#43710
QUINZIÈME RAISON


VOUS n’avez pas besoin d’être autant en colère contre ma dernière Raison ; je n’ai pas fait pousser Arnica sur la Terre ; je ne l’ai pas dotée du pouvoir de provoquer des érysipèles ; et je n’ai pas découvert la loi thérapeutique en question ; j’ai juste utilisé cette loi pour guérir mes patients, tout comme j’utilise l’invention très utile qu’est une cuillère avec laquelle je prends mon bouillon. Pour moi, c’est simplement un moyen pour atteindre un but ; il n’y a aucun tour de passe-passe* à ce sujet.

Alors que j’étais en train de vous écrire ma dernière raison d’être un homéopathe, j’ai été appelé par télégraphe pour un cas sévère d’amygdalite purulente. Je me hâtais auprès de la damoiselle souffrante, et constatais que des remèdes variés avaient été utilisés en vain, et que la patiente était en grande détresse, étant incapable d’avaler la moindre goutte de liquide depuis douze heures. Même le jus d’un grain de raisin ne passait pas, et il paraissait impératif d’agir efficacement. J’ai donné cinq granules de la troisième trituration centésimale d’un remède que vous pouvez ne pas connaître, mais que les homéopathes hétérodoxes appellent de façon pittoresque Baryta carbonica, et qui est maintenant généralement connu comme le Carbonate de Baryum. Dans l’espace d’environ douze heures, la patiente mangea un bol de lait avec du pain trempé. J’ai déjà souvent guéri des amygdalites purulentes de la même façon, et je vous prie de croire que ce petit tour a été fait des milliers de fois par d’autres, et bien que je ne sois pas l’auteur de cette astuce, elle doit néanmoins vous servir comme ma Quinzième Raison – et ça n’en est pas une si mauvaise, comme le dit la damoiselle, qui accepterait avec gratitude d’être témoin.


* « hocus-pocus » dans le texte anglais
Hocus Pocus est une formule incantatoire employée par les magiciens à diverses fins.
#43711
Le choix de comparer l’application de la loi des semblables pour guérir (soulager son prochain) à l’usage d’une cuiller pour prendre son bouillon (remplir son estomac) pourrait étonner le lecteur et paraître un brin prosaïque. Burnett, franc-tireur de l’homéopathie, manquerait-il d’élégance quand il conçoit notre loi thérapeutique comme rien d’autre qu’un simple ustensile ou encore quand il se contente d’un résumé laconique, « a means to an end », pour clore la discussion ?

Au mieux fait-il preuve d’une certaine forme de sobriété face à un adversaire en colère ? Or, au contraire, on aimerait de la part d’un homme si érudit qu’il nous renseigne davantage sur cette loi, qu’il explique les tenants et les aboutissants de sa découverte et de son utilisation, qu’il la sonde pour nous au plus profond de ce que l’esprit humain est capable, afin de s’assurer qu’elle est bien valable et qu’il n’y a pas d’entourloupe. N’est-ce pas ?

Et bien non ! Burnett ne se pose aucune question métaphysique, il AGIT, simplement : il a constaté son efficacité, et avec pragmatisme il s’en est saisi. Il s’agit bien d’un ustensile (latin utensilia, tout ce qui est utile, dont on peut user, c’est à dire tout ce qui est nécessaire à nos besoins).
Car au fond, que demande t-on au juste à un médecin ? Et de quoi celui-ci a t-il besoin pour faire ce qu’on lui demande de faire ? Exit donc le superflu, exit les spéculations, ..., exit les formules de prestidigitation qui font grand effet mais qui n’ont d’autre rôle que de détourner du véritable but à atteindre. Je suis persuadé que Burnett ne comprendrait pas qu’il ne s’agisse pas d’une évidence pour nous autres qui nous prétendons médecin en ce début de XXI siècle. C’est la vocation du paragraphe 1 de l’Organon de nous inviter à agir en tant que tel.

Encore une fois l’homéopathie n’est pas de la magie même si parfois elle réussit aux yeux des spectateurs des tours remarquables comme c’est le cas dans cette quinzième raison. Pour la petite histoire Burnett est convoqué, « summoned », (mot bien attesté au XV siècle et avant qui traduisait à cette époque une convocation par une autorité pour l’accomplissement de quelque chose) par une « damsel [...] in distress », il se hâte à son chevet, et la sauve promptement, comme dans une sorte de roman courtois. La damoiselle, par gratitude accorde à Burnett non pas sa main bien sûr, ... mais sa parole.

Qui a dit que Burnett manquait de distinction ?
#43716
Merci pour cette quinzième raison d'être ;) - Athelas tu nous demandes de commenter, alors je me lance !!!

Le crabe :
étant incapable d’avaler la moindre goutte de liquide depuis douze heures. Même le jus d’un grain de raisin
, m'évoquerait plus Lach que Bar-c - dans un cas d'angine

G : DÉGLUTITION / difficile / liquides, pour les : alumn., Anan., Anth., bell., bism., canth., cic., cina., coc-c., con., crot-c., cupr., hyos., ign., iod., Kali-br., lach., lyc., lyss., Mag-p., merc., merc-c., mez., nat-m., nit-ac., nux-v., phos., stram., sul-ac., Sul-i., Upa., zinc.,

Bar-c refuse surtout de boire ET de manger, il a la sensation que les aliments se coincent dans sa gorge, mais nous retrouvons bien Bar-c dans plusieurs rubriques similaires.
Burnett ne s'est pas étendu sur le cas, sans la totalité et l'image globale du cas, il est bien difficile de trouver le médicament, même avec le crabe.
G : DÉGLUTITION / difficile / solides, pour les : alum., alumn., apis., arg-n., Atro., bapt., bar-c., bell., bry., carb-v., cham., crot-c., Crot-h., dros., hep., kali-c., lac-ac., Lac-c., lach., lyc., nat-m., Nat-p., nux-v., plb., rhus-t., sil., stram.,
#43718
En effet, comment trouver Bar c. dans ce cas....

Throat - obstruction - from swelling of tonsils ; Bar c. (3) seul Rx mais c' est de Morrisson.

Par contre on a
Throat - inflammation tonsils 140 Rx dont 11 au 3me degre dans lequel figure Bar c. (Kent)

Throat - inflammation - tonsils - at every spell of cold weather : Bar c., Dulc 92), hep.
Dwarfishness ?
swelling of glands
Chilly ?
Immaturity ?

l' aspect general du cas et peut-etre la meteo indiquait Bar c. ?
#43720
annick a écrit :Je ne pense pas que Burnett voulait donner le moindre élément diagnostique, mais juste montrer que ce cas était évolué et que l'amélioration a été nette
Tout à fait d'accord avec toi Annick, mais que dire de plus pour commenter cette Raison d'Etre ?????? :lol:
#43726
Vu qu'il l'a prescrit en aussi basse dynamisation (avec un effet toxique lié à la dose pondérale affectant tout le monde ?) dans une situation d'urgence semble t-il, pas sûr qu'il ait pris vraiment le temps d'individualiser ! Mais rien n'indique qu'il n'a pas revu ensuite la patiente pour le faire...
Baryta carbonica a une affinité indiscutable sur la gorge et en particulier les amygdales.
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Ouh là là on ne donne pas d'embl&eac[…]

C'est là un ensemble d'observations qui pou[…]

Merci parrain ....et marraine :lol: ça co[…]