniquement l’homœopathie actuelle de Vanadium pour certaines formes de dégénérescence graisseuse, consacrant ainsi ma septième raison d’être un homœopathe.

Je ne vais pas vous troubler davantage avec mes autres cas de Vanadium, car ils ne font que prouver la même chose ; en outre, j’ai encore 43 autres raisons à vous donner.



(*) Proc. Royal Soc., 1875, auteur Priestley. Vol. I., Nos 4, 5, September 25, 1978).

(**) note de Athelas : céphalées d’un genre particulier ( ?)



Note de Pierre Schmidt

Le Vanadium cité par Jousset dans « L’Art médical » était du métavanadate de sodium. Les expériences sur l’animal ont rapidement produit la respiration Cheynes Stockes, qui est un symptôme terminal dans les urémies et bien d’autres maladies : c’est un très vilain symptôme ; quand vous avez du Cheynes Stockes chez un malade, vous savez que la barque de Caron n’est pas loin, que c’est une question de semaines ou de mois. C’est un symptôme que je déteste voir. Je n’ai pas encore vu de malade qui présente du Cheynes Stockes et qui n’ait pas vraiment la mort dans les dents… Il est d’origine bulbaire.
Ce remède fut expérimenté sur deux cents personnes souffrant de neurasthénie, de tuberculose, de chlorose, de rhumatisme chronique, de diabète et d’artériosclérose. Sur presque tous, on constate l’augmentation de l’appétit, des forces et la reprise du poids ; et l’élimination de l’urée dans l’urine augmente. Le vanadium peut être considéré comme un excitant énergétique de la nutrition et un excellent oxydant, autant qu’un catalyseur stimulant les combustions de l’organisme en détruisant la virulence des toxines. De plus, c’est un remède qui stimule la phagocytose. Il est indiqué dans les neurorétinites, la cécité, les tremblements et les vertiges, l’anémie et la maigreur. C’est un remède qui a aussi la « sensation de cœur serré » et « comme si le sang n’avait pas assez de place pour circuler dans l’aorte ». Je me rappelle un cas vu autrefois alors que je ne connaissais pas ce remède, qui avait cette dernière sensation.
Impression anxieuse de tout le thorax. Cœur gras.
C’est un remède des dégénérescences et du ramollissement cérébral annonciateur souvent de la fin avec ce symptôme de Cheynes Stockes.
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Dans cette septième raison Burnett « déduit » l’application homéopathique d’un médicament à partir de son action élective, à dose pondérable, sur certains organes ! En effet en l’absence (manifestement) de proving de la substance il observe que les données toxicologiques qu’il a glanées dans la littérature sont comparables aux symptômes purement lésionnels (a priori) manifestés chez une patiente. Et cela lui suffit pour prescrire alors en toute logique le médicament à la malade (en basse dynamisation probablement).
Une pratique peu orthodoxe me direz-vous ? Peut-être, mais le pragmatique Burnett en appliquant résolument la loi de similitude obtient un résultat splendide à l’arrivée !


Vanadium

La note de Pierre Schmidt reprend en fait les textes écrits par deux grands auteurs classiques.

Voici ce qu’en dit J.-H. Clarke, qui fut élève de Burnett, dans son « Dictionary of Practical Materia Medica », paru vers 1900 en Angleterre.

"Vanadium. The Metal. V. (A. W. 5l.2). Trituration. (Burnett used the "soluble ammonium salt.")

Clinical.─Addison's disease (*). Atheroma. Fatty degeneration. Innutrition.

