Avatar de l’utilisateur
par Edouard Troesch
-
#9633
Aconitum napellus
Acon


Introduction
L'aconit napel (Aconitum napellus subsp. napellus) est la sous-espèce type de l'espèce Aconitum napellus qui
appartient à la famille des renonculacées. Le genre Aconitum regroupe quelques 350 espèces et seules quatre
d'entre elles sont présentes en France :
- Aconitum napellus ou aconit napel
- Aconitum vulparia ou aconit tue-loup, à fleurs jaunes et à racine non tubérisée
- Aconitum anthora ou aconit des Alpes, à fleurs jaunes et nettement moins toxique que les deux précédentes car elle ne contient pas d'aconitine mais de l'atisine
- Aconitum variegatum, à fleurs bleues, blanches ou ponctuées
Noms communs : capuchon de moine, coqueluchon, gueule de loup, napel, pistolet, sabot du pape, tue-loup,
casque de Jupiter, char de vénus, madriette. Le nom de la plante vient du Grec « aconiton » qui est une
plante ayant servi à empoisonner les loups et du latin « napellus » pour navet par allusion à la forme du
tubercule.

C'est une plante de 50 cm à 1,5 m de haut, vivace par une racine tubérifiée en forme de navet avec de
grandes feuilles d'un vert sombre découpées en segments très étroits. La racine comprend habituellement
deux tubercules : le tubercule principal (tubercule-père) qui porte la tige et un tubercule secondaire
(tubercule-fils) de taille plus modeste. Au fur et à mesure de la floraison le tubercule principal va dégénérer
tandis que le tubercule secondaire va grossir, c'est ce dernier qui va accumuler les substances de réserve pour
l'année suivante et qui assurera la pérennité de l'espèce. Les fleurs sont en forme de casques de couleur bleue
ou violette et réunies en grappe serrée au sommet de la tige. La floraison a lieu de juillet à octobre. Elle est
commune surtout dans l'hémisphère Nord dans les régions montagneuses et les zones humides à partir de
1800 m d'altitude (bois et prés humides, berges des torrents, bords des sentiers rudéralisés, environs des
cabanes de bergers et des reposoirs à bestiaux).

C’est une plante extrêmement toxique, la plus toxique de France et certainement l'une des plus toxiques de la
flore d'Europe tempérée, pouvant être létale même à faible dose. Le simple fait de cueillir la plante suffit à
provoquer des dermites. Il faut impérativement éviter de la cueillir sans gants imperméables car son poison
pénètre par la peau, on a vu des intoxications légères provoquées par le suc des tiges de fleurs récoltées en
vue de faire des bouquets. On cite même certains cas de « miel toxique ». L'empoisonnement par cette
plante a été décrite dès 1845 mais Pline faisait déjà paraître l'aconit napel comme « arsenic végétal » et
Avicenne, au Xème siècle, a prouvé sa toxicité. Toutes les parties de la plante renferment des alcaloïdes
diterpéniques de structure complexe (aconitine, hypaconitine, mésaconitine, lycaconitine, néopalline,
napelline, néoline) mais ils se concentrent principalement dans la racine. Leur teneur (0,5 à 1,5 %) varie en
fonction du stade du cycle végétatif de la plante (avec un maximum au moment de la floraison) et de
l'origine géographique. L'alcaloïde majoritaire est l'aconitine mais il varie chez les autres espèces d'aconits.
Comme tous les alcaloïdes, le squelette de l'aconitine comprend un cycle azoté. La formule brute est
C34H47NO11. Cet alcaloïde dérive d'un autre alcaloïde de la plante, l'aconine, par estérification avec un groupe
acétyle et un groupe benzoyle.

L'intoxication reste exceptionnelle en France où la plante est assez rare, elle peut être accidentelle ou
suicidaire. Par contre elle est beaucoup plus fréquente en Chine où l'on rencontre de nombreuses espèces
d'aconits car la Pharmacopée Chinoise fait un usage assez large des aconits. Les chinois prennent cependant
bien garde à préparer les tubercules en les faisant bouillir longuement dans l'eau afin d'en atténuer
grandement la toxicité, seules les racines ainsi traitées sont utilisées. Dans les pays orientaux, les intoxications
peuvent donc être liées à un mauvais usage de médicaments traditionnels ou à une mauvaise préparation de
ces remèdes. Cependant l'utilisation de l'aconit à des fins criminelles n'est pas rare...
Il faut également remarquer que l'on recontre un certain nombre d'intoxications par les aconits dans les
pays occidentaux parmi la diaspora chinoise qui continue à utiliser ces remèdes traditionnels, mais aussi chez
des sujets occidentaux qui cherchent à se soigner par la médecine chinoise.

Les doses toxiques d'aconitine sont très faibles chez l'homme de l'ordre de 3 mg, il s'agit d'un des toxiques
végétaux les plus puissants connu à ce jour. On considère que la survie est possible, avec un traitement
adapté, pour des doses comprises entre 5 et 10 mg. Pour la racine, on considère que la dose mortelle est
comprise entre 2 et 4 g. L'intoxication proprement dite se fait par ingestion, elle survient très vite, la racine
constitue la partie la plus dangereuse de la plante. Les signes précurseurs de l'intoxication sont des sensations
de fourmillement au niveau de la bouche et de la langue, puis de la gorge, de la face et des membres. Ensuite
viennent des sueurs, une mydriase, une hypersalivation, des angoisses, des vertiges, une sensation de
faiblesse musculaire et de refroidissement qui s'emparent du sujet. Dans un dernier temps on assiste à des
vomissements, des diarrhées et des troubles graves du rythme cardiaque avec collapsus et arrêt du coeur en
diastole. La mort survient au bout d'une demi-heure à une heure par asphyxie, la conscience n'est à aucun
moment altérée. L'aconitine paralyse les terminaisons nerveuses périphériques ainsi que les centres bulbaires
de la respiration.
Il n'existe pas d'antidote spécifique, le traitement repose sur l'évacuation précoce du toxique quand cela est
possible et sur la surveillance cardio-respiratoire de l'intoxiqué en unité de soins intensifs. Lors de ce type
d'intoxication le pronostic vital est en jeu, il conviendra toujours d'agir vite, mais malgré tout le pronostic
reste sombre car les troubles du rythme cardiaque peuvent évoluer inexorablement vers la mort du sujet
malgré toutes les techniques de réanimation mises en oeuvre.

