Défendre l'homéopathie véritable : une lutte permanente.
par Francis D
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#17402
"Je reconnais être plus tolérant vis-à-vis des "anti" homéopathie que vis-àvis des "pro" fanatiques" écrit Christian Boiron p. 25 de "L'Avenir de l'homéopathie".

Quelques pages plus loin (41), C. B. cite le Dr d'Espiney: [/i]"Hahnemann, génie furieux d'une sainte fureur, apparenté aux prophètes d'Israël, prêt comme eux à l'invective, et surtout ayant une foi parfaite en sa mission."[/i] Avant de commenter: (La vie de Hahnemann) "fut ainsi ponctuée de colères homériques, et, de ce manque crucial de souplesse dans la relation, il va rester des stigmates encore visibles aujourd'hui. L'esprit d'intolérance réciproque a marqué pendant plus de cent cinquante ans les rapports de l'allopathie et de l'homéopathie, laissant croire à leur antagonisme fondamental."

L'agressivité héritée d'Hahnemann perturbe C. B. qui déplore p. 91: "L'arrogance et l'étroitesse d'esprit de certains opposants sont aussi exaspérantes que le sectarisme des fanatiques pro-homéopathie. Les deux se nourrissent l'un de l'autre dans un conflit permanent et suranné. Il déplore aussi, p. 77, qu'une des causes du déclin de l'homéopathie aux USA, soit, selon lui, "la dérive autonomiste des homéopathes américains qui ont préféré se marginaliser par rapport au reste de la médecine", sans s'étendre sur la responsabilité "des nouvelles lois régissant l'enseignement de la médecine" qu'il cite pourtant et qui contribuèrent efficacement à la fermeture des facultés de médecine homéopathiques qui prospéraient jusqu'alors.

De la même façon, il regrette qu'en Inde, où Boiron n'a pas réussi à s'implanter d'ailleurs, l'homéopathie soit une médecine parallèle à la médecine occidentale et à la médecine ayurvédique. Parlant du Nehru Homeopathic Hospital de Delhi, il dénonce: "Je l'ai visité il y a plus de vingt ans, et j'ai été choqué par l'absence de coopération entre la médecine occidentale et l'homéopathie. C'est à ce moment-là que j'ai décidé de favoriser l'insertion de l'homéopathie au sein de la médecine, en bonne symbiose avec l'allopathie, plutôt que de la laisser en marge de celle-ci."

Car C. B. a un grand dessein pour "L'avenir de l'homéopathie au sein de la médecine" (Titre du chapitre IV de son livre). Après avoir rappelé que l'homéopathie n'était qu'une thérapeutique de la médecine, parmi d'autres, il s'enthousiasme page 111: "La frontière entre allo- et homéopathie est devenue perméable." Et il détaille:

"Il y a à peine trente ou quarante ans, et c'est encore le cas aujourd'hui dans certains pays, un médecin était homéopathe OU allopathe. (...)
Cette attitude est en train d'évoluer au profit d'une autre, plus pragmatique, plus réaliste. Le malade cherche aujourd'hui de plus en plus un médecin susceptible de lui prescrire le meilleur traitement, adapté à son propre cas."
(Là, il continue à enfoncer des portes ouvertes pour mieux amener son idée maîtresse) "Il ne veut plus ni des allopathes ni des homéopathes, mais des allo-homéopathes ou des homéo-allopathes non fanatiques, non sectaires. C'est une évolution que j'ai personnellement favorisée depuis vingt-cinq ans."

