par Terrasienna
Staff
#9448
Le petit G., âgé de 9 ans et demi, consulte pour une fièvre supérieure à 40 depuis la veille au soir.

Il est sous antimonium crudum depuis plusieurs mois pour une tendance au surpoids, un côté boudeur et un peu triste. Ce médicament a très bien fonctionné : il s’est affiné, est plus gai, plus heureux de vivre.

Ce matin, il a toujours une fièvre importante. Il se plaint d’une douleur thoracique droite, difficile à préciser. Sa toux est grasse et profonde, il présente une dyspnée, avec saturation en oxygène à 96%. Le pouls est à 110.
La langue est saburrhale (blanche).
Il a présenté une épistaxis de la narine droite ce matin. Il transpire abondamment. Il a soif, beaucoup plus que d’habitude.

L’auscultation montre une pneumopathie de la base droite.

Sa maman rapporte qu’il a été blessé par une remarque un peu vive de son beau-père deux jours auparavant.

Un peu stressée par l’ampleur du tableau, j’avoue que je vérifie au testing le remède que je souhaite lui donner. Ils repartent également avec une ordonnance d’antibiotiques en cas d’échec.
La radio confirme la pneumopathie lobaire inférieure et lingulaire droite.


Le médicament a été donné en XM F, sous forme liquide, une cuillère à café toutes les deux heures initialement, à espacer dès amélioration.

Les nouvelles données par la maman :
1ère prise 13h20
2ème prise 15h20 - des changements :moins de fièvre, moins mal
Vérif T° à 18h30 : 39,5
3ème prise 18h45
Nuit encore un peu pénible
ce matin à 7h T° 38,5 - plus mal au ventre mais tjs cette gêne à droite (côte)
16 h T° 37,6 - encore un peu mal à droite
Toux efficace avec enfin des glaires qui remontent, des quintes qui s'espacent et sont moins violentes.

1 semaine après :
Il va bien !
Ai donné une dose par jour trois jours de suite
Les deux jours suivants, avec son père : pas de dose, température prise tous les jours : 37° environ.


Le tableau aigu est couvert par le complémentaire du remède chronique. Il aura encore besoin de ce même remède aigu 6 mois après, avec reprise d’une petite toux à deux temps.
par rpierre
-
#9452
Je me lance aussi :

Je pense à Bryonia, sans avoir fait de répertorisation, uniquement sur l'expérience que j'ai de ce remède dans la pneumopathie. J'y ai pensé sur les symptômes suivants : Sueurs et soif importantes, langue blanche, dyspnée, épistaxis pendant la fièvre, facilement irritable (?) ...

Mais peut-être qu'il y a mieux ?
Avatar de l’utilisateur
par Dynamis
-
#9462
Alors vu que ça ne me sautait pas aux yeux il a bien fallu que j'aille voir les rubriques et donc bien que BRY soit un sérieux concurrent je pencherais davantage pour:

PHOSPHORUS même si c'est pas le 1er réflexe tout comme BRY quand on pense toux grasse.
Par contre la pneumonie lobe inférieur droit c'est sans problème (vu que c'est son principal point d'impact)
la soif (légendaire de PHOS...) même si c'est loin d'être anormal quand on a 40°C
l'epistaxis pendant la fièvre (hémorragie et PHOS….)
la dyspnée est un symptôme trés fort de PHOS

De plus cette possible étiologie de "blesser par une remarque" est très "PHOS" qui est trop ouvert aux influences extérieures, quitte à en payer le prix.

Et de plus la survenue semble avoir été assez rapide sans non plus parler d' une vitesse stupéfiante à la ACON ou BELL, donc PHOS remplit davantage la condition que BRY qui met normalement un certain temps à, atteindre son paroxysme

on peut même le retrouver dans la rubrique:

Chest; pain; stitching; lower; right (Même si il est vrai qu'il ne definit pas la douleur en question...)
par Anne
#9562
En lisant le quizz, la forte fièvre à 40, la transpiration abondante et la soif pendant la pneumonie me font penser à Veratrum viride .

