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Absence de réduction de la mortalité liée au cancer du sein et augmentation des dépenses de santé liées aux frais des examens.
Un bel exemple de prévention dans une politique de santé publique... à ne pas suivre !!!



Mammographie : des avantages surestimés, des risques sous-estimés

Le Parisien - 2 avril 2014

Les avantages des mammographies sont surestimés tandis que les risques sont sous-estimés, affirme un rapport publié mardi aux Etats-Unis qui apporte un nouvel éclairage sur le dépistage du cancer du sein.
Le principal danger de cette technique est le sur-diagnostic qui affecterait 19% des femmes, explique le Dr Nancy Keating, professeur adjointe de médecine à l'Hôpital Brigham and Women's et co-auteur de cette analyse publiée dans le Journal of The American Medical Association (JAMA). «Je dis à mes patientes que la mammographie n'est pas un test parfait», explique-t-elle.

S'appuyant sur une analyse d'études internationales effectuées au cours cinquante dernières années, les chercheurs estiment que, dans un groupe de 10 000 femmes âgées de 40 à 50 ans subissant une mammographie annuelle pendant dix ans, environ 190 (1,9%) seront diagnostiquées d'un cancer du sein. Or, soulignent-ils, il est impossible avec les techniques actuelles de savoir quelle tumeur restera bénigne ou nécessitera un traitement. Ceci signifie que 36 des 190 femmes de l'échantillon subiront inutilement une intervention chirurgicale, de la chimiothérapie et de la radiothérapie.

Sur le chiffre total de 190, cinq femmes ne mourront pas de leur cancer, bénéficiant d'une détection précoce, 160 avec une tumeur plus avancée survivront grâceaux avancées dans les traitements et 25 décéderont malgré ce dépistage, indique l'étude. Par ailleurs, plus de la moitié des femmes soumises à une mammographie annuelle pendant une décennie peut s'attendre à un résultat faussement positif requérant davantage de tests dont 20% de biopsies inutiles.

Une mammographie tous les deux ans à partir de 50 ans

Selon cette recherche, une mammographie annuelle réduit la mortalité par cancer du sein d'environ 19% pour toutes les femmes. Le risque de décéder de ce cancer diminue grâce à ce test de 15% chez les femmes ayant atteint la quarantaine, et de 32% pour les femmes dans la soixantaine. «Bien que davantage de recherches soient nécessaires pour déterminer les risques et les avantages de la mammographie, les données dont nous disposons aujourd'hui suggèrent que cette technique de dépistage surestime les bienfaits et sous-estime les dangers de ce test», conclut le Dr Lydia Pace.

Quelques 232 000 nouveaux cas de cancer du sein sont diagnostiqués chaque année aux Etats-Unis ainsi que 39 000 décès, selon l'Institut américain du Cancer (NCI). Une Américaine a 12,3% de risque dans sa vie de développer ce cancer avec une survie à cinq ans de 89%.

En 2009, la «Preventive Services Task Force» (USPSTF), un groupe d'experts médicaux indépendants faisant autorité aux Etats-Unis, a changé ses précédentes recommandations d'une mammographie tous les un à deux ans dès 40 ans pour recommander cette procédures chaque deux ans à partir de 50 ans. Cette décision s'est fondée sur de nouvelles données selon lesquelles le ratio avantages-risques de la mammographie est plus élevé pour les femmes de 50 ans et plus. Mais cette nouvelle recommandation reste controversée dans le public comme dans la communauté médicale et des indications récentes laissent penser que le recours à la mammographie n'a pas changé aux Etats-Unis après ce changement de l'USPSTF.


Cancer du sein: faut-il se méfier de la mammographie ?

L'express - 14 février 2014 - Olivier Monod

Les bienfaits du dépistage du cancer du sein par mammographie sont remis en cause par différentes études. Il déchire les scientifiques, qui s'interrogent sur le rapport entre les bénéfices et les inconvénients thérapeutiques. Débat.

Une récente étude canadienne remet en cause les bienfaits de la systématisation de la mammographie dans la prévention du cancer du sein. L'argument est simple: la mammographie conduirait à un taux de surdiagnostic trop élevé, évalué à 22% dans ce rapport. Le débat n'est pas nouveau, il agite la communauté scientifique depuis 2000.

