par jpp26
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#62415
Bonjour,

Je m'excuse pour ma question qui va paraitre basique pour beaucoup, mais qui s'explique je l'espère par ce fait que je ne suis qu'en première année...

Pendant l'émission hier soir on a parlé plusieurs fois de frictions.
Des exemples cliniques de 1ère année j'avais retenu la possibilité de pratiquer une friction avec une 6 CH pour antidoter un traitement qui provoquait une aggravation indésirable.

Mais hier soir j'ai eu l'impression qu'on sous entendait 2 applications différentes de la friction:
--une administration en basse dynamisation pour antidoter après une aggravation.
-- une administration à la même dynamisation comme alternative à l'olfaction ou la prise orale
Est ce bien ça? ou n'ai je pas tout compris?
Et si c'est ça qu'elle est l’intérêt de la friction sur les les 2 autres modes d'administration?
Merci pour vos réponses.
Jean Pierre
par yasumina
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#62417
jpp26 a écrit : 09 avr. 2020, 09:53 Bonjour,

Je m'excuse pour ma question qui va paraitre basique pour beaucoup, mais qui s'explique je l'espère par ce fait que je ne suis qu'en première année...

Pendant l'émission hier soir on a parlé plusieurs fois de frictions.
Des exemples cliniques de 1ère année j'avais retenu la possibilité de pratiquer une friction avec une 6 CH pour antidoter un traitement qui provoquait une aggravation indésirable.

Mais hier soir j'ai eu l'impression qu'on sous entendait 2 applications différentes de la friction:
--une administration en basse dynamisation pour antidoter après une aggravation.
-- une administration à la même dynamisation comme alternative à l'olfaction ou la prise orale
Est ce bien ça? ou n'ai je pas tout compris?
Et si c'est ça qu'elle est l’intérêt de la friction sur les les 2 autres modes d'administration?
Merci pour vos réponses.
Jean Pierre
merci pour cette question, c'est très flou pour moi aussi (première année aussi)
j'avais retenu encore autre chose des cas cliniques:
friction de la MÊME bouteille pour atténuer les aggravations semblables si besoin
par contre j'ai lu ailleurs que dans les cours mais sur PH qu'une friction le lendemain de la prise potentialise l'effet

merci de nous éclairer alors,
y.
par annick
Membre d'honneur
#62419
J'ai fait il y a 2 ans une synthèse sur ce qui était écrit sur la friction au fil du forum
Je n'ai pas réussi à la mettre en PJ. Heureusement Clo va me dépanner. Merci Clo.

En jaune ce sont des discussions avec Anne qui s'y connait ++ en friction et qui pourra mieux répondre
Avatar de l’utilisateur
par Clo
Diplômé PH
#62420
Voilà de la part d'Annick une synthèse des différentes situations: (pas trouvé comment surligner, donc observations d'Anne en rouge)

La friction et l’antidotage

3 situations différentes pour la friction :
-La friction pour gérer une aggravation similaire
-La friction en complément des prises orales
-La friction, posologie pour les patients hypersensibles ou les enfants


I- La friction pour gérer une aggravation similaire

BASES THEORIQUES : les règles d’or
Ne jamais répéter si une prise provoque une réaction nette et parfois spectaculaire.
En cas de réaction d’aggravation similaire nette avec symptôme ancien qui appartient au malade et au médicament
Comme nous savons que cette aggravation similaire est de bon aloi, nous ferons tout notre possible pour ne pas « casser» l’action du médicament qui montre qu’il est bien choisi. S’il est possible d’attendre respectez la règle absolue de ne jamais rien prescrire tant que le tableau symptomatique n’est pas fixé.

Si la réaction est vraiment trop forte (la dose est trop importante ou la dynamisation). Dans l’ordre :
- Vous essayez d’attendre quelques jours si c’est possible
- Sinon vous faites faire une friction du même médicament sur une zone de peau saine
Seule une très infime partie de la dose va traverser la peau, ce sera suffisant pour juguler l'aggravation.
- Si ce n'est pas rapide dans un délai supportable, la dernière solution : donnez le médicament en 6CH, c’est le frein d’urgence

L'antidotage par friction est moins puissant que par basse dilution
Pour une aggravation similaire (c'est à dire que le remède choisi était le bon), la friction suffit si l'aggravation est relativement légère, mais lorsque c'est catastrophique (par exemple le patient se couvre d'un eczéma hyper invalidant), alors il vaut mieux une 6 CH, liquide de préférence, mais sec ça peut passer aussi.

CONCLUSION : La friction permet de limiter la réaction d’aggravation similaire sans casser complètement l’action du médicament.