"Lorsqu'un médecin devient compétent en homéopathie, il n'oublie pas pour autant l'allopathie et le reste de la médecine, il s'enrichit d'une connaissance supplémentaire, c'est tout." (Nouvel enfonçage de porte ouverte pour arriver à la suite) Donc, s'il est avéré que l'homéopathie est bien aussi intéressante et efficace que je le pense, alors, peu à peu, tous les médecins viendront à la découvrir et à l'utiliser dans une démarche banalisée. D'où cette notion d'allo-homéopathie. Ce qui ne m'a d'ailleurs pas valu que des amis, en particuliers chez les homéopathes purs et durs. Ils craignaient pour la qualité de la prescription homéopathique.
Le public lui même fut réticent au début.
Il avait pris l'habitude de cette dualité, c'est lui qui choisissait et il y trouvait son compte (*). Si un homéopathe se mettait à prescrire un antibiotique ou un anxiolytique, c'est qu'il était mal formé et peu confiant dans l'homéopathie. C'était obligatoirement un "mauvais homéopathe". Et lorsqu'un allopathe se risquait à une prescription homéopathique, c'était forcément par mercantilisme, pas d'autre explication.
Aujourd'hui, l'opinion publique a considérablement évolué. La plupart des malades souhaitent trouver chez leur médecin une ouverture et une polycompétence qui lui permettent de jouer sur plusieurs registres afin d'optimiser sa prescription. Aujourd'hui, dans l'immense majorité des cas, un médecin homéopathe ne se prive plus de recourir aux médicaments allopathiques lorsque c'est nécessaire. Il n'hésite alors pas à prescrire des antibiotiques, des anxiolytiques ou des vaccins. Dans un même mouvement d'ouverture, les médecins allopathes se laissent aller de plus en plus fréquemment à instiller
(Là, je pouffe!) quelques doses d'homéopathie dans leurs prescriptions. La frontière entre ces deux mondes est devenue perméable, et l'on cherche davantage la complémentarité que l'opposition."

Voilà ce qui s'annonçait avec mon premier post sur la première porte ouverte "Il n'y a qu'une médecine". Avec la suite, vous pouvez voir que, grâce à la communication des laboratoires Boiron, "aujourd'hui", les malades naguère soupçonneux, savent qu'un allopathe qui prescrit Gelsemium 7 CH, 5 granules trois fois par jour, en même temps que du Tranxène 10, est "un bon" homéopathe. Et voilà comment le CEDH enseigne aux allopathes de toute l'Europe désireux "d'instiller quelques doses d'homéopathie dans leurs prescriptions", une homéopathie "banalisée". Light?

(*) Apparemment, il n'aura plus le choix, et ce n'est pas sûr qu'il y trouve son compte.
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par ByeBye01
Banni
#17404
Voilà ce qui s'annonçait avec mon premier post sur la première porte ouverte "Il n'y a qu'une médecine". Avec la suite, vous pouvez voir que, grâce à la communication des laboratoires Boiron, "aujourd'hui", les malades naguère soupçonneux, savent qu'un allopathe qui prescrit Gelsemium 7 CH, 5 granules trois fois par jour, en même temps que du Tranxène 10, est "un bon" homéopathe. Et voilà comment le CEDH enseigne aux allopathes de toute l'Europe désireux "d'instiller quelques doses d'homéopathie dans leurs prescriptions", une homéopathie "banalisée". Light?


Sévère, la caricature. Le CEDH, à mon sens du moins, n'écrit pas que des âneries. La formation médicale continue qu'il propose peut aussi inciter certains à aller voir plus loin, à visiter ce site (PH) par exemple comme à faire ou refaire ses gammes en parcourant l'Organon.
par Jérémy
Etudiant
#17411
Ont comprend très bien que C.B à trouver tous les moyens pour que son laboratoire tourne très très bien, et pour réussir à s'intégrer dans le monde médical allopathique. Encore une fois de plus ils dupent les médecins, qui suivent sans réfléchir par eux même, les arguments des polygames comme boiron! Quelle est la rationalité dans cette médecine de bricoleur!

De quel pathologie souffre cette homme?

Normal que hahnemann pétait des câbles avec ces cancres!
par Francis D
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#17412
Je ne pense pas que le CEDH, ni Christian Boiron d'ailleurs, ne disent que des âneries. J'analyse simplement ce qu'a écrit C. Boiron, sans déformer ses propos. Je constate qu'il y a une volonté de vulgariser l'homéopathie sur des bases simplistes, acceptables sans problème par des allopathes qui ne veulent pas trop remettre leur pratique en question. Il y a des enseignants très consciencieux au CEDH, souvent des pluralistes bon teint, et d'autres qui, sans renoncer au pluralisme se posent des questions, et participent à des réunions d'unicistes en Belgique par ex. (malheureusement, maintenant, c'est souvent la "sensation vitale" de Sankaran).

