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par Edouard Broussalian
Staff
#59
Helleborus. Part II.

Quelques cas cliniques :


1° Cas Dr Cohen J. :
Jeanne B. née le 17/09/88 accompagnée de ses parents me consulte pour autisme fin novembre 89 (elle a 15 mois).

A l´interrogatoire des parents, j´apprends que la mère a eu des difficultés à être de nouveau enceinte (première grossesse il y a 10 ans). Elle a subi divers examens, des stimulations d´ovulations, des inséminations artificielles.

Jeanne a été procréée sans l´intervention du corps médical. Elle est née par césarienne (la poche des eaux était colorée avec un cordon ombilical autour du cou).

Le lendemain de la naissance est apparu un ictère traité par U.V. Elle était somnolente, avait des difficultés à boire.

Vers le 10ème jour de vie, elle a présenté des convulsions toniques, convulsions qui ont persisté malgré le Gardénal. Les parents ont noté qu´elles vont surtout se manifester la nuit entre 19h et 6h du matin.

Les convulsions étaient nombreuses, fréquentes pendant les 6 premiers mois de la vie, puis elles vont persister mais plus rarement.

De plus, elle fait des colères par spasme lorsqu´on la dérange (quand on lui nettoie les mains ou les oreilles), quand elle entend un bruit brutal (une porte qui claque).

A l´observation :

- apparition par intermittence de la langue (protusion tongue)

- chewing léger.

- l´enfant joue avec ses mains, indifférente à ses parents, à ma présence

- lorsque je lui mets un objet dans une main, elle le tient mais ne le regarde pas et joue avec l´autre main.

- elle sourit par intermittence dans le vague, parfois elle rit aux éclats, sans raison (semble-t-il !)

- je la prends dans les bras; elle ne dit rien mais me repousse si je la tiens serrée pour l´embrasser

- elle soupire beaucoup,
- elle mange très peu,

- elle a des difficultés à avaler les liquides, les aliments semi-liquides,

Prescription : elle reçoit une dose X 30 K.

Un mois après deuxième consultation :

- elle regarde les objets,

- elle cherche le regard des autres et lorsqu´on la regarde elle éclate de rire,

- elle pousse des cris pendant son sommeil surtout durant la sieste,

- elle gazouille dans son lit, pour la première fois de sa vie,

- elle tète la joue de ses parents,

- elle sort toujours sa langue comme un serpent; parfois sa langue sort sur le côté,

- toujours indifférente aux objets; lorsqu´on lui met un objet dans la main, elle ne le regarde pas, mais de temps en temps (et cela est nouveau) elle le laisse tomber,

- déglutit difficilement la soupe, il faut lui tenir la tête en arrière, les purées passent bien,

- elle se défend pendant l´examen clinique pour la première fois, elle tient assise seule.

Prescription : elle reçoit X XMK.

Troisième consultation en mars 90 :

- toujours indifférente aux autres sauf à son père,

- regarde plus les gens, tourne sa tête quand on l´appelle,

- elle joue toujours avec ses mains, prend seule les objets mais ne les regarde pas quand elle les tient,

- essaie de se mouvoir sur le dos ou sur le ventre,

- souvent elle frissonne,

- elle se réveille toujours en pleurant avec un regard apeuré,
Mi-avril 90 :

- plus présente, sourit beaucoup, rit aux éclats de façon appropriée, mais toujours indifférente à sa famille, à son pédiatre,

Prescription : une dose d´X MMK (en raison de l´impatience du pédiatre).

Juin 90 :

- elle pleure souvent sans raison,

- elle refait des grimaces,

- elle ne veut pas manger, ni marcher,

- elle avale des morceaux et donc souvent avale de travers,

- elle grince des dents,

- toujours indifférente à sa famille,

Septembre 90 :

- elle attrape et prend son biberon seule,

- elle joue avec les objets,

- elle claque sa langue,

- elle sourit aux autres enfants (deux fois par semaine, va en garderie),

- s´endort souvent avec la langue dehors,

- inconsolable la nuit quand elle pleure durant le sommeil,

- elle aime les câlins,

- je me dirige vers elle : grande surprise : Jeanne me tend les bras, me sourit, m´embrasse et participe à la consultation pour la première fois; exécute des ordres simples comme : "donne ta main" "ouvre la bouche" ......

