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par Edouard Broussalian
Staff
#1555
Les insolations répondent très rapidement à Belladona., Gelsemium., Glonoinum. , Natrum-carbonicum., selon les symptômes.

Phosphorus. a pu faire revenir a lui un électrocuté.

Lachesis. un asphyxié.

Dans le collapsus, il faut avouer qu'en fait d'urgence, du moment où on nous appelle pour un malade évanoui, jusqu'a celui où nous l'atteignons, il arrive presque toujours que c'est passé, - comme pour bien des cas d'urgence du reste. Aconit., Opium., Moschus. , Camphora. , Veratrum album. , Ammonium-carbonicum., Hydrocyanic-acidum., administrés selon les modalités du malade, soit par la bouche, soit en olfaction, le font revenir à lui. Il m'est arrivé d'utiliser aussi des applications chaudes, des flagellations froides, de petits lavements de café.

Même dans une hernie étranglée, avant le transport pour l’opération, Nux vomica fera souvent beaucoup plus que la morphine - qu'on considère aujourd'hui comme dangereuse dans les affections abdominales - car alors le malade ne se défend plus et la péritonite augmente, - ce que j'ai observé dans plusieurs cas personnellement.

Dans les coliques hépatiques je n'ai jamais fait de morphine. Si l’indication est nette, Belladona., Colocynthis. , Dioscorea. , Natrum-sulfuricum. Chelidonium., ou Mercurius., calment dans les 5 à 20 minutes. Souvent, j’applique la spondylothérapie qui réussit dans les quelques minutes -et ne laisse jamais le malade dans l’état où la morphine le met: avec la constipation, la diminution des urines et des sueurs, la langue pâteuse, avec nausées.

Dans les calculs du rein, Atropinum., Pareira brava, Berberis, associés ou non avec la spondylothérapie, agissent de suite et espacent les crises, permettant ensuite de traiter le malade en recherchant son remède constitutionnel.

Pour les péritonites diverses et les appendicites, je vous renvoie a mon travail de Londres, où je démontre que dans l'appendicite aiguë, suraigüe, même avec perforation en coup de pistolet, l'homéopathie agit et donne des résultats superbes - et peut sauver le malade, - alors qu'un transport peut être fatal ou l'opération se révéler avoir généralisé la péritonite et favorisé le décès - parce que opéré trop tard, comme on dit toujours.

Dans tous ces cas abdominaux aigus, l’homéopathie peut agir immédiatement ou très rapidement pour calmer la douleur -mais il est vrai qu'il est des moments tragiques où le médecin se trouve parfois devant de graves dilemmes; la encore, c'est expérience, confiance, courage, qui décident de la marche a suivre... Combien d'appendicites opérées qui n'en sont pas! Mais nous n'avons pas le temps d'entrer dans la discussion de "L'abdomen aigu" qui a été examinée en détail au Congrès de Londres.

Dans l'occlusion intestinale, avant l'opération, combien ne soulage-t-on pas son malade avec Op, ou Rhus. Ce remède me rappelle le beau cas cité par Carleton dans son livre: "L'Homéopathie dans la Médecine et la Chirurgie".

Dans l'œdème aigu du poumon, Antimonium-arsenicosum., Antimonium-tartaricum., Ammonium-carbonicum., Arsenicum ou Phosphorus., sont les remèdes les plus fréquemment indiqués dans ces états graves, et leur action souvent rapide permet ensuite de rechercher le remède curateur - car n'oublions pas que l’on peut aussi faire de la palliation avec l'homéopathie - comme Hahnemann et Kent l'ont exposé.

Dans les vomissements incoercibles, Apomorphinum. , ou Ipeca, - si la langue est propre - ou Cocculus indicus. , - s'ils sont accompagnés de vertiges, etc., réussissent admirablement; en général, on les administre a la 30ème ou a la 200ème, 1 dose après chaque vomissement - et il n'est pas rare de les voir céder après 3 ou 4 doses déjà.

Dans l'éclampsie, Cupr., ou Bell., ont donné des résultats rapides a des confrères américains: personnellement, je n'en ai pas l'expérience.

Faut-il rappeler ici ce cas de malaria d'une jeune Arabe, dont je possède un beau buste dans ma salle d'attente ? et qui fut publié dans le livre du Congrès de Genève en détail. Malade traitée par des Professeurs à Berlin et qui s'était révélée "quinino-résistante": seul le 606 en injections avait diminué la longueur des accès - mais ne les avait nullement supprimés. J'observai la malade un jour entier pour suivre toute l'évolution de sa crise, et étudiai son cas le lendemain; j'assistai ensuite à deux crises, mais modifiées par Nux-vomica XM - puis la guéris définitivement de ses hématozoaires après une seule dose de Natrum-muriaticum. XM - guérison qui s'est maintenue depuis près de 15 ans

Il existe du reste un volume sur l'homéopathie d'urgence, par Sieffert, édité en 1900 - ainsi que des articles publiés dans notre littérature, entre autres par Stearns en Amérique, et Weir en Angleterre: Notre littérature fourmille de cas d'urgence traités par l'homéopathie avec succès, et avec une rapidité quelquefois foudroyante !

