par Afyon
-
#28754
G. Broussalian 4 « Les Tâtonnements »

Ainsi, le « Doute » introduit dans mon esprit par la révélation de l’Acupuncture du Docteur Flament de Caen, je décidais d’éclaircir et d’approfondir ces Traitements et Médecines non enseignées sur les bancs de ma Faculté.
Arrivant à Paris après les fructueux remplacements d’été, je me trouvais vers le mois de Juillet 1954 confronté devant un triple problème :
1/ Soutenir ma Thèse de Doctorat en vue du Diplôme d’Etat.
2/ Dénoncer mon Sursis d’Incorporation et accomplir mes obligations militaires.
3/ Penser, enfin, à une Installation en vue d’un exercice libéral.
Le tout, ayant en arrière pensée de me renseigner sur les Médecines Parallèles, pendant la mise en place et la réalisation de ces trois activités.
Ma Thèse de Doctorat sur « Les Staphylococcies Pulmonaires du Nourrisson »fut soutenue le 25 Aout 1954 sous la présidence de Monsieur le Professeur Cathala devant la Faculté de Médecine de Paris.
Le service Militaire à l’époque était d’une durée légale de 18 mois, réduite à 12 mois si l’on avait suivi deux années de Préparation Militaire, sanctionnées par un examen final. Ce que je fis, avec ardeur, durant les années 1952 et 1953 me rendant régulièrement aux instructions militaires animées par des gradés de la Gendarmerie Nationale. J’appris ainsi, pendant ces deux ans, les rudiments de la Discipline, des Armes et du Service de Santé des Armées. L’examen pour les sursitaires médecins se déroula à l’Hôpital Militaire de Doulon à Nantes. Classé quatrième sur cent vingt médecins impétrants, j’avais droit à un poste (sur sept places) à l’Hôpital Militaire d’Instruction du Val de Grâce à Paris. J’étais très fier et très heureux de cette fort belle possibilité.
Appelé sous les drapeaux, le 2 Novembre 1954, au Fort Neuf à Vincennes, je fus incorporé à la 1ère S.I.M. (Section d’Infirmiers Militaires).Nous étions, médecins, vétérinaires, dentistes, pharmaciens plus de six cents recrues, sans compter la troupe de soldats ordinaires. Je reçus mon affectation de « Médecin Chef du G.R.E.T. No : 1 à la Caserne de Saint Denis » dès le 5 Novembre 1954. Le Val de Grâce me passait sous le nez. La discipline militaire ne souffrant aucune protestation, je ne pouvais que m’incliner et obéir. Je me retrouvais donc près de Paris, à Saint Denis, à la caserne du « Groupement Régional d’Exploitation des Transmissions de la 1ère Région Militaire ».
Je fus libéré des obligations militaires le 26 novembre 1956. Au lieu des 12 mois de service actif, ce furent donc 26 mois au total ! Il faut mentionner que la situation politique de ces temps agités ne me favorisa guère. Le 1er novembre 1954, soit la veille de mon incorporation, deux instituteurs français coopérants, les époux Moneret, furent égorgés à Palestro, dans les Aurès. Ainsi commençaient les opérations de « Maintien de l’Ordre en A.F.N. » qui devinrent rapidement la « Guerre d’Algérie ». Se déroulèrent également lors de ma période de 26 mois, la Nationalisation du canal de Suez le 26 juillet 1956 et l’Insurrection de la Hongrie, le soulèvement de Budapest le 29 Octobre 1956.
Commencé avec le Grade de Médecin Auxiliaire, je fus nommé rapidement Médecin Sous Lieutenant et Médecin Lieutenant plein le 1er Mai 1956.
Je ne détaillerai pas les différentes affectations et nominations durant cette période troublée. Elles furent nombreuses, depuis «les théâtres d’opération extérieures », à « L’assistance aux Réfugiés Hongrois ». Mais deux points me restèrent tout de même d’agréables souvenirs de cette longue période. Mon passage à l’Hôpital Militaire Bégin, en Gynécologie et plusieurs prises de Garde de Médecin à la Place de Paris, aux Invalides.
Quittant Bayeux, dès mon retour à Paris, je me rendis chez le Docteur Hagop Khoubesserian, rue Théodore de Banville comme me l’avait aimablement suggéré le docteur Flament de Caen. Je fus reçu très cordialement par un médecin affable, jovial et sympathique autour de la cinquantaine. Il me confirma la « Tolérance Officieuse » des confrères allopathes pour une salle et une consultation au dernier étage de l’Hôpital Beaujon à Clichy.
Avant le début de ma convocation au Fort Neuf à Vincennes, je me rendis plusieurs fois à Beaujon pour assister à la consultation. Et là je me trouvais au milieu de nombreux médecins avec des pratiques aussi variées qu’inconnues ou saugrenues pour moi. Dans une grande salle les malades adressés par différents services, étaient les échecs habituels de nos confrères : asthme, eczémas, sciatiques, algies diverses. Outre les acupuncteurs, pilotés par le docteur Khoubesserian, je vis pêle-mêle, et à mon grand étonnement : des naturopathes, des magnétiseurs, des ostéopathes, des homéopathes, des anthroposophes, et aussi de la Médecine Chinoise et Ayurvédique !