J. Cohen (France).


2° cas Publié dans Echos du Centre Liégeois d’Homéopathie :
Je la vois la première fois au cabinet le 14.05.2003 avec sa mère.

C´est une blondinette aux yeux bleus qui serait ravissante si ce n´était un regard vide, hébété, qui m´évoque, malheureusement, fortement le look d´un poisson pas très frais... Elle dessine à ma demande, de temps en temps sursaute et nous regarde brièvement comme si elle nous découvrait pour la première fois. Par moments, elle mâchouille un chewing-gum imaginaire. Après beaucoup d´encouragement et de stimulation, elle déclare qu´elle est venue parce que "Je réfléchis pas assez bien, je suis toujours dans la lune".

A ma demande: "la lune" pour elle n´est pas du tout un monde de refuge fantasmagorique, mais vraiment ressemble à la surface lunaire "— Je ne pense à rien.", "— C´est vide.", "— Il n´y a rien.".

Sa mère décrit une grossesse, accouchement et petite enfance sans aucune particularité, si ce n´est une lenteur importante, insouciance, manque d´organisation et de concentration. Elle est à présent en retard à l´école qui souhaite lui faire redoubler l´année car elle n´arrive pas à lire de manière adéquate.

Amandine est timide, en retrait, mais joue bien avec d´autres enfants. Elle ne se met pas en colère et ne se défend pas quand on lui prend ses affaires ou on la malmène. Elle est maladroite et renverse les objets mais aime beaucoup le sport. Elle pleure facilement et ne supporte pas la douleur. Amandine a le plus grand mal à répondre à mes questions simples, elle semble perdre le fil de ses pensées, sursaute et retourne sur son dessin.

Un bilan complet audio et ophtalmologique a conclu qu´elle ne présentait aucun trouble sensoriel.
Solution

PSYCHISME - LENTEUR - ne dit rien

PSYCHISME - LENTEUR - après longue réflexion

PSYCHISME - PAROLE, élocution - lente

PSYCHISME - CONCENTRATION - difficulté de concentration - en étudiant

PSYCHISME - GRIMACES

PSYCHISME - HEBETUDE

PSYCHISME - MALADRESSE, gaucherie

Helleborus niger 200K

Le 11.6.2003, je crois rencontrer une petite blonde pétillante pour la première fois! Amandine est transformée, vive, éveillée, elle intervient dans les conversations, corrige sa mère et fait preuve d´un bon sens de l´humour. Sa mère décrit la stupéfaction familiale quand 24 heures après de la prise du remède elle a pris la parole pour la première fois à table...

Helleborus niger 200K

15.10.2003. Tout va beaucoup mieux mais la mère vient avec une liste de points sur lequel il faudrait activer la baguette magique: lire mieux et plus vite, ramasser ses affaires qu´elle laisse traîner partout, etc.


3° cas Marie-Luc Fayeton :
Un cas de psychose

Confirmation de l´hypothèse du Dr. Masi : Il a perdu la capacité de reconnaître une valeur aux choses et lui-même est sans valeur parce qu´il a voulu être La valeur.

Il s´agit d´un homme à l´adolescence difficile, échec scolaire et drogue, jusqu´à la rencontre d´une jeune femme dynamique dont il tombe amoureux à 20 ans, et ils vivent ensemble depuis 8 ans quand il décompense complètement à la naissance d´un enfant 7 mois avant la consultation. Il a renvoyé mère et enfant en Bretagne sans travail, sans ressources, et est retourné habiter chez sa mère.

Échec de Fluoric acid donné le 16/11/84.

Le 7/1/ 85, Il est en pleine régression. Il ne se lave plus, il ne se rase plus, c´est la mère qui le lave et l´habille. Il passe sa journée assis sur une chaise, ou à suivre sa mère comme un toutou.

Il se présente devant moi comme un automate (Hell), raide, thorax en avant, menton relevé, bouche ouverte, bras écarté, le regard vague (Hell), il ne dit pas un mot (Hell).

Il a répété plusieurs fois à sa mère : " je suis perdu " (Hell).

Si je pose une question, il y réfléchit longtemps (Hell), front serré (Hell), en se tirant sur les lèvres (Hell), pour finalement répéter la question (Hell). S´il arrive à parler, il parle extrêmement lentement (Hell), il ne finit pas ses phrases (Hell).

Beaucoup de patience me fait réussir à lui faire dire :

" je suis indifférence (Hell) ". " Je suis comme un automate ".