Je ne puis passer sous silence ce cas où, appelé d'urgence en hiver à Pinchat, j'y allai avec une voiture qu'il fallut mettre en marche a l'aide d'une manivelle... En arrivant, une dame m'ouvrit la porte en tablier blanc, l'air affolé, me supplia de la suivre immédiatement au premier étage: j'entendis des cris et, distinctement: "de l'eau, de l'eau..." et je vis un homme de 45 ans, au visage rouge et congestionné, qui avait des convulsions cloniques des membres supérieurs, et qui hurlait: "de l'eau, de l'eau" Eh bien Messieurs, le temps de me tourner, d'ouvrir ma trousse homéopathique d'urgence et de donner quelques globules de … oui, du remède indiqué, sur la langue que m'offrait cette bouche ouverte, puis de me retourner pour remettre mon tube dans la trousse: un bref espace de 6 secondes au maximum - et les bras retombaient inertes, suivi d'un gros soupir...

Le malade aux yeux hagards se tourna vers moi au moment où je lui dis: "Eh bien que dites-vous des remèdes homéopathiques ?" J'entendis alors: "Ah c'est vous, Docteur ! Eh Bien ! vous en avez une sacrée foi "...

J'avais une seconde hésité a donner Stramonium., ou Hyosciamus. ou Belladona., mais le malade n'était pas découvert - j'appris qu'il avait 40° de fièvre - : c'est pourquoi j'éliminai Hyosciamus.; je ne trouvais pas la violence suffisante pour Stramonium.; mais

la tête en arrière,

ses yeux fixes,

cette tête roulant sur l'oreiller,

me décidèrent et me firent donner Belladona. 200 une seule dose.

Pendant 4 jours, le diagnostic fut impossible à déterminer: rhumatisme cérébral ? méningite ???

Une consultation avec un confrère permit - le 5ème jour seulement - de trouver un foyer de broncho-pneumonie; le malade reçut alors Rhus-tox. XM, et guérit en moins dune semaine !

L'homéopathie a une action d'une rapidité incroyable dans certains cas - et je ne relaterai pas ici tous les maux de dents arrêtés en quelques minutes - ou même en quelques secondes -par nos remèdes. C'est même l'odontalgie qui est la pierre de touche permettant de prouver a un allopathe souffrant l'activité ultra-rapide de nos médicaments

Un jour, à Boston, je dînais avec le Dr. Woodburry et sa femme - qui fut prise, au milieu du repas, de douleurs atroces de sa première molaire droite inférieure, au moment de boire une gorgée d'eau froide. La malade se tenait la joue et gémissait: la douleur était tapante. Que faire ? Bell., Cham., Merc., furent proposés - mais je demandai un répertoire - et en 2 minutes exactement nous avions vu que Kali-c., Phos. , Staph., possédaient ces caractéristiques, mais que seul Staph., les possédait toutes au plus fort degré. Staphysagria. 200. calma la malade en 15 secondes -et le repas se termina dans l'allégresse et la glorification de l'action prodigieuse des remèdes homéopathiques.

Et je n'oublie pas l'impression que m'avait faite le Dr. Barlee, en Angleterre, lors de mon premier voyage a l'étranger, quand appelé a voir un cas d'urgence d'un enfant souffrant de croup, il me dit: "Je prends ma trousse d'urgence qui comporte 100 remèdes, tous à la 200ème dilution." Eh bien ! Messieurs, dans mes diphtéries, j'emporte, ainsi que dans tous mes cas d'urgence, la même trousse: Je possède 240 remèdes qui me rendent les plus grands services - et j'affirme avec la plus grande énergie:

"qu'en se basant sur l'enseignement d'Hahnemann on peut en cas d'urgence et d'extrême urgence donner des remèdes homéopathiques, trouver le remède le plus approprié parmi ceux qui sont typiques des affections considérées, grâce a une individualisation faite rapidement, par un simple appel direct a son centre de "Wernicke" - sa substance grise - si toutefois celle-ci a été imbibée des connaissances homéopathiques appropriées en matière médicale, en philosophie et en répertoire."

Dans les cas d'urgence et d'extrême urgence, nous pouvons dire que l'homéopathie a des possibilités plus étendues que l'allopathie, sans en présenter les dangers: qu'elle peut agir plus rapidement, sans stupéfier les malades, ni ajouter une intoxication à la maladie déjà existante.

S'il est des cas où nous avons eu - ou si nous devons encore avoir recours a des moyens allopathiques, c'est la preuve de l'insuffisance de nos connaissances homéopathiques: car j'ai la conviction qu'un médecin plus avisé trouverait le remède que nous me connaissons pas. Du reste, ce qu'au début de notre pratique nous ne pouvions faire, nous arrivons maintenant à le réaliser. Eh puis ; la lecture de notre abondante littérature nous le prouve presque tous les jours, d'autres homéopathes ont réussi des cures brillantes et rapides.

