#48691
DIX-NEUVIÈME RAISON


Oui, vous avez tout à fait raison lorsque vous dites que notre Natrum Muriaticum est votre Chlorure de Sodium, le sel ordinaire de nos tables, et je ne suis pas du tout surpris d’apprendre que vous ne pouvez pas croire que cela puisse être un médicament. De nombreux praticiens homéopathes sont du même avis – mais, bah ! quel rapport vos croyances et les leurs avez face à des faits cliniques établis? J’ai guéri un nombre non négligeable de cas de maladies avec Natrum Muriaticum – des refroidissements, des grosses rates, des gouttes, des constipations, et, par-dessus tout, des névralgies ; alors ce que vous-même ou les autres pensez m'importe t-il ? Je SAIS.

Maintenant, je voudrais citer encore une de mes expériences avec Natrum Muriaticum, laquelle, au-delà de son côté très étonnant présente un intérêt pratique important, et ensuite je ne vous troublerai plus avec mon sel attique** !

Je peux vous l'exposer en très peu de mots. Une dame, épouse d’un officier, vint depuis l’Inde me consulter. La difficulté dans son cas résidait dans le fait qu’elle devait séjourner avec les amis de son mari, qui possédaient une ravissante propriété près de la mer, dans le Sussex, mais cela la perturbait tellement à chaque fois qu’elle ne pouvait plus y rester. « Et vous savez, » dit-elle « c’est tellement regrettable, d’autant que je suis invitée et que j'ai une voiture à ma disposition, et tout est si agréable ; et cependant, je suis obligée de décliner l’invitation, et dois résider seule dans des logements déplaisants, que je dois payer, bien sûr. » Pourquoi ne pouvez-vous pas vivre à cet endroit avec votre mari ? « Oh ! c’est la mer ; je suis exactement comme lorsque je suis à bord d’un navire – affreusement malade. »

Et bien, le refrain de ma chanson est précisément celui-là – Natrum Muriaticum 6ème trit. a tellement modifié l’état de cette dame que non seulement elle était capable de séjourner audit endroit, mais elle appréciait réellement de rester et de s'asseoir là-bas au bord de la mer.

C’est ma dix-neuvième raison d’être un homéopathe, et si vous voulez bien l’accepter, je vous promets de ne plus vous déranger à propos du Chlorure de Sodium, ou Natrum Muriaticum, comme l'appellent les homéopathes.


* en anglais « hard facts », c'est à dire des faits sûrs et vérifiables

** Par contraste avec le sel ordinaire, qui ne trouble l'eau dans laquelle il est jeté qu'à condition d'en jeter beaucoup, le sel "attique", spirituel, (Hahnemann dirait peut-être « spiritualisé » [Organon 269b]), est capable de " troubler" le principe vital des êtres vivants (et les esprits curieux nous l'espérons) sans qu'il en faille beaucoup, ce qui reste à ce jour un mystère insoluble. :-)




VINGTIÈME RAISON

Si je n’avais pas promis de ne plus rien dire à propos de Natrum Muriaticum, j’aurais aimé vous raconter un cas très intéressant qu’il a pu guérir ; un cas de céphalée très sévère – mais je dois tenir ma promesse. Cependant, je peux juste dire que la dame est la patiente d’un confrère, et que tous deux vivaient en bord de mer, ledit confrère s’étant donné quelque mal pour ridiculiser mes observations publiées sur les effets de Natrum Muriaticum – pour autant, Nat. Mur. guérit la dame.

Telle est la vie – médicale.*

La jeune épouse d’un gentilhomme campagnard vint me voir au début de l’été 1877, avec un mal de tête postérieur sévère, qui lui avait gâché la vie pendant douze bons mois ; elle se réveillait toujours avec la douleur ; ça vibrait ; et pendant ses règles, elle avait une céphalée frontale en supplément. L’ovaire gauche un peu gonflé et sensible. Thuja occidentalis dans une dilution plutôt haute et des doses espacées la guérit complètement. Elle attendit trois mois pour voir si la guérison était réelle, puis m’écrivit une lettre de remerciements. Je vous prie de laisser cette céphalée, guérie par Thuja 30, devenir ma vingtième raison d’être un homéopathe.


* en français dans le texte.
Je suis d'avis qu'il faut-il y voir un jeu de mots. :-)
#48692
Votre... mon...
Sel de cuisine... Natrum muriaticum...
Opinion... Expériences (dans le sens de vérifier l'hypothèse)...
Croyances... Faits...