Pourquoi la mammographie de dépistage entraîne-t-elle des cas de surdiagnostics ? Cette technique, à laquelle les femmes sont invitées tous les deux ans passée la cinquantaine en France permet de détecter des tumeurs de 15 mm, contre 21 mm par palpation par un docteur. Le taux de survie face à un cancer dépend en grande partie du stade auquel on le détecte. Plus le patient est pris en charge tôt, plus il a une chance de s'en sortir. En outre, une détection rapide permet de s'orienter vers des méthodes de thérapies de moins en moins invasives.

Balance risques contre bénéfices

Le problème du surdiagnostic est qu'une partie des cancers repérés n'auraient pas été diagnostiqués en l'absence de dépistage car ils n'auraient jamais évolués, seraient restés silencieux durant la vie de la femme et n'auraient donc pas nécessité de traitement. "Nous ne savons pas différencier ces cancers non évolutifs des cancers potentiellement agressifs, regrette Christine Bouchardy, coprésidente de l'Institut national pour l'épidémiologie et l'enregistrement du cancer (INEEC) en Suisse. Dès lors il est très difficile de savoir quel est le taux exact de surdiagnostic."

Faut-il donc se débarrasser du dépistage par mammographie ? Karsten Juhl Jorgensen est de cet avis. "Il s'agit d'une question
d'équilibre entre les inconvénients et les bénéfices, explique ce chercheur du Centre Cochrane, au Danemark. Préfère-t-on faire subir des traitements très invasifs à des femmes pour en sauver d'autres ? Au Danemark, le dépistage n'a pas été imposé dans toutes les régions. Pourtant, la mortalité due à cette maladie baisse partout. De plus, dans l'ensemble des régions, la baisse de la mortalité concerne surtout les jeunes femmes, qui ne sont pas concernées par le dépistage. Ceci démontre que c'est la qualité de la prise en charge qui est le facteur déterminant."

Christine Bouchardy n'est pas d'accord. "En Suisse, les cantons n'ont pas non plus systématisé le dépistage par mammographie. Mais la baisse de la mortalité due au cancer du sein est significativement plus rapide et beaucoup plus importante en Suisse
romande, qui pratique le dépistage, qu'en Suisse allémanique, qui ne le pratique pas." L'étude canadienne publiée mardi dans le British Medical Journal pourrait apporter une réponse définitive à ce débat si sa méthodologie est aussi solide qu'il y paraît.

"Pour chaque femme, le choix est clair"

Face à ce débat scientifique, le Royaume-Uni a chargé sir Michael Marmot de produire un rapport sur le sujet en octobre 2012. Le directeur de l'Institute of Health Equity concluait qu'il est établi que le dépistage permet de réduire de 20% le risque de mourir d'un cancer du sein. Il soulignait également que les recherches sur le surdiagnostic étaient insuffisantes, tout en estimant que le taux de surdiagnostic est de 1%. Sa conclusion, ambiguë: "Pour chaque femme, le choix est clair. D'un point de vue positif, le dépistage permet de réduire le risque de mortalité [...]. D'un point de vue négatif, on sait qu'elle a peut-être un pour cent de chance de se voir diagnostiquée et traitée pour un cancer qui ne lui aurait jamais posé de problèmes si elle n'avait pas été dépistée."

La Suisse divisée


En Suisse, début 2014, le débat a repris quand le Swiss Medical Board a estimé que "le dépistage permet de diminuer la mortalité par cancer du sein de façon très faible [...]. Cet effet souhaité est à comparer avec les effets indésirables : ainsi, chez une centaine des 1000 femmes ayant été dépistées, on a obtenu des résultats faussement positifs qui ont conduit à des investigations complémentaires et parfois à des traitements inutiles. Globalement, on obtient un rapport coût-efficacité très défavorable."
Ce rapport a reçu une réponse cinglante de la part de l'OFSP (Office fédéral de la santé publique): "Le très récent rapport du Swiss Medical Board n'apporte aucune lumière nouvelle à ce sujet.
L'OFSP maintient, en totale identité de vues avec l'OMS et de nombreux pays d'Europe, ses recommandations en matière de dépistage par mammographie."

