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HISTORIQUE DE LA 6e ÉDITION DE L’ORGANON DE SAMUEL HAHNEMANN1
Par Sylvie Gendre D.Hom. École d’Homéopathie Classique
Dès 1780, Hahnemann écrit différents articles médicaux sur certains types d’empoisonnement, sur les vertus médicinales de certaines substances, sur l’hygiène de vie en général… Il continue tout au long de sa vie de mettre par écrit ses observations, ‘’ses recettes’’, ses critiques et ses mises en garde. Il resterait d’ailleurs d’innombrables travaux, documents, manuscrits, correspondances qui n’ont jamais été publiés. Nous ne pouvons être que reconnaissants vis-àvis d’Hahnemann pour son ardeur et sa rigueur à publier sans relâche son enseignement.

Vers 1810, lorsqu’il publie la première édition de l’Organon de l’art de guérir, Hahnemann expose clairement sa démarche thérapeutique basée sur le principe de similitude ; il publie les autres éditions en 1818, 1824, 1829 et 1833, année de la cinquième édition de l’Organon. Hahnemann passe donc plus de 20 années de sa vie à éclaircir, fignoler, corriger, ajuster, parfaire sa création. En même temps qu’il remanie l’Organon, il travaille à l’élaboration du Traité des maladies chroniques, dont la rédaction se fait sur quatre éditions successives de 1830 à 1839. Certains passages des deux œuvres se recoupent ou même se répètent, mais la méthodologie et la philosophie y prennent forme et se précisent. Hahnemann a donc à cœur de faire part au plus vite à ses contemporains de ses résultats cliniques, de ses remarques personnelles et de certaines explications importantes. C’est pourquoi les parutions se succèdent aussi rapidement, cependant, le but final ne semble jamais être atteint par l’auteur puisque d’une œuvre à l’autre, les différences sont nettes, principalement dans l’application et la fabrication du remède.

Malgré tous les efforts de Samuel Hahnemann, l’histoire n’a pas facilité les choses, empêchant l’unanimité de se faire dans le monde de l’homéopathie : le 6e Organon, c’est-à-dire les dernières directives du Maître, n’est publié que huit décennies après sa mort. Cette dernière œuvre a été parfois mal traduite, souvent critiquée et même carrément réfutée. C’est pourquoi il est d’autant plus important pour nous d’étudier aujourd’hui ce 6e Organon «dans tous ses recoins», puisque Hahnemann y travaille jusqu’à son dernier souffle, avec le souci constant de laisser derrière lui une œuvre terrestre bien faite.

Cherchant à tout prix à éviter les aggravations possibles du traitement homéopathique, il présente dans le 6e Organon un nouveau mode de fabrication des remèdes, de nouvelles posologies ainsi que des directives très précises. Même s’il se sert lui-même de toutes les dilutions pour soigner ses patients, Samuel Hahnemann se montre très soucieux du tort que les thérapeutes ‘’peu connaissants’’ portaient à l’énergie vitale du malade.

Il résout ce problème en présentant, pour la première fois, dans son dernier Organon de nouvelles formules plus diluées, selon des doses liquides appelées quinquagentésimales.

Lorsque Hahnemann est prêt à propager cet enseignement, il se trouve depuis peu en France, son pays d’adoption qu’il apprécie pour sa beauté et sa culture. Mais les médecins homéopathes français de l’époque refusent le changement et par là-même l’enseignement du 6e Organon. Autant Hahnemann continue jusqu’au dernier souffle à raffiner sa méthode et à vouloir la faire connaître autant les homéopathes français s’opposent au développement de ce que Hahnemann lui-même appelle ‘’l’Homéopathie pure’’.

1 Reproduction partielle autorisée en indiquant la source

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Sans relâche, Hahnemann fait appel à des thérapeutes non médecins et à des médecins homéopathes venant d’ailleurs pour enseigner et mettre en pratique ses dernières découvertes.
Il connaît jusqu’à sa mort des entraves à la publication du 6e Organon qui on le sait n’est publié que 90 ans plus tard en 1920. Et là encore, même un siècle plus tard, les doutes, les critiques et le mauvais esprit viennent ternir l’œuvre qui se présente aujourd’hui comme un ouvrage rempli de riches révélations mais ignorées par de nombres courants modernes.