Mais si vous avez fait le CEDH, ne me dites pas que vous n'y avez jamais entendu des trucs du genre: "Rhume des foins, si vous hésitez entre Allium cepa et Euphrasia, donnez les deux". J'ai suivi trois ans de cours avec Denis Demarque à Bordeaux, deux ans à Toulouse sous la direction de Pierre Joly, de multiples formations dans toute la France avec Jacques Jouanny, etc. Les unicistes nous étaient régulièrement décrits comme "sectaires", histoire de ne pas nous inciter à aller y voir de plus près. Jamais, nous n'avons eu un cours ou un commentaire sur l'Organon.

Il était clair que l'homéopathie n'était qu'un complément de l'allopathie (C'est d'ailleurs ce qu'écrit C. Boiron). Je suis heureux, en un an de cours d'Edouard Broussalian, d'avoir de meilleurs résultats thérapeutiques qu'en trente ans de pluralisme.
par didier
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#17417
Frédérick a écrit : Sévère, la caricature. Le CEDH, à mon sens du moins, n'écrit pas que des âneries. La formation médicale continue qu'il propose peut aussi inciter certains à aller voir plus loin, à visiter ce site (PH) par exemple comme à faire ou refaire ses gammes en parcourant l'Organon.
A quoi bon, la base de l'Organon n'a pour eux qu'une valeur "historique", actuellement, les cas seraient bien trop complexes et les conditions ne sont plus les mêmes...
De plus, la maladie qui devient un dérèglement énergétique, c'est aux frontières du réel comme la série tv. :lol:

J'ai toujours gardé deux citations que je ne comprenais pas bien car par niaiserie, je pensais simplement que les homéopathes se faisaient les dents avec une pratique pluraliste, le Mac Do de l'homéopathie puis j'envisageais qu'après un certain temps, on les incitait à se rapprocher du remède unique.
C'est pour cela que j'ai posé la question par rapport au Dr Ravalard me doutant bien que l'incitation ne venait pas de l'organisme de formation.

Lorsque je lis les trois articles, je me dis comment avoir le beurre et l'argent du beurre si on peut prescrire belladonna ou autres et rattraper le coup avec un AB ou du paracétamol. C'est dire qu'on peut parfaitement concilier deux thérapeutiques de sens contraires (en profondeur), il suffit pour cela de s'asseoir sur les bases. Merde alors, il faudra bien choisir se positionner. Si on peut tout prendre sans crainte, autant installer un distributeur automatique.

Lorsque j'ai consulté en 1998, je consultais un homéopathe du moins, c'est ce que je croyais. 23 consultations, deux homéopathes. Une arnaque sans nom et une dégringolade, bien sûr, j'étais acteur de cette mascarade et très coopérant. seulement voilà, sans répertoire, impossible de mettre la main dessus, je me serais bien contenté d'un bon smile.
L’acuponcteur me dit, je vous met ant-t,"ça va vous faire du bien pour les bronches" était finalement dans le même trip seulement, lui je savais qu'il n'était pas homéopathe.

Peut-être qu'un jour mon pharmacien me demandera de me servir tout seul

J'ai n'ai pris qu'une seule rubrique pour me marrer et en restant au ras des pâquerettes.
C'est trop facile, les répertoires, il est tout seul.
MEMBRES /
FRISSONNEMENT /
Mbres sup (Voir Frisson) /
Épaule
verat
Extrait du mémento homéopathique du cedh.

"...sur le plan technique, cela amène à ne pas privilégier les signes psychiques, les symptômes particuliers ou rares comme le conseille kent ou d'autres du fait de leur engagement philosophique , mais au contraire, et c'est la position du CEDH à tenir compte d'abord des signes lésionnels ou fonctionnels, de leur localisation, des modalités quand elles sont fiables, de l'étiologie et de l'anatomopathologie si elles sont connues, et de l'état psychique du sujet s'il a changé depuis le début de sa maladie. Enfin, il faut bien vérifier qu'il existe dans la matière médicale un ou des médicaments dont les possibilités sont bien réelles dans le cas en cause"

les répertoires informatisés:
"de même qu'un congélateur a qui ont à confiés des aliments avariés ne rendra à la décongélation que des aliments avariés, l'ordinateur, quel que soit le logiciel auquel on le soumet, ne sortira que le noms des médicaments non fiables qu'on lui aura confiés"
Vous avez raison le cedh a une certaine aura si j'en crois la plaque du placebologue du coin, il indique carrément sur sa plaque formation cedh.
Chez l'uniciste deux consultations ont permis de cerner le remède le plus semblable (même en doses sèche et ça c'est dommage).
Au final, quinze remèdes d'un coté et deux de l'autre.
Je vais acheter le livre les niveaux de santé dès qu'il sera disponible Pourquoi? c'est quand même le sujet de fond.