Si je regarde Inflammation poumon lobe inf. droit, il n'y a que 4 remèdes :Iod. ,Kali-c. ,Merc. ,Phos.
Le remède doit il vraiment se trouver dans cette rubrique ? car ni MERC, ni PHOS ont une épistaxis pendant la fièvre.

Si on prend la rubrique plus générale Inflammation poumon droit, BRYONIA et BELL couvrirait bien le cas avec la soif, l'épistaxis, la langue blanche, la transpiration, la toux grasse

Maintenant que faire de la remarque du beau-père 2 jours avant la pneumonie ? L'enfant est-il susceptible ? A ce moment là BELL. et PHOS seraient candidats.

Si on se base sur la pneumonie du lobe inf droit PHOS semble bon :roll:
par vbouan
#9657
Poumon - inflammation - en bas a droite
Poumon - inflammation - accompagne par toux
soif
langue blanche

Je ne le trouve pas dans la dyspnee, mais mon "souvenir" de Kali Carb presente par Dr Farok Master, me fait pencher pour Kali Carb.
par Patrick
-
#9660
Deux médicaments en concurrence serrée Bry en Kali-c

Inflammation base poumon D
Épistaxis côté D
Fièvre le matin
Coloration blanche de la langue
Forte soif
Transpiration abondante

Ce qui pourrait les départager c'est l'étiologie suite vexation ? Je penche pour Bryonia
#9662
bon je me risque, pour une première fois...

je dirai Ars

Res Asthme (dyspnée ) suite contrariétés car je suppose que si indiqué cela a de l'importance !
B langue blanche
N épistaxis fièvre pendant
Tx grasse fièvre pendant

et deplus il couvre les douleurs pulmonaire à Dt

Good or not ?

En tout cas, c'est super comme exercice !
#9715
Je pense avoir été un peu rapide moi aussi, en fonçant sur la "suite de vexation", typiquement Bryonia. Mais l'analyse de Dynamis est plus fine, et Phos correspond à l'électivité pour la base droite, alors que Bryonia, non.
#9750
And the winner is… DYNAMIS ! Mais vous avez été plusieurs à trouver, félicitations !!
Ed m’a mis un mot gentil, il avait probablement lu le cas en diagonale, tout en répondant à deux coups de fil et en écrivant un mail, heureusement il s’est bien rattrapé !
Merci à tous ceux qui ont répondu, c’est toujours intéressant de voir comment on peut réfléchir face à un cas.

Analyse du cas :

1. Etiologie

Paragraphe 5 de l’Organon: « Lorsqu'il s'agit d'effectuer une guérison, le médecin doit utiliser tous les moyens possibles à sa disposition, afin de déterminer:
I. dans les maladies aiguës: la cause occasionnelle la plus
vraisemblable; (trad: étiologie) »

La maman du petit a cité spontanément la remarque blessante du beau-père comme cause la plus probable. Cependant, cette affirmation est difficile à traduire en langage de répertoire telle quelle, ce ne serait pas assez précis. Mieux vaut la mettre de côté pour éviter une erreur, et vérifier après coup que cette étiologie est couverte par le médicament incriminé, ou s’aider de cette cause si l’on hésite entre deux remèdes.


2. Dans les aigus, on utilise classiquement la croix de Hering, je ne suis pas encore très à l’aise avec, donc je vais essayer de l’énoncer clairement :

Localisation du symptôme, Sensation, Modalités, Concomittents.

a. Le seul symptôme objectif de ce cas, et donc le pilier incontournable est la localisation de la pneumopathie : Th : inflammation /poumons/droit
De plus il s’agit d’une petite rubrique, donc très intéressante.

b. La douleur thoracique est indéfinie, donc vague. Le symptôme n’a que peu de valeur, on essayera de vérifier qu’il est couvert par le médicament une fois le cas élucidé.

c.. Les modalités : rien ne semble améliorer ou aggraver l’état général du patient, donc inutilisable.

d. La fièvre le soir me semble un bon concomittent que je retiendrais, n’ayant que peu de signes.

