par Emile
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#54918
Source : Pour la Science Février 2018

L’ibuprofène est un antalgique, un antipyrétique et un anti-inflammatoire d'usage courant. Or une étude franco-danoise coordonnée par Bernard Jégou, de l’Inserm et de l’EHESP, vient de montrer qu’il perturbe les hormones testiculaires. Les chercheurs ont administré 1200 milligrammes d’ibuprofène par jour à 14 hommes pendant 6 semaines, puis comparé leur taux hormonal à celui d’un second groupe sous placebo. Au bout de 14 jours, les hommes sous ibuprofène présentaient un taux sanguin de testostérone normal et un taux d’hormone lutéinisante (l’hormone stimulant la production de testostérone) très élevé. Connu sous le nom d’hypogonadisme compensé, ce phénomène ne se rencontre normalement que chez environ 10% des hommes âgés, chez qui il doit être suivi médicalement afin d’éviter des complications. Suite à cette étude, l’Inserm vient d’avertir sur les conséquences potentiellement délétères de la «prise soutenue» d’ibuprofène par des hommes sans raison médicale (notamment athlètes de haut niveau, sportifs, etc, ). ■
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par Jean Umber
Diplômé PH
#54946
Il y a une contradiction dans cette article. Lorsque la LH augmente, il devrait y avoir augmentation de la libido, et donc pas d'hypogonadisme, mais un hypergonadisme (voir wikipedia, qui est la référence mainstream).
J'ai plutôt l'impression que "Pour la science" nous enfume ou est à côté de ses pompes.
L'hypogonadisme apparaît, selon WP, lors de la diminution de la production de LH et va de pair avec une diminution de la production de testostérone.
Le reste (action de l'ibuprofène) est pour moi un problème d'oxydoréduction.
par Emile
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#54947
Je n'étais pas remonté à la source de cet entrefilet de "Pour la Science", mais après vérification, il me semble bien fidèle au contenu du papier de recherche original dont je reproduis et traduis l'abstract.
Concern has been raised over increased male reproductive disorders in the Western world, and the disruption of male endocrinology has been suggested to play a central role. Several studies have shown that mild analgesics exposure during fetal life is associated with antiandrogenic effects and congenital malformations, but the effects on the adult man remain largely unknown. Through a clinical trial with young men exposed to ibuprofen, we show that the analgesic resulted in the clinical condition named “compensated hypogonadism," a condition prevalent among elderly men and associated with reproductive and physical disorders. In the men, luteinizing hormone (LH) and ibuprofen plasma levels were positively correlated, and the testosterone/LH ratio decreased. Using adult testis explants exposed or not exposed to ibuprofen, we demonstrate that the endocrine capabilities from testicular Leydig and Sertoli cells, including testosterone production, were suppressed through transcriptional repression. This effect was also observed in a human steroidogenic cell line. Our data demonstrate that ibuprofen alters the endocrine system via selective transcriptional repression in the human testes, thereby inducing compensated hypogonadism.

On s'inquiète de l'augmentation des troubles de la reproduction masculine dans le monde occidental, et on a suggéré que la perturbation de l'endocrinologie masculine pourrait jouer y un rôle central. Plusieurs études ont montré que l'exposition à des analgésiques légers au cours de la vie fœtale est associée à des effets antiandrogènes et à des malformations congénitales, mais les effets sur l'homme adulte restent largement inconnus. Grâce à un essai clinique avec de jeunes hommes exposés à l'ibuprofène, nous montrons que l'analgésique a produit un état clinique appelé "hypogonadisme compensé", qui est une condition prévalente chez les hommes âgés et associée à des troubles physiques et reproductifs. Chez les hommes, les taux plasmatiques de l'hormone lutéinisante (HL) et d'ibuprofène étaient positivement corrélés, et le rapport testostérone / HL a diminué. En utilisant des explants de testicules adultes exposés ou non à l'ibuprofène, nous démontrons que les capacités endocriniennes des cellules testiculaires de Leydig et de Sertoli, y compris la production de testostérone, ont été supprimées par le biais d'une répression transcriptionnelle. Cet effet a également été observé dans une lignée de cellules stéroïdogènes humaines. Nos données démontrent que l'ibuprofène altère le système endocrinien par la répression transcriptionnelle sélective dans les testicules humains, induisant ainsi un hypogonadisme compensé.
Voir aussi le communiqué de l'INSERM
https://presse.inserm.fr/attention-a-la ... mme/30386/
Vous ne pouvez pas consulter les pièces jointes insérées à ce message.
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par Jean Umber
Diplômé PH
#54948
Voilà qui est effectivement plus clair !
C'est le journaliste de "Pour la science" qui fait preuve d'incompréhension totale du problème.

Voilà mon hypothèse de chimiste :
la libido masculine est liée positivement à la présence de monoxyde d'azote (d'où l'utilisation du Viagra qui empêche sa destruction).
Or, NO donne toujours, en présence de l'ion superoxyde O2(-), l'ion peroxynitrite avec une cinétique bien plus élevée que la destruction de l'eau oxygénée par la catalase.
Autant dire que cet ion est omniprésent.
Quelles sont ses propriétés : c'est un oxydant puissant, et il est capable de maintenir le potentiel rédox de certaines cellules comme celles qui fabriquent le sperme à un niveau tel que la testostérone, forme oxydée des oestrogènes, persiste.
Mais c'est également un électrophile puissant qui nitre très facilement les cycles aromatiques activés, comme celui - tiens donc - de l'ibuprophène, où le cycle aromatique est activé vis à vis de la substitution électrophile par le groupement isobutyle (voir mon cours de chimie : http://www4.ac-nancy-metz.fr/physique/a ... tiques.pdf ).
Donc, l'ibuprofène consomme les peroxynitrites, et par là-même le monoxyde d'azote, d'où une diminution de la libido.
par Emile
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#54960
Je réalise que durant mes études une composante nettement sycotique avait fini par s'installer en moi : je n'arrêtais pas de me répéter ce Mantra pour préparer mes épreuves de chimie :   L'oxydation est une perte d'électron, l'oxydation est une perte d'électron, … l'oxydation est une perte d'électron.
Je ne savais pas qu'un jour cela me servirait et que de plus, cerise sur le gâteau, j'apprendrai à soigner cette Sycose ! ;)
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par Jean Umber
Diplômé PH
#54961
Le problème, c'est qu'on ne trouve pas d'adresse de contact sur ce site ! :)
Ah oui, Emile ! Dans ce cas nous sommes tous sycotiques, avec toutes les formules que nous avons ressassées pour les retenir ! ;)

Je vais tenter une réponse. Je propose ST[…]

J'ai lu très vite et en diagonale.... L'&ea[…]

Je ne réponds pas complètement &agra[…]

PULS ou pas PULS

ça me pose une question ... N'est-ce pas[…]