Quant à l’enseignement de Kent, dont la tâche est de redonner les lettres de noblesse à l’Homéopathie, aussi fidèle et rigoureux qu’il soit, n’est basé que sur le 5e Organon. Kent fait revivre de façon grandiose les instructions d’Hahnemann mais hélas incomplètement. Puisque le 6e Organon est la prolongation directe du 5e et le couronnement. C’est pourquoi Il nous revient la tâche de se remettre à l’étude et à la pratique de l’œuvre achevée.
On peut dire que le 6e Organon représente l’apothéose, l’étape ultime du chercheur.

Cependant les contemporains d’Hahnemann et même ses successeurs étaient-ils vraiment prêts à ses révélations puisque encore aujourd’hui l’utilité des doses liquides, l’usage de la dynamisation à chaque prise et l’application des LM sont encore loin d’être pris au sérieux ?

L’Organon représente une œuvre fondamentale, où définitivement la médecine homéopathique se dissocie, se démarque de la ‘’vieille’’ école médicale, par des bases et des principes tout à fait différents. Hahnemann y décape en quelque sorte les croyances limitées, les hypothèses floues, les erreurs et même les dangers de la médecine dominante ; de plus, il montre clairement sa désapprobation envers ‘’les faux homéopathes’’ : ‘’lorsque les homéopathes essayent de mêler les pratiques fautives de l’allopathie à leurs prétendus traitements homéopathiques, ils montrent par là qu’ils n’ont une connaissance complète de notre doctrine (…). Ils agissent souvent par cupidité et par d’autres motifs moins nobles’’ (préface de l’Organon 1833).

La lecture, comme cela se faisait aisément à l’époque, est facilitée par des subdivisions numérotées appelées aphorismes : cela permet de faire référence à tel ou tel passage en mentionnant simplement le numéro du paragraphe.
Les grands principes de l'homéopathie sont toujours les mêmes du 1er au 6e Organon mais dans la toute dernière édition Hahnemann cherche à optimiser les chances de la guérison surtout pour les maladies profondes, chroniques et les malades ''difficiles''. S. Hahnemann met à disposition des moyens pour : - accélérer les premiers signes de guérison, - éviter l'aggravation, - permettre des changements de remèdes plus rapides, tout cela dans le but de guérir de façon plus efficace le plus grand nombre possible de malades.

Il continue de préconiser l'utilisation d'un seul remède mais l'action limitée et insatisfaisante de la préparation en CH le conduit à faire part de ces observations : - les différentes étapes des CH 6 - 12 - 24 - 30 présentent un trop grand ''saut'' entre chaque niveau de dilution, - la fréquence et la force de l'aggravation sont à diminuer, - trop d'échec, trop de rechute surtout sur les cas chroniques ou graves, - manque de sérieux et de travail en profondeur chez certains homéopathes.

(Voir note du §155) : «s'adonner à cette recherche difficile parfois très laborieuse et réfléchir au choix du remède le plus homéopathique… exige cependant toujours l'étude des sources même associées à une circonspection accrue et à une réflexion sérieuse… Comment ce travail ardu, minutieux, qui rend seul possible la guérison la plus parfaite pourrait-il plaire aux adeptes de la nouvelle secte de bâtards qui se rengorgent du nom honorable d'Homéopathes, administrent même, pour sauver les apparences, des remèdes qui ont la forme et l'aspect des médicaments homéopathiques mais dont ils n'ont cependant compris l'action qu'assez superficiellement…»

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À nous homéopathes du 21e siècle, il nous revient donc la tâche de lire et relire les principes de l'Organon, mais aussi de respecter les mises en garde et les objectifs si clairement énoncés par le fondateur de l'homéopathie. Les objectifs thérapeutiques sont bel et bien la guérison par un seul remède, la guérison profonde et à long terme en évitant le plus possible les fortes aggravations et la suppression des symptômes locaux. L'étude sérieuse et approfondie de la Matière médicale ainsi que les observations cliniques consciencieuses doivent être poursuivies et cela sans abus, sans gloriole, ni recherche de pouvoir. Il est vrai que dans notre monde moderne, de telles pratiques paraissent encore étranges et même ridicules car trop subtiles et trop immatérielles… et pourtant l'organisme lui-même est un véritable laboratoire homéopathique : par exemple certaines sécrétions hormonales ne sont-elles pas des dilutions infinitésimales que les battements réguliers respiratoires et cardiaques dynamisent sans cesse ?

Même si toutes les recherches sur l’importance de l’eau comme support de messages vibratoires sont sans cesse réprimées et la conception immatérielle de l’organisme ridiculisée, l’œuvre d’Hahnemann n’est peut-être pas pour longtemps œuvre du futur. Plus on étudie en profondeur le 6e Organon, plus on s’informe des procédés utilisés par certains de nos contemporains, plus on se rapproche de l’héritage que nous a laissé Samuel Hahnemann. S’il était encore trop tôt en 1843 pour bien assimiler ses instructions, il serait temps cette fois grâce aux découvertes sur l’eau de faire des liens.