• En cas d’aggravation dissimilaire :
- Cessez toute prise. Ce médicament ne convient pas au cas et vous n’y retoucherez plus.
- Antidotez au besoin


MODALITES PRATIQUES dans l’aggravation similaire

1. Attendre ou placebo ++, si l'aggravation est supportable.
On donne le placebo si le remède a produit une aggravation similaire et qu'il convient simplement de faire patienter le temps que le mieux arrive.

2. Si l'aggravation est insupportable mais modérée : friction
-le même médicament, frictionné à raison d'une simple goutte ou deux, disons un fond de cuiller à café, sur une partie de peau saine.
-frotter quelques gouttes jusqu'à ce que la peau soit sèche

-Si la dilution mère est déjà prête, prendre une goutte directement de la bouteille
-la friction doit se faire à dynamisation identique sur une zone de peau saine, donc je pense qu'il ne faut pas refaire de succussion mais reprendre la solution prise, telle quelle ; OU faire deux secousses à la bouteille
On peut se demander si, en faisant de nouvelles succussions, on ne ferait pas tout simplement une répétition. Répétition sur le schéma prise liquide / friction / prise liquide / friction censée non pas freiner mais accélérer le processus de guérison.


-Si l'aggravation s'est produite après une olfaction : préparer une dilution avec quelques gouttes (une ou deux suffisent) du flacon prévu pour l'olfaction dans 250 ml d'eau, deux secousses, une goutte en friction.
OU ? utiliser la solution alcoolisée telle quelle
: quand je souhaite que le patient reste en olfaction pour les prochaines prises, je lui fait faire une friction à partir du tube l'olfaction - comme peu pratique, et peu de quantité, il le fait à l'aide d'un coton tige, çà fonctionne très bien (Anne)
-La friction peut-être répétée après une heure voire une demi-heure si l'aggravation ne cède pas. Le plus souvent, le soulagement se fait dans le quart d'heure.
-si quelqu'un d'autre fait la friction et non le patient lui-même j'imagine qu'il faut porter un gant pour ne pas s'administrer le remède

3. Si la friction ne suffit pas
Freinage par 6CH : On prend moins de précaution, une cuiller directe suffit en général.

4. Réétudier la posologie quand le tableau est stabilisé.
Comment continuer lorsqu'il y a eu une aggravation semblable trop intense et qu'on a du freiner par une friction ou une 6CH?
Tu attends de voir comment cela "se tasse" et tu relances avec une nouvelle dynamisation plus modérée que la première qui a allumé l'incendie.


MODALITES PRATIQUES dans l’aggravation dissimilaire : ANTIDOTAGE
La friction est inefficace dans une aggravation dissimilaire. La friction n'antidote pas forcément à tous les coups...elle n'antidote que si le médicament est bien indiqué ou partiellement indiqué et qu'il est trop fort.

-La méthode forte si la friction ne suffit pas, c'est respirer du camphre (type Vicks).
En théorie, tous les remèdes sont antidotés par le camphre. Le camphre est le remède souverain pour antidoter une aggravation dissimilaire sans faire trop de dégâts, lorsqu'on ne trouve pas le similimum.
Il peut antidoter une aggravation similaire, mais là, je pense qu'il casse tout l'effet de la dose.
Le camphre est également pratique quand il y a eu un brouillage par trop de doses différentes, ou trop de prises d'un même médicament, ou après inhalation involontaire.

-Le meilleur antidote est de trouver le similimum s'il s'agit d'une aggravation dissimilaire.

-L'antidote signalé comme tel doit être de préférence utilisé selon une correspondance aux symptômes du patient, comme d'habitude. Parfois certains médicaments signalés comme antidote servaient en cas d'empoisonnement. Par exemple, l'intoxication au plomb (saturnisme) était antidoté par causticum, ou belladonna, opium...Dans les cas d'urgence, on est moins regardant sur une similitude absolue.


II.La friction en complément des prises orales

BASES THEORIQUES
Organon 285.— La guérison d'affections très anciennes peut être accélérée par le médecin en appliquant par voie externe le médicament qui a prouvé être curatif par voie interne, sous la forme de friction du dos, des bras, des membres.
Dans ce cas, la friction n’est pas franchement une posologie, c’est une manière d'accélérer le traitement….
Et de manière intercurrente une dose de temps en temps en friction est encore à explorer. (EB)
Hahnemann a remarqué que dans bien des cas, la friction accélérait le processus de guérison… c'est comme si la goutte sur la peau "attirait" plus rapidement la réaction vers l'extérieur (Béné)

MODALITES PRATIQUES
Idéalement, on procédera à une friction le lendemain de la prise :
-2 secousses à la bouteille,
-une goutte de la bouteille que l’on applique directement sur l’avant bras ou toute autre zone de peau saine.