" Cet enfant, je n´en voulais pas, je ne saurais dire pourquoi ".

" Ça nous a désunis, je n´éprouve plus d´amour pour ma concubine."

- Pourquoi dîtes vous ma concubine ?
" Je ne la considère pas comme une femme par le fait même que je ne suis pas un homme.

" Je croyais avoir un but, je n´ai plus rien ".

" J´ai l´impression d´avoir vécu une indifférence comme ça après arrêt de la drogue. "

" J´ai du mal à penser que cet enfant, je puisse y être indifférent comme ça ; ce petit, il n´y est pour rien."

Tous les symptômes se répertorisent à Helleborus. Je sors de ma trousse Helleborus 5 CH, j´en met dans l´eau et lui en donne toutes les 10 mn, tandis que j´essaie de le faire parler sur ce qu´il veut dire par le mot " perdu "

" Perdu, oui, je suis perdu ".

- Cela veut dire que vous ne guérirez pas?

- C´est plus profond.

- Ça a un rapport avec la vie éternelle ? (La famille est athée)

- Oui, c´est ça, c´est ça, on est une famille perdue.

Tout d´un coup, il se met à rire :

" Ah, mais, je le sens, cette dose me fait du bien, je sens que vous, vous allez me sauver! "

Il a passé une bonne soirée en famille, il paraissait guéri, et puis il a fait après souper une crise de tétanie, affolement général, appel aux urgences, hospitalisation, et quelques jours après, je le retrouve dans le même état que précédemment.

Le 11/1/85, je lui donne Helleborus XM.

Le 21/1, on me dit qu´il se lave, se rase, répond au téléphone.

Le 29/1, il a une allure presque normale en entrant chez moi :

- Comment allez-vous ?

- Si je parle vous allez penser que je vais mieux.

- Il faudrait surtout pas ?

- (il rit) Non c´est pas ça.

- Avez-vous toujours ce sentiment profond d´être perdu ?

- Oui. Ils croient que je vais sortir de cet état mais moi je... "
- Vous m´aviez dit que vous méritiez un châtiment ?

- Certainement.

- Qu´est ce que cela peut être ?

- Que je reste comme ça.

- Qui vous l´a donné ce châtiment ?

- Peut-être que c´est le Bon Dieu (il rit).

- Vous riez parce que vous savez que ce n´est pas vrai. Dieu veut que vous redeveniez un homme -
- Qui vous dit que j´ai été un homme avant ? Toute ma vie ça été comme ça.

- On ne vous a pas appris que Dieu veut vous aider à devenir un homme ?

- Je crois que je n´ai rien compris. Je sais que vous dites vrai mais ça n´entre pas en moi.

- Pourquoi ?

- J´ai l´impression que les mots que j´entends maintenant n´avaient jamais eu de signification. J´ai toujours employé des mots sans en connaître la valeur.

La prescription s´est faite sur une répertorisation, mais toute l´histoire parle d´une absence de valeur : il n´est pas un homme, sa femme n´est pas une femme, il n´a jamais donné de valeur aux mots, il est indifférent à l´enfant, " le pauvre petit ".

Le 22/02/I985.

Il reçoit Helleborus LM : Résultat spectaculaire.

Le 27/03/I985.

La mère dit qu´elle le trouve beaucoup mieux. Il rencontre les copains. Il fait du sport, du ski, de la natation. Il fait de la musculation parce qu´il trouve que sa peau est trop molle.

En consultation, il n´avoue pas qu´il va mieux, mais il est redevenu un beau jeune homme coquet et il plaisante avec moi. Il tremble encore à l´extension des doigts.

Je sens que l´angoisse de sa situation est un obstacle à sa guérison : faillite commerciale, aucun diplôme, le chômage dans la région. Aussi je lui dis :

- Ne pensez pas à l´avenir, car c´est l´angoisse de l´affronter qui vous empêche de guérir.

- Alors, à quoi faut-il penser ? S´il ne faut penser ni au passé, ni à l´avenir ? (il rit). Je me demande toujours si cette naissance, il faut que je l´assume ? Il m´a remplacé d´une certaine façon, le " pauvre petit ". Il n´y est pour rien, je me montrais toujours fort, j´étais très faible, et j´en arrive toujours au même point ; c´est cette naissance. Il est bien là. On ne peut pas le supprimer. Il existe.