P.S: désolé d'avoir encore une fois parlé de ma petite personne mais je ne sais pas encore aborder le sujet de façon "désincarnée"
par Francis D
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#17422
Edouard Broussalian a écrit :Merci pour ton courage
Merci pour ta franchise. Je suis très touché et surtout très heureux!
C'est moi qui ne te remercierai jamais assez, toi et toute l'équipe de Nico, et tous les intervenants de ce forum, et de Cédric Araneo, pour tout ce que vous faites pour nous permettre d'être meilleurs.
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par ByeBye01
Banni
#17426
Peut-être qu'un jour mon pharmacien me demandera de me servir tout seul


Cela dépasse l'entendement, tout à l'opposé de ma conception de l'éthique officinale. L'illusion du libre arbitre est, ici, la pire des servitudes et vous ne choisirez seulement ce que je vous sers (ou plus exactement ce que mon laboratoire me demandera de vous servir)
par Francis D
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#17434
Ce qui est affligeant, c'est la volonté de banaliser l'homéopathie, de la priver de son caractère révolutionnaire. Car ce qui m'a frappé en lisant l'Organon, c'est le trait de génie de Hahnemann qui reconnaît humblement que nous ne connaîtrons jamais la vérité de ce qui se passe réellement à l'intérieur de l'organisme. Mais qui nous donne cependant un moyen d'agir, en expliquant que ce que nous ne connaîtrons jamais s'exprime à nos sens par la totalité des symptômes du malade, et qu'en agissant en fonction de cette totalité des symptômes, cette globalité que refuse Boiron, nous pourrons le guérir. Voulant faire partager mon enthousiasme pour cette idée à mes confrères étudiant en DIU d'homéopathie, je me suis heurté à un mur. Non, même un pratiquant (sérieux et compétent) de la médecine traditionnelle chinoise était rebuté par cette idée que la science ne pouvait savoir. Pour être tout-à-fait clair, il ne s'agit pas de rejeter la science, et tout ce qu'elle nous apporte. Il s'agit simplement d'en admettre les limites. Pour être homéopathe, il faut d'abord être non-conformiste, et faire l'effort permanent de réfléchir par soi-même.

Lisez C. Boiron pp. 123 et 124 de "L'avenir de l'homéopathie": "L'unicisme recherche, pour chaque malade, le médicament susceptible de recouvrir l'ensemble de la symptomatologie.
Le pluralisme estime qu'il est plus souvent nécessaire, pour optimiser la guérison
(!),de recourir à plusieurs médicaments homéopathiques, prescrits séparément, d'action locale ou générale."

Selon lui, il y a "d'une part l'homéopathie dite classique, nettement majoritaire dans le monde, en particulier en Inde, en Amérique Latine et en Angleterre, qui reste très fidèle aux écrits de Hahnemann et conçoit l'homéopathie comme un système médical à part entière, et d'autre part l'homéopathie dite clinique, à la base de la renaissance de l'homéopathie au siècle dernier, qui représente l'essentiel de la pratique homéopathique française. Elle affirme la primauté de la clinique sur la théorie, l'unicité de la médecine et l'évolutivité de la doctrine homéopathique."

Quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage. Pour se débarrasser de l'homéopathie classique "très fidèle aux écrits de Hahnemann" comme il le reconnaît lui-même, C. Boiron l'accuse de privilégier la "théorie" (laquelle?) par rapport à la clinique, ce dont il n'a jamais été question sur ce site, ni dans les écrits des homéopathes classiques.

Voyons maintenant sa conception de l'unité de la médecine qui ne peut se résumer, et nous sommes d'accord, à la thérapeutique:

p. 130. "En Inde, l'homéopathie est encore aujourd'hui l'une des médecines officielles avec ses facultés et ses hôpitaux, ses médecins, ses pharmaciens, ses pharmacies spécifiques. On retrouve ici l'esprit de caste propre à la culture indienne." (sic!)