SH nous conseille d'alterner les prises per os et per cutané, pour accélérer les cures dans les maladies qui perdurent (et donc qui sont bien ancrées). Depuis quelques mois, pour les cas chroniques difficiles ( patho ou gestion des doses), j'expérimente cette posologie, et pour l'instant j'en suis très satisfaite. Cela permet de ne pas répéter trop vite la dose liquide et donc de ne pas couper son action, ni de greffer des symptômes pathogénésiques si on répète trop souvent et trop fréquemment, tout en permettant d'accélérer le processus. S.H n'a pas donné plus d'info là dessus, mais j'ai remarqué qu'au bout de 3/4 frictions cela s'épuise et qu'il faut alors renouveler per os. (Anne)

( A Vannes, la nouveauté c'est la prise de la goutte du verre .. on touille avec son doigt, on le lèche et on se frictionne la lèvre supérieure avec le reste...)


III.La friction, posologie pour les patients hypersensibles ou les enfants
La friction apportant une très faible quantité, elle peut être indiquée d’emblée :
-chez des patients hypersensibles, qui réagissent très fortement à tous les traitements
-chez les enfants
-pour commencer en douceur : par exemple si on n’a que du MK chez une personne sensible à qui on veut administrer un médicament réactif comme Lyss, Tarentula….
Christian42 aimais cela
par jpp26
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#62422
Merci Clo et Annick pour cette réponse complète.
Du coup je ne regrette pas d'avoir posé la question car la réponse est plus compliquée que je ne l'imaginais..
Avatar de l’utilisateur
par Kathmandou
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#62423
Clo a écrit : 09 avr. 2020, 11:45 A Vannes, la nouveauté c'est la prise de la goutte du verre .. on touille avec son doigt, on le lèche et on se frictionne la lèvre supérieure avec le reste...)
Rhôô, vous avez préparé vos doses au lambig ?! :lol:
par fred
Diplômé PH
#62439
Si on n'avait pas Annick faudrait l'inventer. Superbe synthèse.
par cyril41
Diplômé PH
#62449
magnifique, y'a tout ! Merci Annick.
Pour Kilian le jeune asthmatique de 19 ans, je continue am-m en friction uniquement et qui a l'air de fonctionner : juste du mieux sans aggravation, il ne toussait plus hier soir, plus d'oppression ni de points au coeur, mais avait dormi tout l'après-midi, ce qui ne l'a pas arrangé car période de partiel... Sorry, la friction fait ce qu'elle peut et c'est déjà énorme ! Je vais poursuivre à la friction ce matin, tant que ça donne du mieux sans me poser de questions, et suivre également les observations d'Anne (la friction prolonge l'action de la dose liquide ou olfaction 3 ou 4 fois, ?)....

En chronique j'avais une personne sensible qui ne prenait qu'en friction, la dose fonctionnait une semaine, je m'en suis aperçu bien après, quelques mois plus tard. ça lui évitait des effets désagréables. J'avais du oublier de préciser que c'était pour freiner la surdose... Bref la friction est une prise a part entière, peut-être que pour les plus sensibles...
Avatar de l’utilisateur
par fantine
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#62455
Bravo et merci à Annick ! ! ! C'est clair , complet - limpide . Y'a plus qu'à . . . ;)
par laurentie
Etudiant
#62483
Merci pour ce récap important !
Je me pose pourtant une question ; dans le cas de l'utilisation de la friction en complément des prises orales vous dites que l'on fait deux secousses de la bouteille et on prend une goutte pour la friction ... méme si l'on est en dilution dans un ou plusieurs verres d'eau ?
par exemple je suis à donner une goutte de la bouteille diluée dans un verre d'eau ,une goutte du verre , je fais la friction avec la dilution du verre ou directement de la bouteille mère ? Parceque admettons que la sensibilité est telle que l'on est obligé de prendre plusieurs verres de dilution , est ce que dans ce cas la friction avec la bouteille mère n'est pas trop forte ?
par Terrasienna
Staff
#62487
oui Laurentie, perso je n'ai jamais dilué la friction, car je considère que sinon il n'y a pas assez en quantité. Cela se discute pour les personnes qui ont besoin de 5 verres de dilution pour la prise par exemple.
Cyril, j'ai le sentiment que la friction est particulièrement indiqué dans les cas d'asthme, ou d'hyper réactivité bronchique, avec un cas d'amélioration à 50 % de l'asthme, rien qu'avec des frictions. Cela colle et cadre avec le miasme tuberculeux.
En revanche, je pense malgré tout que dans la durée, un point de bascule apparaît où la personne revient à des quantités de doses plus "normales" sinon le miasme tuberculeux (voire syphilitique) n'a pas été éradiqué.
par Terrasienna
Staff
#62488
Probablement que le même mode de raisonnement s'applique aux sycotiques, qui ont besoin de quantités de doses bien plus importantes, jusqu'à ce que le miasme s'affaiblisse et qu'on revienne à des quantités moindres
MM : arsenicum - iodatum

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