Les aconits sont utilisés traditionnellement comme plantes médicinales dans les pharmacopées occidentales
et chinoises. S'ils restent assez largement employés dans les pays orientaux, leur emploi est pratiquement
abandonné aujourd'hui dans les pays occcidentaux en raison de leur toxicité. Les aconits sont habituellement
utilisés pour diminuer les battements cardiaques et abaisser la pression artérielle, pour réduire l'inflammation,
entre dans la composition de mélanges de plantes contre la douleur (rhumatismes, goutte, sciatique, douleur
dentaire, névralgies rebelles notamment faciales), mais aussi dans des sirops composés et des pâtes destinés
au traitement des toux sèches.

Les aconits sont aussi connus depuis fort longtemps pour leurs propriétés toxiques et qu'on les utilisait
comme poisons de flèches tant en Europe dans l'antiquité (le tue-loup rappelle cet usage), que dans les pays
asiatiques. Ainsi en Chine, les tribus enduisaient leurs flèches d'un poison obtenu à partir d'Aconitum ferox,
tandis qu'au Japon on utilisait comme base des poisons sagittaires, Aconitum japonicum, poison si
redoutable qu'un ours touché d'une flèche ne pouvait parcourir plus de deux cents mètres avant de tomber
mort. En Asie, les soldats versaient de l'aconit dans l'eau après leur passage pour empoisonner l'ennemi.
En homéopathie, on prépare la teinture-mère avec la plante entière récoltée au mois d'août, vers la fin de la
floraison. On peut aussi faire des triturations avec la plante séchée, mais cette préparation n'est pas aussi
fiable que la teinture-mère. La pathogénésie a été réalisé par Hahnemann et fait partie de la Matière
Médicale Homéopathique Pure de 1834.

Image

Tableau mental
Agitation extrême et peur dans les états aigus
Attaques de panique, peur intense et inexplicable avec palpitations et sensation de picotement fourmillant
dans tout le corps, mais surtout dans les extrémités. Pressentiment de mort, peur de la mort dont il prédit
l'heure. Souvent après une expérience effrayante (accident de voiture dans un tunnel, peur intense, avoir été
coincé dans un ascenceur ou témoin d'un accident) mais parfois sans lien connu (événement trop éloigné
dans le passé). Peurs diverses : de la mort, d'un malheur menaçant, de l'obscurité, de sortir, d'aller dans la
foule, dans des espaces clos, de traverser une rue. Désir de compagnie.

Portrait minute
Chez le nourrisson
Agitation avec expression anxieuse suite d'un accouchement difficile, anxiogène et provoqué. Hypersensibilité
à tous stimulus (douleur, lumière, bruit) qui fait sursauter ou crier (grand réflexe de Moro).
Nouveau-nés stressés et asphyxiques en détresse respiratoire.
Rétention d'urine après souffrance foetale. Convulsions et ictère important après accouchement traumatique.
Dentition avec toux, fièvre, diarrhée et convulsions.

Chez l'enfant
Enfant nerveux, prudent et affectueux. Nombreuses peurs paniques. Agitation permanente avec hâte,
précipitation, impatience. Travailleur, persévérant avec besoin d'activité.
Hypersensiblilité : sursaute au bruit et pendant le sommeil, aversion pour le bruit, la musique et la lumière, ne
tolère pas de contrariétés, colères violentes pour des riens.
Phases de gaieté, d'hilarité, d'extase alternant avec de la tristesse.
Audacieux, courageux, impétueux, désobéissant, capricieux. Affectueux, sentimental, rêveur.
Précocité psychomotrice et intellectuelle, imaginatif, vif. Clairvoyance.

Chez l'adulte
Sujet pléthorique, sédentaire, agité et anxieux avec besoin de bouger.
Triste en entendant de la musique qu'il ne supporte pas. Troubles de la mémoire avec impression que les
choses accomplies ont été rêvées. Difficultés de concentration.

Symptômes caractéristiques

Soudaineté et violence des affections
Expression d'anxiété intense chez une personne pléthorique et robuste.
Douleurs intolérables qui rendent fou, font crier et hurler. Se jette de tous les côtés, ne veut pas être touché.
Sensation d'engourdissement et de brûlure
Douleur brûlantes internes. Les parties atteintes semblent engourdies, hypertrophiés. Brûlure, picotement
fourmillant, picotement ou fourmillement.

Tropisme cardiaque

Circulation accélérée comme si le coeur avait reçu un coup de fouet.
Visage rouge, chaud avec battements des artères temporales et carotidiennes en étant couché mais d'une
pâleur intense en se redressant avec tendance à la syncope. Visage avec une joue plus rouge que l'autre.
Eréthisme cardique avec battements très violents, douleurs angoissantes dans la région précordiale irradiant
parfois dans le bras gauche et peur de la mort. Engourdissement du bras gauche empêchant presque de
bouger la main. Douleur et fourmillement dans les doigts. Angor à début brutal après un coup de froid ou
chez les fumeurs. Coeur forcé des sportifs. Hémorragies actives de sang rouge brillant.

Tropisme digestif

Troubles survenant après un coup de froid ou après l'absorption d'eau glacée pendant que l'on a très chaud.
Douleurs abdominales aiguës, violentes, brutales obligeant à se plier en avant mais ne sont soulagées par
aucune position. Diarrhée avec selles verdâtres, hachées comme des épinards avec des glaires et parfois du
sang avec ténesme et besoin urgent. Amélioration après la selle.