Pour C. Boiron, la médecine est une et indivisible, mais elle ne saurait être enseignée que dans des facultés allopathiques avec une annexe homéopathique, vouloir enseigner la totalité de la médecine dans des facultés homéopathiques avec une annexe allopathique serait faire preuve d'esprit de caste!
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par ByeBye01
Banni
#17441
Le fait est que depuis bientôt 100ans maintenant, avec ou sans le lobbying des Laboratoires Boiron derrière, l’homéopathie « à la française » dit « courant pluraliste » (celui de Léon Vannier au départ) reste largement majoritaire dans l'hexagone. Comment l'expliquez-vous ?

Au pays de Voltaire, le patient (lat, patiens) en homéopathie est-il condamné à souffrir toute sa vie ?
par didier
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#17447
Je suis vraiment d'accord avec le premier paragraphe du Dr Déprez.

Pour ce qui de l'explication, je me bornerais à quelques points
Cà se rapproche de l'offre et de la demande

En vrac
- plus facile à apprendre
- passe mieux auprès des patients (c'est la même logique)
- l'ordonnance est aussi complète
- on n'en prend beaucoup
- c'est rassurant
- on n'y revient souvent, cerise sur le gâteau, on prétend que l'auto-mé(r)dication est possible et sans danger.
- le fameux Manuel Zissu-Guillaume aide beaucoup à croire que c'est ça l'homéopathie.
- On admet facilement le fait suivant, c'est ce qu'on m'a dit: lorsque que l'homéopathie ne marche pas, il faut savoir passer à l'allopathie. Il était pourtant enseignant (sic) et (à l'époque mon EFR n'était dégradée)

De l'autre côté l'ordonnance avec un seul remède ça fait louche (certes la posologie n'est pas la même qu'ici)
Mécanisme de défense ??? J’étais certain que chaque morceau du puzzle que je voyais se dessiner devait bien correspondre à quelque chose. Malheureusement, avant lui pas d’interlocuteur capable de trier, décoder.
Je joue ma dernière carte, j'essaie (la vraie) cependant, croyez moi, lorsqu'il m'a dit: on va trouver de quoi à vous donner une meilleure santé sur tous les plans (1er choc)
une dose de 200k puis le tube 7 CH vous ne le prendrez que trois jours consécutivement maximum. SEPT jours par mois maximum. (2ème choc). J'ai crû qu'il maniait de la dynamite :lol:
Je me suis senti, on va dire un peu nu
- vous allez stopper progressivement votre symbicort, vous verrez ça marche très bien (3ème choc).

Je ne suis pas sûr que sans le texte de Lippe consulté après coup, je l'aurais suivi.
Déjà sur le papier, je me suis dit que l'aurais pu l'écrire c’est fou, une cohérence apparaît, comme un fil conducteur. Idem pour cette bizarrerie que j’exprimais ainsi : j’avais l’impression que la toux venait du ventre. De l’espoir et du sens fait place au Chaos comme je le disais à l'époque.

Text Book of Materia Medica, - By Adolph Lippe
Respiratory Organs.
Coldbreath.
Difïîcult respiration ; dyspnoea.
Suffocative attacks, caused by a constriction in the larynx, or in the chest
Painful spasmodic constriction of the chest
Hoarseness.
Dry cough, from tickling in lower bronchia.
Deep, hollow cough, as from the abdomen, with cutting pain in the stomach ; expectoration yellow, tough, bitter or salt only during the day.
Hooping-cough.
Stitches in the sides of the chest, worse when coughing.
Attacks of cough are worse in the morning, or in the evening till
midnight ; when catering a warm room from the cold air ; in the warm room ; when getting warm in bed ; from eating and drinking, especially cold things (water) ; when the child cries ; in the spring (or fall).
Violent, visible, anxious palpitation of the heart
par Francis D
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#17450
Frédérick a écrit :Le fait est que depuis bientôt 100ans maintenant, avec ou sans le lobbying des Laboratoires Boiron derrière, l’homéopathie « à la française » dit « courant pluraliste » (celui de Léon Vannier au départ) reste largement majoritaire dans l'hexagone. Comment l'expliquez-vous ?
Je suis loin d'être un spécialiste de l'histoire de l'homéopathie en France. Mais je pense que l'école française (Vannier mais aussi d'autres) a organisé son enseignement avec l'appui des laboratoires (LHF, Dolisos, PHR-Boiron) autour de Centre Homéopathique Français dans le Nord, l'Institut National Homéopathique Français à Paris et le Centre d'Etudes et de Développement de l'Homéopathie maintenant dans toute l'Europe. Seul coin de résistance, le Sud-Est autour du lac d'Annecy. Des écoles unicistes ont existé dans le Sud-Ouest et le Languedoc-Roussillon, avant de se dissoudre rapidement dans une mouvance éclectique (Masi, Sankaran etc.). L'INHF vire a viré uniciste éclectique si j'ose dire (classique, Masi, Sankaran).