Là où je me suis leurré c´est en prenant du LSD, on brûle les étapes, on a l´impression de résoudre les problèmes avec le LSD, et face à des problèmes d´adulte on n´est pas prêt.

Cérébralement, ça m´a laissé quelque chose. Ca m´a lésé le cerveau ".

- Non, vous n´avez aucune lésion au cerveau. Mais vous n´avez pas fait votre maturité. Votre paternité est comme une jambe cassée. Laissez là dans le plâtre sans l´obliger à fonctionner tant qu´elle est incapable de fonctionner. Quand elle fonctionnera, vous sentirez en vous l´envie de cet enfant.

- Et si ça n´arrive jamais ?

- Je vous promets que ça arrivera, mais en temps voulu. Pour l´instant n´y pensez pas.

Il est parti tout content.
Le 18/041985

J´apprends pas sa mère qu´il a envoyé un cadeau à son fils.

Le 06/02/1986

Il lance une petite affaire, a pris un appartement, attend sa femme et son fils qui vont arriver de Bretagne de façon imminente.

Le 25/07/1987

Il m´annonce une " bonne nouvelle ", sa femme attend un 2° enfant.

Une nouvelle dose de Helleborus réglera :
- Une crise de foie en février 86.

- Une gonalgie post traumatique durant depuis 2 mois en Février 87.

- Un rhume suite de baignade en rivière en juillet 87.

Je le revois le 31/12/93. Il a deux enfants, sa femme est heureuse, il n´y a pas de père plus tendre, il a monté une petite entreprise de plomberie en Corse, ça va bien. Mais il se sent un peu déprimé :

"J´ai de l´argent et j´en profite. Quand je regarde ma petite famille, je me dis que je suis heureux. Je fais du tennis, du ski. Mais en fait, je me crée un personnage, je ne suis pas comblé. Il arrive un moment où je perds ma motivation. J´acquiers le savoir par l´expérience de la vie, je n´ai pas le nez fourré dans les bouquins. A l´école, j´étais attiré par ce qui se passait dehors, je cherchais les sensations, je jubile quand je me fais des sensations. C´est pas là que je vais m´enrichir. Finalement, je n´ai pas un rôle intéressant à jouer, ma valeur, dans le commerce, ça se mesure au chiffre d´affaires, c´est tout du vent; les confrères, dans la profession, ce n´est pas des lumières, ils sont mesquins, jaloux. Je voudrais être comme vous. "

Autrement dit :

Ses activités ne le comblent pas.

Ses sensations, ce n´est pas ça qui va l´enrichir (au sens de lui donner de la valeur).

Ses relations, ce ne sont pas des lumières.

Sa profession ne lui donne pas beaucoup de valeur.
Bref, rien n´a de valeur, et lui non plus. La même problématique profonde, mais combien plus nuancée !

" - Qu´est-ce que vous m´enviez ?

" - Vous, votre valeur, c´est de guérir les gens. Et puis, vous avez des certitudes, il n´y a pas de doutes dans votre tête. La question à laquelle je ne pourrai jamais répondre, c´est l´existence de Dieu. Là encore, il y a beaucoup d´efforts à faire pour en savoir davantage. Je suis attiré par certaines choses, mais il y a un blocage. "

Autrement dit, il n´a pas " découvert le bonheur humain comme un cadeau de Dieu pour l´aider à comprendre la divinité " (Masi).

HELLEBORUS 100K abMM

Le 11/12/96, je le revois dans mon cabinet. Il ne vient pas chercher une dose. Il en a pris une cet été. Il a été " déstabilisé " quand le frère de son amie a laissé sa femme.

" La dose m´a fait beaucoup de bien tout de suite, dit-il, mais après une dose on rentre dans une phase où on se pose des questions. Avant, je redoutais ça, maintenant, j´y prends plaisir, je suis vraiment moi-même. J´ai réalisé que je n´étais pas un homme honnête. Il a fallu que je vienne vous en parler, mon cœur bat depuis hier soir à l´idée de vous rencontrer. Je ne suis pas croyant, et en même temps, je pense à vous. Je ne comprends pas. Vous êtes la seule parole du Bon Dieu pour moi. Je n´ai aucune instruction, je n´ai rien fait à l´école. Le travail que je fais ne nécessite pas d´autre qualification pour réussir que d´être roublard ; ça tient avec des combines. Les gens qui voient ma réussite trouvent ça formidable. S´ils savaient ! L´argent que je gagne n´est pas toujours gagné à la sueur de mon front. Je n´ai pas envie de la vie modeste d´un homme honnête. L´honnêteté, ça ne paye pas. Je n´ai pas la force de la choisir, et je ressens une insatisfaction profonde, ça sonne creux. Pour me sentir mieux, est-ce qu´il faut que je passe par là : appliquer les dix commandements ? "

Je ne sais pas la suite de cet échange, mais je peux le dire vraiment guéri : la guérison, c´est la lucidité, après, l´homme en fait ce qu´il veut.