Tous nos cas d'urgence doivent devenir, pour chaque homéopathe consciencieux, l’occasion de prouver que non seulement il peut se passer des drogues allopathiques, mais que le remède homéopathique peut être déterminé rapidement et produire des effets immédiats, car c'est notre devoir de nous perfectionner tous les jours davantage dans notre inégalable thérapie en nous répétant sans cesse le précepte d'Hahnemann:

"Quand il s'agit de l'art sacré de guérir, négliger d'apprendre est un crime."
par vbouan
#1875
J'aimerais savoir trouver ces remedes devant le cas.

J'ai ete aupres d'un cas d'Occlusion intestinales et j'ai du mal a voir Opium et Rhus tox se degager dans une repertorisation (semblant de rep que je fais maintenant, donc bien sur partielle).
Abdomen - obstruction dans le repertoire de Kent ne presente que "sensation of" et "after "surgical operation".
Il n'y a pas l'haleine "fecale odor".

Ed, vous nous apprendrez a traiter les aigus ?

Veronique B.
par didier
-
#1877
vbouan a écrit :J'aimerais savoir trouver ces remedes devant le cas.

J'ai ete aupres d'un cas d'Occlusion intestinales et j'ai du mal a voir Opium et Rhus tox se degager dans une repertorisation (semblant de rep que je fais maintenant, donc bien sur partielle).
Abdomen - obstruction dans le repertoire de Kent ne presente que "sensation of" et "after "surgical operation".
Il n'y a pas l'haleine "fecale odor".

Ed, vous nous apprendrez a traiter les aigus ?

Veronique B.
Il me semble qu'il faut utiliser "inactivité", "absence de besoin" pour trouver
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par Edouard Broussalian
Staff
#1879
vbouan a écrit :J'aimerais savoir trouver ces remedes devant le cas.

J'ai ete aupres d'un cas d'Occlusion intestinales et j'ai du mal a voir Opium et Rhus tox se degager dans une repertorisation (semblant de rep que je fais maintenant, donc bien sur partielle).
Abdomen - obstruction dans le repertoire de Kent ne presente que "sensation of" et "after "surgical operation".
Il n'y a pas l'haleine "fecale odor".

Ed, vous nous apprendrez a traiter les aigus ?

Veronique B.
Bien sûr Vero

Oublie le diagnostic d'occlusion et regarde la malade. Ca va venir, on va étudier plein de remède aigus, la lecture des Grippes et pneumonies vous fera à tous du bien.
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par Edouard Broussalian
Staff
#3986
Christine a écrit :Et la flagellation froide ?????? :-o
Fantasme pas ! Ca veut dire qu'on te balance des seaux d'eau froide je pense.
katherine09 a écrit :Spondylotherapie? Éclairé ma lanterne
Aucune idée ;-)
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par jodamour
Etudiant
#3987
Je vais déménager cette année a Weir dans les Laurentides au Québec , je suis bien contente de savoir que c'était un homéopathe. :-o IL n'y a pas de hasard...
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par Edouard Broussalian
Staff
#3988
jodamour a écrit :Je vais déménager cette année a Weir dans les Laurentides au Québec , je suis bien contente de savoir que c'était un homéopathe. :-o IL n'y a pas de hasard...
Médecin de la Reine en plus. La classe suprême pour un rosbif non?
par pepelesorties
-
#12857
Bonjour à tous,

Voilà, j'ai une question: pourquoi certains, comme le docteur Pierre Schmidt, donnent-ils de hautes dilutions dans les cas aigus ?
Dans les cas chroniques, où il s'agit d'agir sur le terrain, donc d'administrer au patient le remède homéopathique des symptômes avec une puissance énergétique plus forte que la maladie elle-même, je comprends que l'on ait recours à des 30 ch, à des 1000, 10000, 50000 K.
Mais dans les cas aigus, pourquoi vouloir aller taper si fort avec des remèdes aussi puissants lorsque des 9 ch ou même des 4 ou 5 ch seraient peut-être suffisantes et aussi effectives ?

N'y-a-t-il pas de risque chez un patient dans un état aigu sérieux à administrer des remèdes ayant une telle puissance énergétique ?
#42074
Je réponds à la question plus de deux ans après, même si tout est dans les cours.
Un aigu aussi massif, violent, qu'une occlusion, une méningite, ne pourra pas être traité avec des doses inférieures à 200K. Les LM1 et 2 à la rigueur pourraient suffire, mais une 4 ou 5 CH et on perd le malade. Il faut à la fois une quantité suffisante de dose, et surtout une dynamisation suffisamment élevée pour enrayer une forme de "tsunami". Une 4 CH sur des épisodes aussi violents revient à vider à la petite cuillère la brèche d'eau du Titanic. Si on veut une chance de guérison, il faut des seaux, voire une pompe! Déjà à l'époque de Hahnemann, il fallait une 30 CH pour traiter une coqueluche, or les niveau de santé étaient bien meilleurs, et la pollution plus basse. Aujourd'hui, il est nécessaire de taper plus fort pour avoir les même résultats.

https://www.youtube.com/watch?v=ZeSHT87hzC4 Eva

Merci pour ce partage !

Pour moii, la solution est plutot Par là, m[…]