Tropisme génital

Troubles aigus avec suppression des règles après un refroidissement ou une émotion.
Troubles chroniques avec rougeur du visage, palpitations, épistaxis pendant les règles, douleurs violentes
avec agitation et anxiété pendant les règles. Leucorrhée abondante, jaune, visqueuse les jours suivants. Règles trop abondantes ou remplacées par des épistaxis.
Accouchement pénible, long, douloureux avec agitation, peur et pressentiment de mort (les soins sont jugés
inutiles), convulsions, hémorragies et hyperthermie.

Tropisme oculaire

Yeux injectés, douloureux, larmoyants après exposition au froid sec. Sensation de sécheresse et de brûlure
avec démangeaisons comme s'ils contenaient du sable. Paupières gonflées, brûlantes, rouges.
Hypersensibilité à la lumière. Iritis rhumatismal.

Symptômes généraux
Modalités
Aggravation :la nuit vers minuit ; par la chaleur ; par le bruit et la musique ; allongé sur le côté douloureux ou
gauche ; par le tabac
Amélioration : par le plein air ; par la transpiration

Alimentaires

Désir : de boissons froides ; de boissons amères ; d'acides ; d'alcool (vin, brandy, bière, whisky)
Aversion : pour le tabac

Etiologies
Refroidissement brusque (exposition au vent froid et sec, après avoir transpiré, après s'être mouillé les pieds,
après avoir bu de l'eau glacée par temps chaud, nuit fraîche suite à un jour chaud ; émotions fortes (frayeur,
choc, contrariété) ; dentition ; suppression d'un écoulement ou d'une élimination (coryza, éruption, règles,
transpiration, hémorroïdes) ; opérations chirurgicales ; insolation ; altitude

Indications cliniques
Affections aiguës fébriles
Début soudain et violent des symptômes chez une personne de type solide et vigoureuse suite à une
exposition au froid sec. Agitation intense avec pressentiment de mort. Peur de la mort engendrée par la
violence des symptômes et les phénomènes hyperalgiques (gémit, hurle et crie tant il a mal). Besoin d'être
rassuré et grande dépendance de l'entourage. Irritabilité avec colère pour des riens et indifférence aux autres
car il souffre trop. Visage rouge en position couché et pâle en se rederessant avec évanouissements. Fièvre
intense avec chaleur brûlante qui s'étend depuis la tête et le visage, désir se découvrir. Chaleur des mains,
paumes brûlantes avec froideur des pieds. Absence de transpiration, soif brûlante pour de grandes quantités
d'eau froide. Goût amer des aliments. Pupilles contractées. Aversion pour la lumière et le bruit. Aggravation à
minuit avec réveil soudain en proie à une anxiété extrême.
Une rétention d'urine chez les enfants au début d'un état fébrile indique formellement Acon.
Angine avec amygdales enflées, gorge rouge foncé, douleurs brûlantes et sensation de picotements.
Coryza peu fluent avec éternuements fréquent, persistants et obstruction des narines.
Laryngite de début très brutal chez un enfant qui a pris froid dans la journée. Hurle, crie à cause des douleurs
(larynx très endolori, toux croupale très douloureuse). Visage anxieux avec agitation et peur. Toux rauque,
violente et presque immédiatement suffocante. Saisit sa gorge à chaque accès de toux. Sensibilité du larynx
au toucher. Muqueuse comme à vif à l'inspiration d'air.
Otite avec douleur de battement dans l'oreille gauche qui est rouge, chaude, gonflée avec sensation d'une
goutte d'eau brûlante dans l'oreille. Hypersensiblité au bruit, la musique est insupportable.

Céphalée
Suite d'exposition au soleil, de suppression des règles ou après avoir pris froid.
Mal de tête congestif avec plénitude comme si un poids était poussé hors de la tête au niveau du front.
Fourmillement aux joues avec sensation que le visage est agrandi. Hypersensibilite à la lumière et au bruit qui
semble pénétrer les membres. Battements violents du coeur, des artères, des tempes avec fièvre, angoisse et
peur. Sensation que les globes oculaires sont trop gros et sortent des orbites ou d'ondulation avec chaleur
intense. Amélioration au plein air et aggravation par la chaleur.

Névralgie faciale
Violente congestion de la moitié douloureuse avec rougeur et gonflement. Douleurs très intenses poussant
au désespoir avec fourmillement et engourdissement de la région atteinte.

Sciatique
Engourdissement et démangeaisons le long du nerf. Douleur de meurtrissure dans les articulations coxo-fémorales surtout après avoir dormi ou être resté couché.

Confusions courantes
Belladonna
Acon rivalise avec Bell pour ce qui est de la soudaineté et de la violence des symptômes dans un contexte
fébrile. Mais Acon est indiqué dans les suites d'une exposition au froid sec alors que Bell c'est après s'être
mouillé ou par temps humide. Acon ne transpire pas et désir se découvrir contrairement à Bell qui transpire
et ne veut pas se découvrir. Enfin, Acon présente une agitation avec peur de la mort et anxiété extrême qui
est absente chez Bell.

Glonoinum
La confusion est possible en aigu lors d'un coup de soleil ou d'une menace d'apoplexie. On trouve la peur de
la mort, des phénomènes congestifs, un tropisme cardiaque (douleur, palpitations), un engourdissement des
membres, un désir de boissons froides. Mais Glon est aggravé par la chaleur alors que Acon est amélioré. De
plus l'aggravation à minuit est absente chez Glon, ainsi que l'agitation et l'anxiété extrême.