3. Répertorisation

A ce niveau là, j’avoue avoir toujours un moment de flottement pour la valorisation et la hiérachisation des symptômes. Faut-il donner la priorité aux généralités ? PC Kent nous classe automatiquement les symptômes et utilise la méthode de Kent, là les généralités se retrouvent en dernier. Un symptôme particulier, spécifique, bizarre sera bien sûr prioritaire, ce n’est pas le cas pour cette consultation.

J’ai utilisé :
Th inflammation poumon droit
N épistaxis

Ces deux rubriques me semblent prioritaires.
Rien que là dessus, je pense qu’on peut ensuite orienter le diagnostic avec le jeu des complémentaires.
Mais j’ai complété la répertorisation avec tous les symptômes que j’avais, et en particulier:
Toux de sonorité profonde
Transpiration abondante
(Fièvre soir : rubrique peu contributive)

Les autres rubriques utilisables, mais moins intéressantes, car comportant trop de remèdes :

B Coloration Langue blanche
Es soif
Tx grasse

Je ne retiens pas la dyspnée ni le pouls rapide, assez banals dans une pneumonie, même s’ils sont couverts par le remède.
J’ai généralisé l’epistaxis (peut être abusivement), car la pneumopathie étant déjà à droite, cette latéralité me semblait peu importante pour l’épistaxis en soi.


4. Jeu des complémentaires

Sur PC Kent, en comparant les résultats de la répertorisation avec les complémentaires de Antimonium crudum, apparaissent comme candidats potentiels : Mercurius, Squilla et Phosphorus.

La particularité de Squilla est de ne pas transpirer.

Pour Mercurius, je n’ai pas signalé dans l’observation à quel point ce petit garçon était d’une grande gentillesse. Mercurius couvre moins bien l’étiologie il me semble. Il ne possède pas la toux profonde.

5. Retour à l’étiologie

Phosphorus s’ébauche alors, la rubrique Psy Emotif/émotions/affections suite d’émotions couvre bien l’étiologie.

6. Affinité des remèdes
Même s’il ne faut pas verser dans la caricature et que nous pouvons nous enfermer dans ce piège plein de préjugés, je travaille en ayant toujours une idée de l’affinité du remède par organe, comme par exemple, Aurum : dépression/cœur ; Kali-c : articulations/cœur/asthme ; Phosphorus : pneumonie/hépatite

En soi, aucune valeur absolue, mais une réassurance allant dans le sens du choix de Phosphorus.

7. Gestalt

L’ensemble de ces éléments étaient suffisants pour dessiner l’hologramme du médicament Phosphorus. La toux à deux temps tx : deux/toux, par salves de/ remettait là encore phos et merc dans le coup.
Le gros diagnostic différentiel était Mercurius, et je n’ai pas assez précisé le tableau mental dans l’énoncé.
En reprenant la répertorisation à l’envers : th douleur#merc ou phos sur PC Kent, on réalise que merc a plutôt une douleur thoracique gauche, tandis que c’est plutôt à droite pour phos

8. Testing

Deux mots sur le testing, rassurant et magique dans ces cas là.
L’auscultation d’une pneumopathie est caractérisée par des crépitants (« les pas dans la neige ») au niveau du poumon atteint, moment délicieusement poétique.
En approchant la dose de Phosphorus, l’enfant avait moins mal, les crépitants disparaissaient puis réapparaissaient quand on éloignait la dose, une autre dose ne produisait pas le même résultat.

Voilà, n’hésitez pas à compléter ou à reprendre si j’ai dit des bêtises…Merci à tous. :)
#9753
Merci pour ce cas et la mise en commun de la réflexion. J'hésitais entre phos et merc, les deux complémentaires d'antimonium crudum sans être capable de fonder un raisonnement susceptible de les départager.

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