Dans cette dix-neuvième raison Burnett balaye de nouveau d'un revers de la main ce qu'il considère comme étant des croyances chez ses contradicteurs. La croyance négative vis à vis de l'homéopathie, partagée par beaucoup de gens qui se croient autorisés à préjuger l'homéopathie, n'est bien sûr qu'une croyance parmi d'autres et il est possible d'étendre la discussion à la croyance en général qui est une manifestation commune de notre pensée. Et je dirais même d'ordre quasi-automatique. Grosso modo voici ce que l'on reproche à l'homéopathie :
« Imaginez-vous ! Comment voulez-vous que des doses aussi faibles de médicament aient les effets qu'on leur attribue ? C'est inefficace, voyons ! D'autant que votre produit est tout ce qu'il y a de plus anodin, du simple sel de cuisine. »
Ou encore si l'on pose le problème autrement :
«La millionième partie (10-6) d'un grain (soit 3CH) peut-elle surpasser un grain ?»
La réponse toute prête vient spontanément : «Non, c'est impossible bien sûr.»
Avouez-que vous vous le demandez encore de temps en temps. C'est absurde quand on y pense tellement cela va contre le sens commun. Bref l'avis général emporte l'adhésion.

« Et ce Burnett qui croit au contraire en l'homéopathie, dont vous publiez les fanfaronnades sur Planète Homéo, lui aussi il possède ses propres croyances », dirait l'avocat du diable. Peut-il nous les imposer ? Ses croyances ont-elles la force suffisante pour que nous nous les approprions ? En quoi diffèrent-elles ?

Burnett ne cherche pas à nous les imposer évidemment. Une croyance ne devrait jamais s'imposer. Ses cinquante raisons, adressées à un médecin cynique et paresseux, en manque de repères, n'ont pas été écrites ni pour un lecteur profane, ni dans ce but. Il faudra d'ailleurs que nous publiions un jour sur Planète Homéo l'introduction au livre (absente de la traduction française par Pierre Schmidt) qui relate la genèse de ses 50 raisons "for being". La lecture de ce texte nous apprend que ce médecin, absolument pas intéressé par l'homéopathie, ne fit que réclamer obstinément à Burnett les cinquante raisons que celui-ci avait prétendu qu'il pourrait donner pour le convaincre, pratiquement dans le seul but de voir s'il était capable de les lui fournir ! Si collectivement elles réussissent à accumuler assez d'arguments pour au moins nous faire dresser l'oreille lors d'une lecture attentive, elles permettent à Burnett, au-delà des cas de patients guéris, d'exposer le lecteur à une sorte d'"arrêt sur image" incompatible avec sa croyance, en le plaçant dans les conditions idéales pour qu'à l'instant t de la guérison inattendue il se dise : "eh stop, que se passe t-il là ? Que dit-il ? C'est pas possible ? Se pourrait-il que… ce soit vrai ?"
Ce doute apparait initialement et généralement dans un moment très bref, mais sitôt qu'a germé dans notre esprit la confrontation entre observation et croyance (un peu comme deux plateaux de balance qui s'équilibreraient soudainement alors que l'un était vide auparavant) notre représentation personnelle de ce que nous pensons être vrai/faux n'est plus la même et nous nous trouvons placés dans la disposition d'esprit convenable pour la réflexion.
Et comment mettre en pratique le doute, ou plutôt s'en dégager ? Par l'expérience, au sens d'expérimenter, de tester. Il n'y a pas d'autre chemin pour adopter une démarche scientifique qui permette de dépasser la croyance automatique et de se forger sa propre croyance personnelle (qui peut être une certitude). Je sais ("I know") parce que j'ai vu de mes propres yeux et l'examen approfondi de ce que j'ai vu, l'examen des faits quand ils sont irréfutables (voir la onzième raison), me permet ensuite de penser librement.
Et quand Burnett assène "I know" n'y voyez aucune forme d'arrogance, ou de supériorité, ni un argument d'autorité. Son ton est plutôt celui de l'apaisement personnel, de la sérénité ou de l'insouciance. "Bah". Dans le chemin vers la connaissance il a en effet choisi un bien meilleur guide que son contradicteur, un guide impartial et sûr.


Nous pourrions figurer la quantité de doute présente en médecine sur un axe géométrique, de telle sorte qu'on y puisse positionner les différentes catégories d'individus qui ont des croyances vis à vis de l'homéopathie.

Un premier groupe avec une abscisse positive est constitué par des médecins orthodoxes et en même temps homéopathes. A l'époque de Burnett dans la deuxième moitié du XIXe siècle de nombreux docteurs se prétendirent également homéopathes par opportunisme ou par pragmatisme (pragmatisme dans le mauvais sens du terme, c'est à dire sans compréhension claire et/ou adhésion naturelle), alors que l'homéopathie commençait à se développer sérieusement, suite à ses succès dans le traitement des maladies aiguës épidémiques. Mais, assis entre deux chaises il leur était difficile de se débarrasser de leurs vieilles habitudes et de leur mode de pensée. Burnett connaissait manifestement quelques-uns de ces praticiens en Angleterre. Harris Coulter, historien de la médecine en Occident, avance le chiffre de 14 000 homéopathes aux États-Unis en 1890, contre 85000 médecins classiques, soit un rapport de 1/6. On peut se demander sérieusement combien parmi eux étaient d'authentiques homéopathes possédant au propre comme au figuré leur Organon. Ceux-là doutèrent assez de la loi de similitude pour l'appliquer ensuite, mais ne doutèrent pas suffisamment de la dose minimale et de la dynamisation pour en faire des principes de traitement. Combien d'entre eux se départirent de leurs croyances et de leurs préjugés et parvinrent à changer de paradigme ? Et les homéopathes qui commirent l'erreur funeste de faire le chemin inverse, en acceptant par négligence voire par compromission certains rapprochements avec l'allopathie, desservirent la cause de l'homéopathie.