Beaucoup d'apprentis homéopathes de France n'ont connu l'homéopathie qu'à travers les écoles pluralistes. On notera d'ailleurs que Vannier, le pape du pluralisme, préconisait l'unicisme pour traiter les cas aigus (Voir son livre sur les traitements des cas aigus). Cette exception a disparu. On est maintenant pluraliste même dans le traitement des cas aigus. Le succès de ces écoles vient, à mon avis, de leur mode de prescription, plus proche de l'allopathie. Car, si certains pluralistes honnêtes et consciencieux, se creusent le ciboulot pour donner des doses hebdomadaires ou mensuelles, et un médicament en granules chaque jour, comme on le leur a appris à le faire, il faut bien constater qu'une majorité ne se prend pas la tête. Et hop! Un médicament par symptôme, comme chez l'allopathe! Certains utilisent même des logiciels-répertoires pour trouver le médicament qui correspond à chaque symptôme. Et l'on voit passer des ordonnances qui comportent 20 à 25 médicaments différents à prendre chaque jour (!), quelquefois plusieurs fois par jour, à raison de 5 granules de chaque à chaque prise (enseignement posologique CEDH).

Quel est le résultat? Certains restent dans une routine de de polyprescripteurs en attendant la retraite. Beaucoup, déçus de leur piètres résultats, retournent à l'allopathie. Lors d'une formation en Languedoc-Roussillon, un enseignant du CEDH (je ne donne pas son nom, même s'il est retraité maintenant) se plaignait de l'échec de cet enseignement. Il disait que les gens formés n'avaient pas de structure dans la tête. Il disait textuellement:"Avant, dans les formations, il y avait un moteur, maintenant, c'est complètement décousu: il y a une bielle d'un côté, une culasse ailleurs, une direction dans un autre coin, et ça ne marche pas."
Il citait le cas d'une consoeur qui avait été reçue première du CEDH à Montpellier, et qui a presque immédiatement abandonné l'exercice de l'homéopathie, pour ne prescrire que de la phytothérapie. C'est tout simplement catastrophique. Et encore, ce n'est pas dangereux, comme les prescriptions de ce confrère qui a passé le même DIU que moi, et qui prescrit des 10.000K et des 30CH chaque jour, en mélangeant plusieurs médicaments, et qui épuise les patients (J'ai déjà cité ce cas sur ce forum).

Le problème c'est aussi le conformisme des médecins (comme de tous les autres Français d'ailleurs, tenez, allez parler aux enseignants de la méthode globale d'apprentissage de la lecture...). Pour appréhender l'homéopathie, il faut changer d'esprit, admettre que l'on ne sait pas tout, qu'après avoir fait diagnostic et pronostic ce qui compte, c'est uniquement la totalité des symptômes, pour chercher le médicament qui peut guérir.

Mais guérir? Beaucoup ont renoncé à l'envisager, comme les allopathes. On soigne, on soigne, et on se résigne à ne pas avoir de résultat probant, encouragé en cela par C. Boiron qui écrit p. 141 de "L'Avenir de l'homéopathie":

"Oui, je crois qu'il y a de la vérité dans l'homéopathie comme dans l'allopathie, dans la phytothérapie, dans l'acupuncture, dans le shiatsu, dans le yoga, dans l'électro-acupuncture, dans l'auriculopuncture, dans la naturopathie, dans l'iridologie, dans l'instinctothérapie, dans le thérapie par le rire (*), dans l'ostéopathie, dans la nutrithérapie, dans l'aromathérapie, mais je ne crois pas dans le côté absolu d'aucun de ces systèmes. De même, je crois qu'il y a de la vérité dans les antibiotiques, dans la chirurgie, dans les vaccins, dans la radiothérapie, dans les corticoïdes, dans la morphine, dans l'aspirine. Mais je ne sais pas si on a toujours "guéri" un malade, quand on a supprimé la douleur ou tout autre symptôme, ou extrait une tumeur cancéreuse.