Ainsi, d’une part, l’eau peut diffuser l’énergie, tout comme elle propage le son, la chaleur et le courant électrique et, grâce à son pouvoir de conduction, elle peut transmettre des informations que les animaux marins – poissons, dauphins, baleines, entre autres – captent aisément ; d’autre part, l’eau peut accumuler de l’énergie, sous forme de chaleur ou d’énergie potentielle, mais elle peut aussi nous le savons aujourd’hui, stocker des informations, dont tirent notamment partie l’homéopathie ou la thérapie florale de Bach.

On découvre qu’il y a une véritable réorganisation de l’eau chaque fois qu’il y a succussion : on parle de plus en plus de dynamisme de l’eau. Nous ne pouvons donc passer à côté de nombreuses recherches faites actuellement sur ce sujet qui concerne directement les bases de l’homéopathie, sa compréhension et son application.

Nous ne pouvons comparer l’Organon à d’autres œuvres médicales occidentales puisque nous ne possédons aucun outil thérapeutique de cette envergure. Il reste encore très difficile de nos jours d’aborder de façon aussi claire et méthodologique des concepts sur la santé, le médecin, le patient et encore moins sur la maladie !


Son écriture :
Pour écrire sa 6e édition, Hahnemann utilisa un exemplaire de sa 5e édition. Il écrivait directement sur les pages de ce livre, et notait donc toutes les corrections qu’il voulait apporter. Lorsqu’il manquait de la place, il collait des feuillets sur les pages du livre et lorsque ces feuillets étaient remplis il en recollait d’autres ensuite. Cela donnait au final des pages qui pouvaient mesurer plus d’un mètre de long. Hahnemann rédigea ses notes en vieil allemand, d’une écriture fine que nous lui connaissons.
Il termina la rédaction de la 6e édition en 1842 peu avant sa mort, il écrivait à ce moment-là (février 1842) une lettre à son éditeur de Düsseldorf : «Après 18 mois de travaux, je viens de terminer la sixième édition de mon Organon, et
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celle-ci est la presque plus parfaite de toute»2. A son décès le 2 juillet 1843, le manuscrit resta en possession de Marie-Mélanie d’Hervilly sa veuve. Beaucoup d’homéopathes de son temps, en particulier les américains, réclamaient à cette dernière qu’elle publie cette édition, elle autorisa qu’il soit réalisé une copie manuscrite. Cette copie manuscrite fut faite mais elle la conserva... En 1870 la guerre franco-allemande éclate, Mélanie d’Hervilly accompagnée de sa fille adoptive et de son gendre Karl von Boenninghausen quitte la France pour s’établir au domaine de la famille Boenninghausen à Darup en Allemagne. À la mort de Mélanie, en mai 1878, l’héritage de Hahnemann devint la propriété de la famille Boenninghausen qui resta indifférente aux demandes de Richard Haehl3 pour publier cette 6e édition. R. Haehl rassemblait déjà un grand nombre de pièces et d’information sur l’œuvre d’Hahnemann et débutait un ouvrage racontant la vie d’Hahnemann4. À la mort de Karl von Boenninghausen, l’héritage revint à un arrière-cousin de la famille qui accepta l’offre de Haehl. Celui-ci dû trouver du financement et fut aidé par William Boericke5 et James W. Ward6 et réussit à racheter l’ensemble des manuscrits d’Hahnemann et donc celui de la 6e édition ainsi que sa copie manuscrite. Richard Haehl ne conserva que la copie manuscrite et après avoir feuilleté et annoté l’original, il l’envoya à W. Boericke qui la reçut à New-York en mai 1920. W. Boericke en a fait la première traduction américaine7.