Des divergences culturelles avant tout ?

Au-delà des querelles scientifiques, Christine Bouchardy avance une autre explication sur la récurrence de ces débats. "Il existe un biais culturel, explique-t-elle. Certains pays scandinaves ou germaniques n'ont pas implémenté le dépistage systématique. Il y a là une réelle différence d'approche en matière de santé publique."
En France, le président François Hollande a présenté un plan cancer pour la période 2014-2019, visant à renforcer le dépistage, notamment du cancer du col de l'utérus.


Cancer du sein: une nouvelle étude relance la polémique sur les mammographies

Le Parisien - 2 février 2014

La pratique de mammographies annuelles ne permet pas de réduire la mortalité par cancer du sein, selonune étude canadienne qui relance la polémique autour de l'intérêt des campagnes de dépistage organisé.
Réalisée sur près de 90.000 femmes âgées de 40 à 59ans, suivies pendant 25 ans, l'étude a montré que les femmes qui avaient subi des mammographies annuelles pendant cinq ans n'avaient pas moins de risque de mourir d'un cancer du sein que celles ayant seulement bénéficié d'un examen physique.
Au bout de 25 ans, 500 décès par cancer du sein étaient survenus chez les 44.925 femmes suivies par mammographies contre 505 décès chez les 44.910 femmes du groupe témoin.
Les femmes avaient été assignées dans les deux groupes par tirage au sort.
Les tumeurs du sein détectées étaient en revanche plus nombreuses dans le 1er groupe, soit 3.250 au total contre 3.133 dans le second à la fin de l'étude.
Le déséquilibre était déjà net au bout de cinq ans,avec 666 cancers détectés chez les femmes sous mammographies contre 524 dans le groupe témoin, soit un "excédent" de 142 tumeurs.
Cet "excédent" était encore de 106 tumeurs au bout de 15 ans, ce qui, selon les auteurs, "signifie que 22% des cancers diagnostiqués dans le premier groupe ont été surdiagnostiqués".
Les tumeurs étaient de surcroît plus petites (1,4 cm dans le premier groupe contre 2,1 cm dans le second) au moment du diagnostic.

Dépistage organisé et surdiagnostic

Le surdiagnostic fait référence à la détection de très petites tumeurs qui n'auraient pas eu d'impact du vivant de la personne
concernée.
En se fondant sur des études montrant une baisse de la mortalité, de nombreux pays occidentaux ont mis en place des programmes de dépistage organisé du cancer du sein. En France par exemple, le programme s'adresse à toutes les femmes âgées de 50 à 74 ans qui sont invitées à faire des mammographies tous les deux ans, prises en charge à 100% par l'Assurance maladie.
Mais d'autres études sont plus contradictoires : selon une étude de la Collaboration Cochrane, publiée pour la première fois en 2000 et régulièrement réévaluée depuis, le taux de mortalité des femmes dépistées ne serait guère différent de celui des autres femmes.
Une étude britannique publiée en 2012 avait au contraire estimé que le dépistage organisé du cancer du sein sauvait des vies mais entraînait un surdiagnostic estimé à près de 20% des cancers dépistés.

S'exprimant en septembre dernier, le Dr Jérôme Viguier, le directeur du Pôle santé publique et soins de l'Institut national du cancer (INCa-France) avait pour sa part estimé que la controverse était "scientifiquement réglée". Il avait ajouté que selon les dernières études, les programmes de dépistage organisé avaient permis de réduire la mortalité par cancer du sein de 15 à 21% et d'éviter 150 à 300 décès pour 100.000 femmes participant de manière régulière au dépistage pendant 10 ans.
"Nos résultats rejoignent les vues de certains commentateurs qui estiment que les politiques de dépistage par mammographies devraient être revues" dans les pays développés, estiment les auteurs de l'étude canadienne.
Mais selon eux, la chose ne sera pas facile "parce que les gouvernements, les organismes de financement de la recherche, les
chercheurs et les médecins peuvent avoir intérêt à poursuivre des activités qui sont bien établies".

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