Voilà, la vérité est partout, et donc, elle n'est nulle part. On ne peut pas guérir les gens: cette idée est ici introduite sur une confusion volontaire. Si on fait disparaître un symptôme, dit Boiron, le malade n'est pas guéri. Bien sûr que non, puisqu'on a fait une suppression. On ne peut guérir le malade qu'en faisant disparaître la totalité des symptômes, nous enseigne Hahnemann. C. Boiron a raison, en donnant de façon pluraliste un médicament pour chaque symptôme, on ne guérit pas. Et c'est pour ça qu'on passe à la phytothérapie, ou qu'on retourne à l'allopathie. Pour guérir (peut-être), il aurait fallu donner un seul médicament, tenant compte de la totalité des symptômes, dit Hahnemann. Un seul médicament...

(*) Je pensais que l'homéopathie, qui n'est qu'une thérapeutique parmi d'autres selon C. Boiron, était au niveau de la mésothérapie, mais non, elle est au niveau de la thérapie par le rire.
par didier
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#17456
C'est très bien résumé. j'adore, certains passages.
Il disait que les gens formés n'avaient pas de structure dans la tête. Il disait textuellement:"Avant, dans les formations, il y avait un moteur, maintenant, c'est complètement décousu: il y a une bielle d'un côté, une culasse ailleurs, une direction dans un autre coin, et ça ne marche pas.
Ce n'est pas rassurant
le manque de confiance dans la thérapeutique est très perceptible, c'est toujours ce qui m'a gêné en tant que patient.
Je pense que c'est le pire que j'ai pu trouvé :lol:
http://homeotunisie.blogspot.fr/
Je sais bien que le projet est de rendre accessible mais quand même. rien que ça me rend malade. :)
Ce blog a pour but d'essayer de rendre l'homéopathie plus simple d'utilisation de la promouvoir et, un échange d'expériences ou d'articles.
Je ne sais pas comment vous faites pour garder "la foi"
par didier
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#17457
Frédérick a écrit :Peut-être qu'un jour mon pharmacien me demandera de me servir tout seul


Cela dépasse l'entendement, tout à l'opposé de ma conception de l'éthique officinale. L'illusion du libre arbitre est, ici, la pire des servitudes et vous ne choisirez seulement ce que je vous sers (ou plus exactement ce que mon laboratoire me demandera de vous servir)
Je reconnais avoir poussé le bouchon, un peu loin. En espérant que ça n'arrive jamais :)
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par ByeBye01
Banni
#17459
Voilà, la vérité est partout, et donc, elle n'est nulle part. Francis

Oui et encore Oui ! Spinoza, lui-même, rejetait la théorie classique selon laquelle la vérité d'une idée est subordonnée au réel (appliqué à l'Homéopathie, la vérité est concept beaucoup moins atome(s)) Partant d'un constat pas si éloigné, Madeleine Bastide (que je soupçonnais d'être une grande admiratrice du philosophe hollandais), au cours de notre D.U homéopathie (rubrique/recherche fondamentale), nous suggéra son idée de nouveau paradigme fonctionnant avec ses propres règles, ses propres codes, régissant ses propres lois, opposable au modèle mécaniste classique en vigueur (prôné par les scientifiques post-modernes) invoquant la nécessité de prendre en compte la dimension informationnelle en biologie (le corps est objet qui inter-réagit avec son environnement) Hahnemann anticipait déjà quand il écrivait : "Tout individu est maintenu en équilibre par des systèmes dits de régulation homéotasique" S.F Hahnemann (1791) Tout cela était très passionnant..

Merci beaucoup pour cette réponse dense et l'argumentaire précis qui l'accompagne

Frédérick

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