J’étais servi, moi qui imaginais que la Médecine se limitait à l’Enseignement Universitaire de mes Maîtres, je me trouvais en présence de gens aux activités très différentes et très éloignées entre elles. Certains, les moins nombreux, me paraissaient normaux, comme moi, aux prétentions scientifiques affirmées. D’autres, les plus nombreux, allaient de personnalités plus ou moins originales, à d’ésotériques extravagants et d’expressions pour le moins très confuses. Des conversations et des discussions incompréhensibles pour moi animaient ces consultations. Chacun y allait de sa propre théorie, des éléments, des nombres, des planètes, des astres, de la mythologie, des énergies inconnues, dans un galimatias plus ou moins pittoresque, mais risible et déroutant pour moi.
L’image la plus vivante qui m’est restée est la vision de médecins sortant d’une poche de leur classique gilet, près d’une montre à gousset et de sa chaîne en or, un étui métallique à deux battants contenant les fameuses aiguilles d’acupuncture. Bien sûr, des aiguilles en or voisinaient avec les autres en argent ou en acier, sur deux rangées, le tout au nombre d’une trentaine. Par une probité et une honnêteté personnelle, je dois signaler que pour la plupart des intervenants, les aiguilles servaient d’un patient sur un autre sans aucun souci d’asepsie. Seuls quelques médecins prenaient soin de passer leurs aiguilles à l’alcool à 90 degré, non modifié, dont nous disposions encore à l’époque.
Les acupuncteurs parlaient entre eux de « Méridiens », de « Pouls », d’ «Organes Laboratoire ou d’Organes Trésor », de « Yin et de Yang ». Tout cela m’échappait complètement. Heureusement, sous l’aile protectrice de Monsieur Hagop Khoubesserian, j’étais encouragé et consolé dans mon ignorance. Il s’occupait particulièrement de toutes les algies et surtout des membres fantômes des amputés. Khoubesserian avait publié de nombreux articles sur ces sujets. Il me dit « Surtout ne t’inquiète pas, mon petit, recherche les points douloureux sur le tégument et poncture les simplement ». Ainsi enhardi et utilisant mes premières aiguilles achetées chez Monsieur Badoux rue de la Grange Batelière, je piquais quelques patients sur des points sans aucune certitude et ne connaissant rien à l’Acupuncture. A mon grand étonnement, certaines personnes se trouvèrent soulagées, malgré ma nullité de débutant. Ce qui me troubla au plus haut point (sans jeu de mot) c’était ma réussite d’avoir soulagé un malade sans la « Vitamine B12 mille gammas des Laboratoires Delagrange » et sans aucun autre remède. Je n’en dormis pas la nuit et décidais de m’informer et m’instruire pour pratiquer une « Médecine » qui pourrait soulager sans l’administration de remèdes !
Parallèlement, les conversations de certains confrères m’intriguèrent sérieusement. Ils demandaient au malade : « Sur quel côté dormez vous ? ». Egalement :« La pression vous soulage t’elle ? ». Un s’enquit : « À quel moment de la journée souffrez-vous le plus ? ». Un autre : »Quel influence le froid, le grand air, l’humidité ? ». J’entendis : « décrivez votre douleur, brûlure, piqure, griffure ou autre ?». Le bouquet, un médecin demanda: « est-ce le froid ou le chaud qui vous atténue la douleur ? ». Bref, je m’aperçus que ma connaissance de la Sémiologie apprise dans le sempiternel Sergent était des plus sommaires et que des médecins interrogeaient mieux que moi et plus profondément leur malade. Je compris là que je devais m’intéresser sérieusement à l’Homéopathie dans ma soif de connaissances scientifiques nouvelles.
J’étais aussi impressionné par certains confrères qui travaillaient avec les mains nues, les ostéopathes et qui soulageaient aussi les algies. Je me souvins de la manipulation «douce » du docteur Flament à Caen. Je décidais d’acquérir les ouvrages clefs du Docteur Robert Lavezzari sur cette discipline. J’appris, au cours des conversations à Beaujon que le Docteur Léon Vannier, médecin homéopathe illustre avait été guéri par l’ostéopathe Robert Lavezzari.
Je partis affronter mes 26 mois au Service National, aux multiples affectations en « Métropole et sur les Théâtres d’Opérations Extérieures», chargé d’un volumineux viatique d’ouvrages. Parmi eux, en tête, le « Albert Chamfrault :Traité de Médecine Chinoise ». J’y joignis des livres du Docteur Léon Vannier : « Précis de Matière Médicale homéopathique », « La Typologie », « Les Remèdes des Etats Aigus » et quelques autres (dont Les Cancériniques, Les Tuberculiniques). Je me procurais aussi les livres du Docteur Henry Duprat : « Traité de Matière Médicale Homéopathique » et « Théories et Techniques Homéopathiques ». Ma présence sous les drapeaux ne me permettant pas d’assister régulièrement aux cours d’homéopathie, je souscrivis aussi un abonnement à la Revue : «L’homéopathie Française » du C.H.F.
J’étais fermement décidé d’utiliser les moindres moments d’inactivité ou de repos dans ma longue carrière militaire, à une étude sérieuse de toutes ces sciences nouvelles pour moi.
Nous attaquerons «le problème de l’Installation » sur la prochaine livraison, soit le No 5 de la Présentation.
#28980
Encore merci de votre témoignage, j'attends la suite !
Christel
#34379
miraculeuse quoique fumeuse, poussiéreuse mais toujours dans le Vidal, ...culte quoi !

la voici ;)

Image

Bonsoir Pauline, Le premier réflexe &agrav[…]

craquements et fissures

CORRECTION a l’arthrographie , Le mé[…]

PCKent Abonnement

Chers Amis, Je vous rappelle, pour tous ceux qui h[…]

PRESENTATION

Bonjour JL, Bienvenue parmi nous ! Justement, Ca[…]