Dans la raison précédente nous découvrions aussi l'opposition passive faite à l'homéopathie par la science médicale dite officielle et ses praticiens conformistes, les plus nombreux, qui, faute d'idéal thérapeutique, parfois indifférents, perdent progressivement intérêt et enthousiasme, ou se contentent de faire ce qu'on leur dit de faire maintenus dans leurs ornières frileuses. Ceux là ne se posent pas de questions, le doute ne les effleure même pas. Ce groupe correspond à l'abscisse zéro. Certains de ses membres les moins méfiants ou les moins négligents envisageraient éventuellement de considérer l'homéopathie différemment si d'aventure des protocoles d'études "scientifiquement acceptables", c'est à dire allopathiquement conduits, étaient présentés. L'influence de ce groupe est telle que l'homéopathie pour se faire accepter de lui risque de se dénaturer et au final de se dégrader une nouvelle fois.

Enfin un troisième groupe s'oppose activement et ouvertement à l'homéopathie en niant les guérisons qu'elle procure ou en attribuant à d'autres phénomènes les résultats qu'elle obtient. Il ne lui accorde le bénéfice d'aucune guérison. Ses membres se retrouvent avec une abscisse du doute négative. En réalité ils n'ont aucun doute, confortés (ou retranchés) dans leurs croyances par le résultat statistique des méta-analyses (qui indique que l'homéopathie n'a pas d'effet thérapeutique significatif dans des études sans réelle valeur homéopathique). Ils ne peut y avoir de discussion avec eux puisqu'il n'y a pas de consensus général sur les faits. Ce groupe représente encore un danger pour l'homéopathie. Mais peut-être est-ce une croyance de ma part ? :-)

Bien sûr vous rétorquerez que nombreux sont les thérapeutes qui ont douté et expérimenté l'homéopathie puis l'ont abandonnée en l'absence de résultats probants. Mais pour tirer des conclusions l'ont-ils étudiée correctement avant de l'appliquer ? Tenez, prenez Nash. Jeune homéopathe et atteint d'une paralysie qu'il n'avait pas réussi à guérir lui-même, il alla voir Lippe qui lui donna une haute dynamisation de Lachesis, sans lui dire le nom du remède. Quand Nash revint le voir pour lui dire qu'il était guéri, il lui demanda le nom du médicament.
«Lachesis, lâcha Lippe.
- Oui, mais j'avais pris Lachesis !
- Mais tu l'as pas pris assez haut.» Ce qui fit rire le docteur de Philadelphie.

Je laisse quand même pour terminer la parole à Nash(*), car il devint ensuite un maître (et aussi pour qu'il ne m'en tienne pas rancune). Il résume la situation avec son style presque toujours pétillant :

" Celui-ci (Natrum muriaticum) est le sel ordinaire. Une fois que je prescrivais une dose de Sulfur 30 à un monsieur, celui-ci me dit : "Peuh ! je prends davantage de soufre dans chaque œuf que je mange. Comment cela peut-il me faire quelque bien ?"
Je lui répondis d'attendre et de voir. Et il fut guéri à la fois et de sa maladie et de son scepticisme. Je ne crois pas qu'il y ait dans la Matière Médicale un autre remède qui dépite autant que celui-ci, les tenants des basses puissances, et des basses puissances exclusivement. Ils sont démoralisés par la guérison indiscutable des cas les plus rebelles de fièvre intermittente par les 200e et les puissances supérieures. Qu'il y ait des gens qui consomment d'une façon régulière des quantités appréciables de sel dont ils ne peuvent pas se passer, qu'ils se portent mal à cause de cela et qu'ils aillent bien grâce à la même substance dynamisée, cela n'est pas raisonnable car ni le microscope, ni la théorie moléculaire, ni l'analyse spectrale, ni aucun autre procédé (soi-disant) scientifique n'est capable de découvrir quelque chose de matériel dans cette dose. Mais les guérisons sont là, comme l'aveugle que Jésus guérit. La confrontation de faits semblables avec nos préjugés est une chose pénible. "Mais, dit l'un de ces sceptiques, il arrive bien que les gens guérissent sans remèdes." Ils guérissent aussi avec, répondrai-je. "

(Extraits de Leaders in Homeopathic Therapeutics, 1898)


Pour en savoir plus :
http://www.planete-homeopathie.org/de-la-croy ... a-science/
http://www.homeoint.org/seror/burnett_natrum_muriaticum
#48726
eh bien c'est le contraire du gros sel. Regarde sur internet si tu as un moment.
Présentation Appolline

Bonjour, bienvenue !

Essai Luésinum

Ouh là là on ne donne pas d'embl&eac[…]

C'est là un ensemble d'observations qui pou[…]

Merci parrain ....et marraine :lol: ça co[…]