Dr. Fayeton, le 23/5/97
Evolution

Le 20/8/99, il va bien; il a eu un accident de voiture en 98 qui s´est soldé par un lumbago et une manipulation vertébrale.

" Le type a grillé le feu, mais je n´ai pas eu de bons réflexes, j´étais mal dans ma peau, trop pris par mes soucis; j´ai repris une dose d´Helleborus, ça m´a rendu les idées plus claires. "

Il est attaché à la Corse, mais il aimerait vivre dans plus de légalité, et il se pose la question de revenir sur le continent, il n´arrive pas à se décider.

- Et vous, par rapport à la l´honnêteté personnelle, ça ne vous pose plus de problèmes ?

- j´ai réussi à me modifier par rapport à ça, je suis plus clair.

Dr. Fayeton, le 20/8/99


4° cas Dr KERSTEIN :
Grégory, 7 ans et demi, aîné de trois enfants, se présente en septembre 92.

Motif de la consultation : trois verrues, une sur les yeux, une autre au pied et une sur un orteil.

Mais la mère ajoute finement " Je sais que les homéopathes s´intéressent à tout, alors je complète. Grégory se plaint parfois du ventre, notamment, mais pas exclusivement en voiture ".

Accouchement au forceps.

A un an : selles trop nombreuses, guérison par homéopathie.

A l´école maternelle et même actuellement, l´enfant se sépare difficilement de sa mère.

Physique, goûts et aversions alimentaires : rien à signaler.

Plutôt ordonné, il se contrôle assez bien. Très réservé, ne se livre guère, manque de confiance en lui.

La mère ajoute : " Il se concentre difficilement quand il s´agit de faire ses devoirs ou d´étudier ; je dois l´aider ; son esprit est dispersé, il est lent et cette lenteur a été confirmée par son instituteur, il semble ne pas entendre, ni comprendre au point que je l´ai conduit chez l´ORL, qui n´a rien trouvé d´anormal ".

A ce moment, je crois tenir le remède mais je freine mon enthousiasme, et j´interroge moi-même Grégory qui tarde à répondre.

A l´examen, je constate une certaine hypotonie musculaire. L´enfant porte des lunettes, la mère me signale qu´il a été opéré de strabisme l´an dernier.

Solution

Par principe, j´effectue une petite répertorisation.

1. Mind, slowness

2. Mind, concentration, difficult, studying

3. Eye, strabismus

4. Mind, childish behaviour (à l´heure actuelle, l´enfant se sépare difficilement de sa mère).



La répertorisation ne fait que confirmer l´impression que Helleborus est le bon remède, la mère m´avait donné la clé du problème en consultant un ORL pour l´audition insuffisante, alors que l´examen est normal.

Hering nous dit : " L´appareil auditif est intact mais n´entend rien distinctement, ni ne comprend, répond après avoir réfléchi longtemps " (comme Grégory).

Donc Hell 200 K à renouveler après un mois si nécessaire.

Décembre 1992 : après deux mois, je revois Grégory.

Il ne s´est plus plaint de l´abdomen. Mais surtout, à la grande joie de la mère, les trois verrues ont disparu après un mois, bien qu´Helleborus ne soit pas évoqué dans la rubrique des verrues.

Mais je suis plus ambitieux que les parents, je suis convaincu que, dans ce cas, l´homéopathie peut être autre chose qu´un traitement anti verrues, qu´elle peut toucher le mental de ce garçon. Bien qu´il ait de bons résultats scolaires, la mère reconnaît que son fils doit être aidé, et qu´en fait, il travaille plus que ses compagnons.

D´ailleurs, ses parents ont conscience du problème et viennent de commencer une approche psychologique chez un spécialiste.

