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Le Figaro - Pauline Fréour - 02/04/2015

L'annonce de deux décès de nourrissons porte un sérieux coup au projet de recommander la vaccination contre les rotavirus.

Commercialisés en France depuis plus de huit ans, les deux vaccins Rotarix (GSK) et Rotateq (Sanofi Pasteur MSD) visant à protéger les bébés contre certaines gastro-entérites étaient en voie d'être inscrits au calendrier vaccinal pour être généralisés. Cette dynamique vient d'être tuée dans l'œuf.

Dans un rapport publié le 12 février, le système de pharmacovigilance français a en effet recensé 2 décès et 201 effets indésirables graves chez des nourrissons vaccinés depuis la mise sur le marché de ces produits, en mai 2006 et janvier 2007. Des données «préoccupantes », mises en lumière mardi soir par Le Canard enchaîné, et qui ont conduit la ministre de la Santé, Marisol Touraine, à se prononcer mercredi matin sur Radio Classique/LCI pour une vaccination «au cas par cas ».

Les deux vaccins causent notamment des invaginations intestinales aiguës (IIA), une urgence médico-chirurgicale qui se caractérise par le retournement de l'intestin sur lui-même, comme un doigt de gant. Cette pathologie, qui survient principalement dans les 7 jours suivant l'ingestion de la première dose, se soigne à la condition qu'elle soit prise en charge très rapidement. «La plupart du temps, elle se guérit par un lavement, mais dans un cas sur quatre un acte chirurgical est nécessaire », explique le Dr Robert Cohen, pédiatre infectiologue à l'Hôpital intercommunal de Créteil. Cet effet secondaire des vaccins était connu mais jugé acceptable au regard des bénéfices apportés : l'immunisation réduit jusqu'à 80 % les hospitalisations de bébés pour gastro-entérites à rotavirus, qui en France s'élèvent à 14 000 chaque année.

Face à ces révélations, le discours des autorités sanitaires est plus que jamais ambigu, d'autant que cette vaccination n'a jamais vraiment fait l'unanimité en France. «La vaccination contre les rotarvirus occupe une position à part: c'est la seule en France qui vise à limiter les hospitalisations davantage que les décès, puisque très peu d'enfants meurent de gastro-entérites dans notre pays », rappelle le Pr Daniel Floret, président du Comité technique des vaccinations (CTV) qui conseille le ministère de la Santé sur le calendrier vaccinal. Problème: les médecins ne savent pas dire à quel nourrisson ce type d'immunisation bénéficiera le plus.

Le CTV a d'ailleurs refusé à deux reprises, en 2006 et 2010, d'inscrire ces vaccins dans les recommandations du calendrier vaccinal, arguant notamment de «l'absence d'impact significatif attendu sur la mortalité liée aux diarrhées du nourrisson » et «de l'existence d'un signal en faveur d'une augmentation faible du risque d'invagination intestinale aiguë ».

Mais en 2013, s'appuyant sur une baisse de 7,8 % des décès par gastro-entérites chez les enfants de moins de 3 ans entre 1999 et 2010, attribuée au moins en partie à la vaccination contre les rotavirus, et sur une baisse importante des hospitalisations pour gastro-entérites observées dans les pays industriels qui le recommandent (Belgique, États-Unis, Australie…), le comité recommande la vaccination contre les rotavirus des nourrissons de moins de 6 mois, première étape vers une possible inscription au calendrier vaccinal et un remboursement par la Sécurité sociale. «Nous ignorions à l'époque la gravité que pouvaient atteindre certains effets indésirables », se défend le Pr Floret, les deux décès ayant été signalés en 2014. Le CTV devrait réévaluer sa position dès la semaine prochaine.

Dans un courrier envoyé mardi à des milliers de professionnels de santé, l'Agence du médicament insiste sur la nécessité de sensibiliser les parents aux symptômes de l'invagination intestinale aiguë: douleurs abdominales, pâleur, vomissements, selles sanglantes, refus de s'alimenter. En revanche toute démarche relative à une réévaluation de la balance bénéfice/risque de ces vaccins relève de l'agence européenne du médicament (EMA), qui a été informée de ces nouvelles données françaises de pharmacovigilance, précise l'agence.

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