Characteristics.─Burnett (Fifty Reasons) tells how he came to use Van. through reading the result of some experiments on animals in which the Salts of Vanadium produced "true cell destruction, the pigment escaping, the liver being hit hardest." Burnett had at the time a case of "fatty liver, atheroma of the arteries, much pain corresponding to the course of the basilar artery, large, deeply pigmented patches on forehead, profound adynamia." Van. restored the patient, who was seventy, and at eighty he was "hale and hearty." Marc Jousset (L'Art Méd., lxxxix. 217) tells of experiments with salts of Van., chiefly the meta-vanadate of sodium, by Lyonnet and others. Animals poisoned by intravenous injections rapidly develop Cheyne-Stokes respiration; with little or no action on circulation or blood. These observers gave Vanadates to two hundred patients (suffering from tuberculosis, chlorosis, chronic rheumatism, neurasthenia, &c.), and produced in nearly all cases increased appetite, strength, and weight. The amount of urea was also increased. They regard Van. as "an energetic excitant of nutrition," and probably an oxydant stimulating organic combustion. The dose was 2-5 mgr. in twenty-four hours, and only on three separate days in the week.

Relations.─Compare: Fatty degeneration, Phos., Ars. Addison's disease, Adren. Tuberculosis, Tub., Bac."

(*)Vanadium ne figure dans le Répertoire de Kent que dans cette seule rubrique lésionnelle (au premier degré) : REINS / ADDISON, maladie d'
C’est d’ailleurs un ajout de Clarke lui-même.
La tuberculose était autrefois probablement la première cause d'insuffisance surrénalienne par atteinte des deux glandes.


De l’autre côté de l’Atlantique, Boericke publie en 1901 la première édition de son « Pocket Manual of Homeopathic Materia Medica » (il y aura neuf éditions de son vivant). Je ne saurais dire dans quelle édition le Vanadium fait son apparition. Mais dans la dernière, qui est la plus connue, on peut lire :


"VANADIUM METALLICUM
The Metal (VANADIUM)

Its action is that of an oxygen carrier and a catalyzer, hence its use in wasting diseases. Increases amount of hemoglobin, also combines its oxygen with toxines and destroys their virulence. Also increases and stimulates phagocytes. A remedy in degenerative conditions of the liver and arteries. Anorexia and symptoms of gastro intestinal irritation; albumen, casts and blood in urine. Tremors; vertigo; hysteria and melancholia; neuro-retinitis and blindness. Anæmia, emaciation. Cough dry, irritating and paroxysmal, sometimes with hæmorrhages. Irritation of nose, eyes and throat. Tuberculosis, chronic rheumatism, diabetes. Acts as a tonic to digestive function and in early tuberculosis. Arterio-sclerosis, sensation as if heart was compressed, as if blood had no room in the aorta. Anxious pressure on whole chest. Fatty heart. Degenerative states, has brain softening. Atheroma of arteries of brain and liver. Compare: Ars; Phos. Ammon vanad (fatty degeneration of liver).
Dose.--6-12 potency. The best form is Vanadiate of Soda, 2 mg daily, by mouth."

On trouve sur internet et dans le Synoptic II des éléments de matière médicale essentiellement d’après Scholten, qui classe Vanadium dans la « série du Fer » (qui comprend des « thèmes » comme la « la tâche » par exemple). Voisin est également cité dans le Synoptic II. J'aimerais bien lire ce qu'en dit Voisin...
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Burnett utilisait le Vanadate d'ammonium (NH4)VO3. Le vanadium est ici à l'état oxydé +5. A noter qu'il s'agit également d'un sel d'ammonium, ce qui lui confère des propriétés de plus grande dépression physique que le vanadate de sodium dont parle Boericke.

Le métal a certainement une pathogénésie très différente, et son proving n'a sans doute pas été effectué, car il a été isolé en 1867 (le vanadate a été découvert en 1801).

J'ai un peu travaillé sur les composés du vanadium 5, et il se trouve que ce sont des catalyseurs efficaces des réactions d'oxydoréduction. Par exemple, ils permettent de passer du soufre +4 (sulfites) au soufre +6 (sulfates). C'est d'ailleurs utilisé industriellement pour synthétiser l'acide sulfurique.

On retrouve également du vanadium +3 comme élément métallique remplaçant le fer +2 dans les liquides transporteurs d'oxygène de certains microorganismes très anciens (dans l'hème, Fe +2 est remplacé par V +3) . Son interaction avec le milieu biologique est donc sûrement très profonde, mais, là encore, il nous faut des provings.
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