Kalium bromatum
Confusion possible lors d'une laryngite chez un enfant qui semble aller bien pendant la journée et qui la nuit
se retrouve tout agité, le visage rouge et transpirant avec de la peur. Mais Acon est un enfant de type solide
et vigoureux, constitution qui est l'opposée de celle des enfants Kali-br. La laryngite de Kali-br ne s'installe
pas avec autant de soudaineté et de violence que celle d'Acon. Dans Acon, la peur est engendrée par la
violence et les phénomènes algiques alors que dans Kali-br c'est un état de peur sans rapport avec l'affection,
mais à cause d'un état nerveux particulier. Acon est un remède hyperalgique, le tableau est dominé par la
douleur (hurle, crie) alors que dans Kali-br on a la surprise de constater l'absence de douleur malgré une toux
de sonorité aboyante digne d'un vrai chien. La différence n'est parfois pas facile à faire et parfois seul l'échec
d'Acon (qui doit agir en quelques minutes) fait penser ensuite à Kali-br.

Latrodectus mactans
Les deux remèdes ont en commun les mêmes douleurs précordiales violentes irradiées au bras gauche qui est
engourdit avec une peur de mourir, un visage anxieux et une agitation extrême. Mais Lat-m présente une
peur de perdre haleine, qui est absente chez Acon. De plus, Lat-m hurle de frayeur alors que Acon hurle à
cause des douleurs.

Relations
Coffea cruda
Acon et Coff doivent en effet être systématiquement évoqués devant toute situation algique aiguë d'autant
plus qu'ils se complètent mutuellement.

Sulphur

Acon est nécessaire chez un sujet Sulph quand il est soumis à un choc violent que ce soit une frayeur ou un
refroidissement brutal.
Sulph s'impose en général comme complémentaire d'Acon pour terminer de traiter un cas quand de
nouveaux symptômes apparaissent et qu'ils couvrent les signes de Sulph.

Cas cliniques
Cas 1 - Crises d'angoisse - Dr Pierre Reyes
M G. André , 55 ans, consulte en décembre 97 avec sa femme.
Il présente depuis plusieurs mois des crises d'angoisse qu'il décrit de la façon suivante : « d'un coup, j'ai une
bouffée de chaleur qui m'envahit et gagne tout le corps avec une forte oppression sur la poitrine et des
sueurs. J'étouffe. J'ai de fortes palpitations, des fourmillements dans les mains et sur le visage. Ça m'arrive
surtout à la maison quand je suis seul, vers le soir. En pleine crise, j'ai besoin de marcher et de sortir sur la
terrasse. Je ne supporte pas cette angoisse, ça me rend fou, j'ai peur que ça me prenne au boulot ou en
voiture ». Les crises ont commencé en février 1996 après une intervention pour anévrysme de l'aorte
découvert 1 mois auparavant. Le chirurgien avait jugé préférable d'intervenir. L'opération elle-même s'est
bien déroulée. Au réveil en salle de réanimation, il a fait sa première crise d'angoisse : « J'ai cru que j'allais
mourir ». Sa femme confirme les faits et précise : « je pense qu'il a eu très peur ».
Depuis, les crises surviennent presque tous les jours. Il n'est jamais bien. Il a vu plusieurs médecins
généralistes et psychiatres qui ont successivement prescrit en l'espace de 18 mois divers anxiolytiques,
sédatifs, et même en dernier lieu des antidépresseurs. Pas de résultat notable sauf que le Lexomil soulage
l'anxiété pendant la crise. Il en prend souvent. Il désespère d'être un jour à nouveau comme avant.
Antécédents :
· primo-infection à 19 ans, a séjourné en sanatorium
· Amygdales à 35 ans (a fait une hémorragie post-amygdalectomie)
· albumine dans les urines
· Luxation de la rotule d'origine traumatique à 40 ans
· en 3/95 hernie discale opérée
· frère : hémiplégie à la naissance
Regard anxieux, se sent dépressif, inquiet pour des broutilles, notamment se sent submergé par de petites
tâches professionnelles ou par le bricolage à la maison. « Je perds pied assez vite, je m'emporte ».
Peur d'avoir un accident, de ne pas être à la hauteur. Pas de désir alimentaire notable sauf qu'il mange vite et
nombreux gaz dans l'après-midi.
Sommeil léger avec réveil en sursaut 1 à 2 fois par nuit. Somnambule depuis l'enfance. Mal à la tête par le
vent. Vertige des hauteurs. Crampes à la cuisse jambe droite depuis l'opération de la hernie discale. Il signale
des picotements sur les mains et les bras avec un tressaillement des joues au coin des lèvres.
D'abord, deux éléments étiologiques probables : une grosse frayeur et complications après une intervention
chirurgicale.
La crise d'angoisse ou de panique est marquée par un début brutal une invasion subite comme une bouffée
de chaleur ou un afflux de sang qui gagne tout le corps un sentiment d'anxiété mêlé de peur avec regard
anxieux une agitation poussant à sortir et à marcher ce qui semble améliorer l'état général.
Sur le plan répertorial, cela donne : soudaineté des manifestations - afflux de sang brutal - anxiété avec peur -regard anxieux - amélioration par la marche - amélioration au plein air
Un symptôme concomitant curieux : des picotements, des fourmillements que le patient décrit
spontanément, ressentis dans diverses parties du corps notamment au niveau des mains et du visage (lèvres
et joues).
On peut retenir aussi le pressentiment de la mort certes exprimé a posteriori par le patient mais qui semble
coller avec le remède.
Les autre symptômes (comme somnambulisme, désespoir de guérir, anxiété en hauteur …) font partie du
remède mais ne sont pas au premier plan chez notre patient.
J'ai prescrit Acon en 200 K.

Trois semaines plus tard, M. G André vient me revoir car les crises ont repris après une période de nette
amélioration de son état d'anxiété. Les symptômes sont semblables à ceux de la première consultation mais
sont atténués. Je prescris Acon MK.
En mars 98 : nette amélioration pendant deux mois. Beaucoup moins de crises. Le visage est détendu, il
plaisante facilement. Pas de prescription.
En Juin 98 : à nouveau des crises d'angoisse mais plus faibles. Pas d'apparition de nouveaux symptômes.
Prescription : Acon MK
Depuis, à la date d'aujourd'hui, le patient se porte bien. Ne prends plus aucun Lexomil.
A retrouvé la joie de vivre.