Pour ma part, je souhaite pouvoir continuer l´administration d´Helleborus, tout en sachant qu´un résultat favorable pourrait être attribué au traitement psychiatrique.


5° cas Dr Ozanon :
25 ans de mariage, 25 ans de confiance aveugle. C´est un homme effondré qui m´est "amené" par sa belle-sœur.

" Depuis deux mois il est prostré, il n´assume plus rien: il vient de découvrir que sa femme l´a dilapidé de tout son argent. Il est au bord du divorce, c´est elle qui fait les formalités. Depuis des années sa femme se mettait de l´argent de côté, elle a entièrement équipé le futur appartement qu´elle occupera avec son amant. Et mon beau-frère n´a jamais rien remarqué. De plus, elle était très dépensière depuis quelques mois: plus de 30 paires de chaussures, des robes, des manteaux... La dernière note de téléphone s´élève à 8000 Fr., c´est son banquier qui l´a mis en garde, le découvert devenant énorme. Faites quelque chose pour lui, aidez le à réagir, il a toujours été fragile, il avait fait une première dépression après le décès son père. Je l´ai forcé à venir vous voir, il restait muré".

Je demande à le rencontrer seul: c´est en effet un homme de 50 ans "abasourdi" qui s´installe devant moi: "un coup d´assommoir, elle va m´anéantir", murmure-t-il. L´interrogatoire n´est pas facile. Il me parle de ses 2 enfants qu´il a mis au courant depuis 3 semaines: "le plus jeune de 15 ans m´échappe, l´aîné de 17 ans est de marbre...". Il me parle de sa fragilité nerveuse: fatigable, il est peu résistant au travail, affrontant mal les difficultés, les conflits. Dans les ATCD, il me signale une tumeur cérébrale opérée à 13 ans. La récupération a été très longue: problèmes de mémoire, d´élocution, ce qui l´a obligé à arrêter ses études de pharmacie. Il est alors rentré dans l´entreprise familiale (encore dirigée par sa mère de 85 ans qui est une véritable maîtresse femme). Il ne va mieux que depuis 10 ans environ, mais reste passif, ayant peu d´intérêt aux choses de la vie quotidienne, n´ayant qu´un rôle subalterne dans son travail. Il ne ressent même pas d´ennui, fonctionnant presque comme un automate.
Je feuillette mon répertoire:

PSYCHISME - STUPÉFACTION (stupeur) - traumatisme à la tête; après un: 6 remèdes:

Arnica, cicuta, conium, helleborus, pulsatilla, rhus tox.

Je me rappelle un travail de Masi d´oct. 89 concernant Helleborus: "Toutes les choses lui semblent superficielles et sans valeur. "Vanité des vanités, tout est vanité". Perte de la joie de vivre: il voit la joie des gens et tous ses malaises s´aggravent. Sa faute: a voulu avoir toutes les valeurs. Châtiment: perd la capacité de reconnaître une valeur aux choses. Egt: sera donneur de valeur.

HELLEBORUS XM est donné en avril 94. Je le revois un mois plus tard: "j´ai l´impression d´émerger d´une longue léthargie". Il est en effet rapidement sorti de sa torpeur et a repris la situation en main: démarche chez l´avocat, discussion avec ses enfants, reprise du travail... Je le reverrai encore deux à trois fois. Helleborus ne sera redonné qu´une seule fois devant une reprise des angoisses avec insomnie et une difficulté à réfléchir...

Des nouvelles me sont données régulièrement par sa belle-sœur: ses affaires sont définitivement réglées, il vit avec ses enfants et s´est bien réinvesti dans son travail.


6° cas G. Vithoulkas :
Un jeune homme, 22 ans, est venu à notre consultation. Il se plaignait surtout d’une céphalée chronique, d’une lourdeur marquée de la tête et il observait que ses céphalées étaient fortement accentuées par l’effort intellectuel. Il lui était de ce fait impossible de se concentrer. Ses maux de tête avaient débuté il y a quelques années, à une période où il avait échoué trois fois de suite à ses examens scolaires. Il se disait paresseux et sans aucun gout pour l’étude, il résumait son comportement en disant, “J’aimerai mieux voir le diable qu’un bouquin.” Il était actuellement encore à l’école et craignait d’échouer une nouvelle fois à ses examens, ce qui lui procurait beaucoup d’anxiété et de désespoir et, parfois même, des idées suicidaires.