Cas 2 - Fièvre - Dr Alain Horvilleur

Au début de ma pratique je suis consulté pour un enfant de trois mois avec une fièvre à plus de 40°. Régis a
le nez bouché. Sa peau est sèche malgré la fièvre. Il a le regard anxieux, s'agite, pleure sans cesse.
Si un homéopathe me lit, il a déjà fait le diagnostic : Acon
Je recommande trois doses en 30 CH, une toutes les 12 heures.
Dès le premier tube Régis guérit, la fièvre tombe aussi vite qu'elle est apparue. C'est si spectaculaire que le
père me téléphone pour me remercier.

Cas 3 - Anxiété et phobies des maladies - Dr Edouard Broussalian

Céline est née en 1980, elle est poussée à consulter par sa mère qui n'en peut plus de gérer son état mental.
Je la vois donc le 9 septembre 2002, ses yeux ainsi que sa forte agitation sur son fauteuil, expriment une
importante anxiété. Ses phobies n'ont cessé de croître depuis l'enfance au point qu'aujourd'hui cela devient
un véritable handicap pour elle comme pour son entourage.
Elle vit dans une véritable hantise des maladies. Il faut sans cesse la rassurer, car le moindre signe représente
pour elle un véritable état de panique. Par exemple si elle a un discret mal de tête elle pense immédiatement
avoir une tumeur au cerveau, elle ne supporte pas de rester seule de crainte de faire un malaise. Elle requiert
tout le temps la présence à ses côtés de sa mère et/ou de son père. A 22 ans, je comprends que ses parents
n'en puissent plus.
Céline ne cesse de penser au jour où ses parents vont être décédés tous les deux. Elle s'angoisse dès que
ceux-ci sont en voiture, redoutant qu'il leur arrive un accident. Elle semble très possessive de ses parents.
Dans le même ordre d'idée elle est très jalouse de sa grande soeur.
Céline rêve beaucoup à la mort de son père. Pour explorer cette notion de mort je la questionne plus avant.
Elle m'apprend qu'à l'âge de 9 ans, elle a vu le corps de son grand père mort. C'est depuis lors qu'elle a peur,
au point de n'avoir plus le moindre souvenir d'images de son grand père vivant.
Elle se sent très mal le matin au réveil, se réveillant avec la peur qu'il lui arrive quelque chose.
Etouffe dans la foule. Peur la nuit, étant petite il fallait vérifier partout et sous le lit, s'il n'y avait pas un loup,
etc. Elle a toujours eu beaucoup de mal pour dormir dès l'enfance.
Il y a eu de nombreux deuils autour d'elle. Notamment son père a perdu son frère, qui était son parrain à elle.
A l'âge de 13 ans elle avait mis beaucoup de photos de son oncle dans sa chambre.
Son père a eu un accident grave quand elle avait 2 ans. Sa mère enceinte de Céline a eu la « peur de sa vie » :
elle a été « braquée » avec un pistolet à son lieu de travail.
Palpitations cardiaques et tremblements aggravés le soir.
Très pâle et les yeux cernés.
Ongles affreusement rongés.
Supporte mal les cols serrés.

Acon LM1, selon le protocole standard (2 secousses, 2 verres de dilution, 2 fois par semaine) fonctionnera
parfaitement bien. Dans un premier temps d'ailleurs à l'insu de Céline qui rapporte un mois après n'être pas
changée, alors que sa mère, tout son entourage et moi-même la trouvent mieux en tout. Elle a beaucoup
moins besoin de parler de maladie et de venir se plaindre de ci ou ça dit sa mère. J'augmente donc
légèrement la dose à 3 secousses et un verre et demi de dilution.
En février 2003, elle est changée en tout.
J'avais donné Acon LM2 en décembre. Radieuse, bien moins « stressée ».
N'a plus les angoisses de mort, ni de maladie. Parvient à bien dormir le soir.
Reste seule sans problème, presque plus agitée. « Je n'ai plus à m'inventer des maladies », « je téléphonais la
nuit à ma mère parce j'avais mal quelque part ».
Ronge encore ses ongles.
Elle a des bouffées de chaleur, elle n'en faisait pas avant bien qu'elle n'a jamais été frileuse, elle avait souvent
trop chaud.
Son appétit et ses goûts ont changé : elle ne déjeunait jamais, maintenant elle a envie de céréales et de
beaucoup de fruits. Il y a un véritable besoin de fruits et de sucré.
Céline demande un médicament pour sa circulation : le soir ses jambes sont très douloureuses. Elles
deviennent rouges si elle reste immobile.
Sulph LM1 produira un « miracle », avec trois ou quatre cuillers de recul, elle se porte fort bien, ne ronge plus
ses ongles ou presque. Les bouffées ont disparu. Appétit normalisé.

Cas 4 - Céphalées - Dr Patrick Cambonie
M.E consulte en juillet 1994 pour " des coups de fatigue " et des crises de spasmophilie. Par ailleurs, ce jeune
homme de 29 ans se plaint d’avoir un cœur trop rapide, en permanence à 100-110 pulsations/ minute.
Une ou deux fois par mois, surviennent des crises durant lesquelles le pouls est à 120-130 pulsations/ minute.
Il ressent alors une vive douleur dans la poitrine, sa respiration est comme bloquée, il se sent faible et très
angoissé. Ce phénomène dure environ un quart d’heure puis tout s’estompe graduellement. Il n'y a pas de
facteurs déclenchant ces crises. Les différents médecins consultés ont porté le diagnostic de spasmophilie et
le traitement proposé est un anxiolytique.
Ingénieur de formation, M.E est malgré son jeune âge à la tête d’une entreprise de 150 personnes.
Athlète confirmé, marathonien, triathlonien, ses ennuis de santé ont commencé il y a 2 ans, lors d’un raid en
montagne. Ce jour-là, à plus de 6000 mètres d’altitude, après une ascension éprouvante, il a fait un malaise
pour lequel il a dû être évacué et rapatrié.
Le bilan cardiaque alors pratiqué et les différents ECG effectués depuis, se sont avérés normaux. M.E précise
que lors de ces crises, il a les pieds glacés. Il se plaint encore de maux de tête survenant les week-ends où il
est inactif.
A l’examen, je relève des petits boutons rouges, douloureux, symétriques sur la tranche des deux index, côté
pouce. Il a, à plusieurs reprises, remarqué cette éruption.
Je n’apprends rien de plus de ce patient peu disert et sur la défensive.
Sur l'étiologie probable de cœur forcé lors d’un effort violent et sur cette notion d’éruption symétrique, il
recoit Arn 5000 K.

Septembre 1994
" Excellent " dit-il. Il a fait une crise 5 jours après la prise du remède, puis 2 mois sans rien, sauf des maux de
tête. Il a fait une nouvelle crise 3 jours avant cette consultation, dans un contexte de fatigue.
Cette seconde consultation me permet de mieux connaître ce patient et j’apprends qu’il est hyperactif.
Il dit : " L’horreur suprême, c’est de traîner, de n’avoir rien à faire, paresser ou jouer avec le petit (son fils a 2
ans). C’est le bilan nul, j’ai besoin que ça brasse, qu’il n’y ait pas de temps mort ".
Concernant son travail, il répond : " Quand je travaille, je flingue "
De ses relations avec ses employés : " J’ai des réponses un peu sèches ".
Moi, je perçois alors, quelqu’un de très efficace, de très méthodique.
Il répond de façon très précise et concise à mes questions. Il ne transige pas avec ce qui concerne le travail.
C’est un " exécuteur " qui semble ne se réaliser que dans l’activité.
La seule alternative au travail semble être le sport intensif, sa famille passant après.
Arn 5000 K

Décembre 1994
Je revois M.E. satisfait de n’avoir pas eu de crises pendant 3 mois. Cependant, il me dit ne pas être bien
moralement, ne plus avoir goût au sport. Il ajoute : " Ça me déprime de ne rien faire de mes dimanches ".
De plus, ce diagnostic de coeur forcé l’angoisse. Je peux d’ailleurs constater son anxiété qui va crescendo
durant la consultation. Il s’interroge sur l’état de son cœur, sur les dommages subis, sur le pronostic
fonctionnel. Il s’étiole de plus en plus pour finir par ajouter : " Parler de ça est une agression ".
Son rythme cardiaque depuis 2 mois est à 90 au repos, et à 110 au moindre effort, ce qui le fatigue et le
tourmente.
En raison de la vulnérabilité dont il a fait preuve lors de cette consultation, de lhypersensibilité d’Arnica, de la
peur de faire une attaque, de l'anxiété au sujet de sa santé de la peur de la mort subite et de la disparition
des crises, je prescris Arn 10000 K.

Janvier 1995
Contre toute attente, je revois ce patient un peu plus tôt que prévu. Cette fois encore, son état semble
amélioré puisque, outre le fait qu’il n’a pas refait de crises, son pouls (qu’il surveille comme le lait sur le feu)
est à 72 le matin, autour de 100 le soir. C’est d’ailleurs le soir qu’il ressent la fatigue.
Il me dit : " quand je ne vais pas bien, j’ai froid aux pieds et aux jambes "
Prescription : Placebo.

Février 1995
M.E. semble n’être venu que pour faire état de son mieux-être : le pouls est à 65-70 au repos. Il s’est remis à
faire du sport. Il ne se plaint d’aucune fatigue. Il est bien moralement. " J’ai rêvé de mon travail, ce qui est
excessivement rare ".
Prescription: Arnica 10000 K.

Février 1996
J’ai des nouvelles par téléphone. Il va très bien, a repris la randonnée à ski avec, précise-t-il, " un cœur de
jeune homme ".

Janvier 1997
Je revois M.E. Beau gosse, d’apparence cool, visage bronzé taillé au couteau, silhouette mince et athlétique, il
affiche un petit sourire narquois, un brin supérieur. Une certaine assurance, une certaine force tranquille se
dégagent de sa personne, et je dois avouer qu’il m’impressionne un peu.
Il consulte pour des maux de tête (trouble qu’il avait déjà mentionné lors de la toute première consultation
de juillet 1994 et que j’avais relativement ignoré).
Il souffre de maux de tête depuis l’enfance. Ils apparaissent lors des week-ends d’inactivité ou au contraire,
après les grosses journées de travail et les périodes de tensions professionnelles que sa fonction lui impose.
Ces maux de tête sont déclenchés ou majorés par la moindre prise d’alcool, par le manque de sommeil, par
l’exposition au soleil ou à une lumière forte. C’est une douleur occipitale, pulsatile ou compressive, à
irradiation oculaire. Quand la douleur est trop intense, 2 grammes d’aspirine en une prise le soulagent.
Il est arrivé que l’intensité de la douleur l’oblige à stopper toute activité professionnelle jusqu’au lendemain.
Ses troubles surviennent entre 2 et 4 fois par semaine.
Il ne se plaint d’aucun autre trouble. Il se sent en grande forme physique et tout serait parfait s’il était
débarrassé de ses céphalées.
Je le questionne :
- et le sport ? : ça va, j’assure
- et votre travail ? : de grosses journées, mais bon , j’assure
- la famille ? : je ne vois pas trop les enfants, la semaine, mais le week-end je suis présent, j’assure
Ses réponses laconiques me laissent sur ma faim. " Bien ", me dis-je in petto, " il assure ".
Donc, rien de très original n’émerge de la consultation, jusqu’à ce que M.E, d’un air gêné (à la réflexion, il
savait déjà qu’il allait m’intéresser avec son symptôme de dernière minute) me confesse :
" oui, il y a quelque chose dont je ne vous ai jamais parlé. C’est avant de m’endormir, je me fais un film
horrible, un scénario-catastrophe (stupeur ravie de l’autre côté du bureau) : je perds un gamin ou ma femme
se tue en voiture. J’imagine tout, je vois comment je réagis, comment je l’annonce. "
Puis je me dis " bon, j’en ai assez fait pour ce soir" et je m’endors ".
Et incidemment, j’apprends qu’il s’endort ainsi depuis toujours !
Mon attitude thérapeutique ne sera pas, ce jour-là, à la mesure de la qualité de ses révélations bien que j’aie
conscience de la perle qu’il m’a donnée.
En tout cas, paresse intellectuelle ou fidélité mal placée envers le remède précédent, je prescris Arn 30 CH.