L’aspect le plus important du cas, c’était l’impression qu’il donnait lors de l’examen. Il apparaissait ralenti et lourd, et très lent à comprendre. Il donnait rarement d’information de son propre chef et se contentait de rester assis sans bouger, avec un regard presque stupide. Il fermait souvent ses yeux et semblait épuisé. Lorsqu’on le pressait de questions, en l’encourageant à être plus précis dans ses réponses, il plissait le front en un effort de réflexion manifestement pénible et inefficace. Il était très lent et répondait aux questions uniquement par quelques mots. Tout effort de concentration était rapidement abandonné, et il répondait assez souvent, "Je ne sais pas." En deux mois, Helleborus 50M l’a transformé.

Selon mes vues, ce cas est tout à fait caractéristique d’Helleborus, et correspond aux stades initiaux de la pathogénésie du remède. La lenteur est caractéristique. Ici nous avons un patient qui éprouve une grande difficulté à percevoir des stimuli, des questions par exemple, et à tenter d’y répondre. Le patient Helleborus marque une pause assez longue et finit par répondre avec hésitation. "Je le crois," est souvent sa meilleure réponse. Dans le Répertoire, nous trouvons Helleborus dans la rubrique, 'Répondre, réfléchit longtemps avant de'.

Il nous faut noter aussi ce type de céphalée; une céphalée stupéfiante. Stupéfaction et ralentissement caractérisent ce cas. Dans notre matière médicale, on ne peut trouver les descriptions de tous les cas que l’on peut rencontrer, mais les thèmes généraux de la description du remède nous nous donnent des indices qui peuvent être appliqués à ces cas.

Le principal thème d’Helleborus dont on doit se souvenir est la stupéfaction et la difficulté de communiquer. Il y a bien sûr une grande différence entre ce stade précoce dans la pathologie d’Helleborus, et les stades plus évolués et plus caractéristiques, avec stupeur, convulsions, roulement de la tête en agonie, et inflammation du cerveau et des méninges.


7° cas Dr Kent J.T. :
Il s’agit d’un enfant âgé de 8 à 10 mois, atteint d’hydrocéphalie, pour lequel plusieurs médecins parmi les meilleurs établis dans notre ville ont décidé d’abandonner tout soin, considérant son cas au-delà de toute solution thérapeutique. C’est ce qu’ils ont tous dit à son père, après confirmation du diagnostic. J’ai été appelé vingt-quatre heures après cette révélation. L’enfant était totalement inconscient alors et avait, depuis deux jours, les pupilles très dilatées, sans réaction cornéenne au toucher, et tout portait à prédire une mort proche.

La première question que j’ai posée était la suivante: "Les reins fonctionnent-ils depuis un ou deux jours?" et après que l’on m’ait certifié qu’il n’avait presque pas uriné, je lui ai prescrit immédiatement Helleborus 1000, une dose. En quelques heures, il y a eu une bonne reprise de la diurèse, diurèse qui s’est accentuée et maintenue ensuite, avec modification de tous les symptômes cérébraux jour après jour, avec retour de la conscience en une semaine environ, et une récupération complète de la santé en deux ou trois semaines.

Pendant toute cette période, il n’a fallu qu’une à deux doses au plus d’Helleborus, accompagnées d’une seule dose de Bell., Nux., et d’un ou deux remèdes en haute dynamisation, pour des symptômes les nécessitant ; mais ces doses n’ont été administrées que pendant une durée de 24h, et en général à des intervalles de deux à quatre jours voire plus. Cet enfant est devenu l’enfant le plus brillant de cette grande famille, et a bien réussi dans sa scolarité.

Kent, Homeopathic Physician - 1881, vol. I, No. 7


Bibliographie :


Duprat Henry, Traité de Matière Médicale Homéopathique, 2° édition, J.B. Baillère

Farrington E. A. Matière Médicale Clinique. Editions Similia

Hering C., Les Symptômes Guides de Notre Matière Médicale, tome 5.

Kent J.T. Matière Médicale Homéopathique

Kerstein J., Ma pratique Homéopathique au quotidien – 101 Cas commentés.

Lathoud J.A., Etudes de Matière Médicale Homéopathique

Mateu Ratera, Premiers Secours en Homéopathie

Vithoulkas George, Talks on Classical Homeopathy. B. Jain.

Vithoulkas George, Materia Medica Viva, tome XI
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