Juillet 1997
Ce qui était prévisible advint donc : pas de soulagement et même, aggravation de la fréquence des maux de
tête, que le patient décrit de façon identique.
Rien de nouveau ni de passionnant ne sortira de cette consultation, d’autant que je ne veux pas orienter le
patient vers les scénarios d’endormissement qui m’avaient alerté. Lui-même d’ailleurs, à mon grand
désappointement, n’y fait pas la moindre allusion.
Alors, se passe une chose étonnante : j’écris le bon remède (celui qui sera donné quelques mois plus tard) en
marge de mon observation et, c’est avec la conscience toute légère, après une répertorisation facile sur le
caractère des céphalées je prescris Nux-v 200 K et 1000 K.

Octobre 1997
Toujours en pleine forme…hormis les céphalées. Cette fois-ci, pas de perte de temps ( j’ai relu la matière
médicale du remède ) je l’entreprends : " Parlez-moi de votre façon de vous endormir. "
" Tenez, les derniers scénarios : ma fille joue sur des chemins escarpés, elle glisse et sa tête heurte un arbre.
Elle meurt, il me reste 2 fils. Un autre scénario : mon fils se prend une bagnole. Pompiers…etc. Je l’annonce à
ma femme. La voiture recule. C’est comme s’il y avait un de ses organes posé sur le bord de la route ".
Je lui demande alors ce qu’il ressent pendant sa rêverie.
" Je sais que c’est faux, je ne suis pas dépassé par l’émotion. Je peux imaginer les accidents les plus terribles,
par exemple un crash sur la rocade sud. Je pourrais être capitaine des pompiers, je saurais comment réagir.
A mon idée, je me prépare à ce truc-là. Je sais, je ne peux rien contre l’accident ; là, j’ai la procédure, comme
si je voulais expérimenter les situations pour pouvoir y répondre.
Quand j’étais ado, c’était mes parents qui mourraient. Je me suis retrouvé dans des situations pourries où j’ai
réussi des trucs pas mal en prévoyant le pire (il ne souhaitera pas m’en parler). Ça permet de mieux gérer la
réalité qui n’est pas aussi horrible. "
Troublé et étonné par sa lucidité, je lui prescris (enfin) Acon XMK.

Janvier 1998
" Il n’y a pas de mieux concernant les maux de tête actuellement. En fait, j’ai été très bien pendant 3 semaines
et je pensais que ça avait marché. J’ai eu 2 grosses fatigues sans maux de tête. C’est vraiment un grand plaisir
d’être fatigué sans avoir mal à la tête, comme quand on est crevé après une journée de montagne et qu’on
est bien. Puis j’ai eu à nouveau des douleurs violentes à peu près 1 fois par semaine. Pas de nouvelles rêveries
avant le sommeil ".
Le remède semble l’avoir soulagé. La fréquence des céphalées a diminué ; il ne parle pas de leur intensité. On
peut aussi remarquer qu’il semble avoir moins besoin de son symptôme scénario-catastrophe, comme s’il
avait moins besoin de prévoir.
Prescription : Acon 200K puis Acon 1000K 3 mois plus tard.

Juillet 1998
Rien à signaler. M.E. habite Rennes où il dirige une nouvelle usine tout en gardant la responsabilité de celle
de Grenoble où il vient 3 jours par mois.
Cette charge de travail accrue ne le perturbe pas. Je le trouve détendu, serein, plus winner que jamais. Il ne
signale aucun mal de tête depuis 4 mois.
Prescription : Placebo.

Septembre 1999
Coup de téléphone de M.E ainsi que je le lui avais demandé. Tout va bien. Il n’a plus de maux de tête depuis
1 an et demi, ce qui n’était jamais advenu. Il est très satisfait.
Commentaires
M.E me paraît correspondre au tableau chronique d’Acon : un individu actif, sthénique, performant qui, grâce
à des qualités de clairvoyance et d’anticipation, peut foncer dans la vie.
Il n’est pas fréquent qu’un patient ait compris (comme dans cette observation) le sens, le but, l’intention de
son symptôme. La compréhension de son symptôme ne suffit cependant pas à le faire disparaître. Mais l’on
voit ici, comment le symptôme aide le patient à mieux vivre.
A posteriori, le leitmotiv du patient, " j’assure ", qui m’avait d’ailleurs un peu agacé pendant la consultation,
prend un tout autre relief, une toute autre saveur. Fallait-il qu’il en doute, pour avoir à ce point besoin de
répéter qu’il assure !
Il me semble, à la lecture des consultations de 1994 à 1996, conduisant à la prescription d’Arn, que pointait
déjà en filigrane, l’ombre d’Acon, avec dans les phrases du patient, des mots relatifs à la mort et à la
précipitation :
" L’horreur suprême, c’est de traîner, de n’avoir rien à faire "
" il faut que ça brasse, qu’il n’y ait pas de temps mort "
" quand je travaille, je flingue ".
D’ailleurs, que lui aurait-on prescrit, ce jour-là, à 6000 m en montagne, après son malaise, si ce n’est, Acon !

Cas 5 - Douleurs - Dr Jacques Prat
Marie-Laure, âgée de 30 ans, vient me voir pour la première fois le 23 août 2003 pour une douleur dans le
cou et l’épaule gauche, qui descend dans le bras et l’aisselle gauches.
C’est la première fois qu’elle ressent ce genre de douleur, elle décrit également une sorte d’engourdissement
dans le bras et dans l’épaule. Cette douleur évolue depuis une journée, devant la clavicule gauche, puis ce
matin dans le cou ; la douleur est surtout marquée en adduction de l’épaule.
Quand elle décrit ces douleurs, je la sens inquiète, à la fois dans sa voix et dans ses yeux. Elle est venue à tout
hasard en espérant que je pourrais la prendre rapidement pour son problème, en fin de matinée, après avoir
fermé son salon de coiffure, voisin de mon cabinet.
Je commence par l’examiner et constate que ses muscles, notamment deltoïdien, sont douloureux de même
que le grand pectoral gauche. Rien à signaler sur le plan cardio-vasculaire. C’est une droitière, coiffeuse de
longue date, et ce ne sont pas les efforts de son métier qui sont en cause.
Elle précise que c’est le côté gauche qui l’inquiète, c’est ce qui m’a fait venir, rajoute-t-elle.
« Ma mère a fait un accident vasculaire cérébral, ma grand-mère a fait un infarctus, un neveu a fait une
hémiplégie par un caillot cérébral à quinze ans », énumère-t-elle rapidement.
Elle précise également qu’elle a deux enfants dont le dernier a dix mois et demi. « C’est un enfant qui pèse
son poids et que je porte moins que d’habitude puisque je viens de reprendre mon travail. Je le laisse en
nourrice de 8H30 à 19H le soir depuis plusieurs mois ; j’ai failli l’en enlever car le mari de la nourrice
supporte mal les enfants. J’ai été un peu stressée ».
Elle signale avec plus d’émotion, l’histoire d’un accident de voie publique non loin du salon de coiffure, qui
date d’hier, avec la mort accidentelle d’un adolescent sur son cyclomoteur.
Enfin, elle signale également qu’avant-hier matin, la porte du magasin a été fracturée dans la nuit, vers six
heures du matin. « La police m’a prévenue aussitôt et j’ai ressenti comme si je n’avais plus de jambes ni de
bras ; il m’a fallu trois quarts d’heure pour me calmer. Après la mort du jeune homme, j’ai mal dormi, et c’est
avant cette mort et après mon histoire de magasin que j’ai eu mal à l’épaule. Quand on m’a prévenue, je ne
réagissais plus, je ne savais plus quoi faire sur le coup, j’ai vraiment eu un mouvement de panique ».
Et je lis la peur dans ses yeux.

Ajouts au répertoire
PSY : AGITATION / enfants, chez les : Dr Jacques Lamothe
PSY : CASSE-COU, absence de peur : Dr Edouard Broussalian
PSY : COMPAGNIE / désir de : Frans Vermeulen
PSY : DEUIL, suite de (décès, mort de parent ou amis) / enfants, chez les : Dr Jacques Lamothe
PSY : PEUR / avion, en : Dr Jacques Lamothe
PSY : PEUR / malchance, de la : Dr Jacques Lamothe
PSY : PRUDENT : Dr Jacques Lamothe
PSY : TRAVAIL / manie du (travailleur) : Dr Jacques Lamothe
TE : COUPÉ les cheveux, affections après avoir : Dr Jacques Lamothe
Y : INFLAMMATION / Iris / rhumatismale : Dr Paul Chiron
AB : DOULEUR, mal au ventre, douleur sourde / plier en deux, doit se : Dr Gilbert Charette
TH : DOULEUR / Coeur / Région précordiale / EXTENSION, bras gauche, au : Dr Gilbert Charette
TH : FORCAGE du coeur suite d'effort violent : Dr Gilbert Charette
TX : DENTITION, pendant : Dr Jacques Lamothe
P : ECCHYMOSES : Dr Jacques Lamothe
GE : ACCOUCHEMENT / provoqué : Dr Jacques Lamothe
GE : ACCOUCHEMENT / traumatique : Dr Jacques Lamothe
GE : GRIPPE / Début, phase de : Dr Rémy Beau
GE : HÉMORRAGIE / active : Dr Henri Duprat
GE : HYPERTENSION artérielle : Dr Edouard Broussalian + Dr Gilbert Charette
GE : PRÉCOCITÉ / psychomotrice, intellectuelle : Dr Jacques Lamothe
GE : ROUGEOLE, suite de : Dr Henri Duprat
GE : SCARLATINE, suite de : Dr Henri Duprat
GE : SYMPTOMES, apparition des / brutale : Dr Gilbert Charette + Dr Pierre Schmidt

Références
Aconitum napellus - Dr Paul Chiron - Eléments de matière médical homoeopathique - 1935
Aconitum napellus - Dr Henri Duprat - Traité de matière médicale homéopathique - 1948
Aconitum napellus - Dr Gilbert Charette - La matière médicale pratique - 1949
Aconitum - Dr Gilbert Charette - La matière médicale homoeopathique expliquée - 1952
Aconit - Matière médicale de la fièvre - Dr H.C. Allen - 1990
Aconit - Homéopathie pédiatrique - Dr Jacques Lamothe - 1996
Histoire légère de céphalées pesantes - Dr Patrick Cambonie - Congrès d'Homéopathie Chambéry - 1999
Belladonna - Dr Edouard Broussalian - Cours de l'ENH - 20 mai 2001
Aconitum - Frans Vermeulen, Dr Edouard Broussalian et Dr Jean Claude ravalard - Synoptic 1 - 2001
PCKent2 - Logiciel d'aide à la décision homéopathique - Nicolas Massonat

Edouard Troesch - 12 novembre 2010 - edtro@no-log.org

Je vous tire ma révérence Madame Ka[…]

Les médias ont tout de même une tr&eg[…]

COMME UN CLOU

Yasmina 23 ans consulte pour une «  art[…]

Présentation

Bienvenue Physalis, Un chemin plein de questionne[…]