Cet original connut des pérégrinations aux États-Unis d’Amérique, à la mort de William Boericke en 1929, James W. Ward le garda et en 1933 il en fit don à la Fondation homéopathique de Californie. La Bibliothèque de la fondation, renommée Bibliothèque Ward en 1939 fut installée dans le nouvel Hôpital Hahnemann en 1940. Le manuscrit gardé dans le coffre-fort du directeur général de l’établissement fut transféré à la mort de celui-ci dans le coffre-fort de la secrétaire de la Fondation (madame Engle) car au sein de la Fondation personne n’y était intéressé. En 1959, Pierre Schmidt8, à l’occasion du congrès annuel de l’Association Hahnemannienne Internationale de San Francisco désira voir le manuscrit mais en vain. Par la suite, madame Engle lui envoya des diapositives du manuscrit. A la demande de Heinz Henne de «l’Institut d’histoire de la médecine de Stuttgart», un microfilm du manuscrit intégral fut réalisé en 1971 à l'université de Californie à Berkeley, puis envoyé à Stuttgart. Par la suite, l’Ouvrage fut remis à la Collection spéciale de la Bibliothèque de l'Université de Californie de San-Francisco.
Les éditions allemandes de la 6e édition de l’Organon sont issues de la transcription de Richard Haehl parue en 1921 qu’il réalisa à partir de la copie du manuscrit et non de l’original. Il fallut attendre 1992 pour qu’une édition allemande basée sur le document original soit publiée par Josef M. Schmidt9 mais aucune traduction en français de ce manuscrit à ce jour n’a été réalisée.
Il existe deux éditions du 6e Organon en français :

1. Doctrine homéopathique ou Organon de l’Art de guérir, avec glossaire et annotations suivis d’un Index établi par le Dr. Pierre Schmidt (de Genève). Traduit de la sixième édition allemande, Vigot Frères, éditeurs, 1952. Réimpression Librairie Geheber, Genève 1975.

2. Organon de l’Art de Guérir, sixième édition. Traduction de Renée-claire Roy. Réalisé sur l’édition allemande de 1921, publiée par Richard Haehl. Éditions Boiron, mars 1984. (Le tirage de cette édition a été limité à deux mille exemplaires, numérotés de 1 à 2000).
2 In Cahiers de la Fondation P. Schmidt, Zürich Traduction F. Cousset. 3 Richard Haehl (1873-1932), médecin homéopathe allemand, premier biographe de Samuel Hahnemann grand collectionneur des écrits et du matériel de Hahnemann. 4 Samuel Hahnemann, seine leben, Richard Haehl, Éd. Dr. Willmar Schwabe, 1922 5 William Boericke (1849-1929) médecin homéopathe américain, né en Autriche émigré à San-Francisco 6 James W. Ward (1861-1939) médecin homéopathe américain 7 Organon of Medecine by Samuel Hahnemann, sixth edition, translated with preface by William Boericke, md, Boericke & Tafel, 1922 8 Pierre Schmidt (1894-1987) médecin homéopathe suisse – étudia l’homéopathie aux USA 9 Organon der Heilkunst – Textkritische Ausgabe der 6. Auflage – Bearbeitet und herausgegeben von Josef M. Schmidt, Samuel Hahnemann, Karl F. Haug Verlag Heidelberg, 1992 4
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Incroyable cette histoire. C'est presque du même type que le bibliothèque de Nag Hammadi avec les codex de papyrus retrouvés en Egypte.

Si je comprends bien, le manuscrit original d'Hahnemann de sa correction sur la 5e édition (6e édition) n'a jamais été traduite en français. Quelqu'un peut-il me confirmer que cette fameuse version allemande de la 6e édition copiée de l'original est bien celle-ci :

https://www.editions-narayana.fr/Organo ... ds=organon

Je ne sais pas quelle version Edouard a utilisée pour nos 2 années de cours mais j'ai pu remarquer qu'il a retravaillé certains passages qui n'étaient pas fidèles à l'original et qui diffèrent donc de l'adaptation de 2012 de 175 pages que nous avons sur notre bibliothèque. J'ai des amis bilingues français-allemand. De l'avis du Conseil des jedis, pensez-vous qu'une relecture pourrait retrouver quelques perles intéressantes? Le travail a-t-il déjà été fait (hormis nos slides de cours)?

Xavier
#65728
Salut Xavier,

il manque encore dans ce récit quelques passages, qui ont un parfum d'étrangeté, car on ne connaitra probablement jamais toute l'histoire. Par exemple dès 1880, bien avant Haehl qui est un biographe, Hering et la dream team des homéopathes américains de cette époque (Berridge, Guernsey, Lippe, Lee, etc.) tentèrent d'acheter sans succès le manuscrit aux Boenninghausen (pour 10m dollars de l'époque). La transaction n'eut jamais lieu alors que chacun connait l'estime que Hahnemann portait à Hering. Hering aurait essuyé un premier refus dès 1865 de la part de Mélanie directement.

Ce n'est pas tout il y aurait eu une version FRANCAISE de l'Organon dès 1843, commandée ou réalisée (?) par Hahnemann lui-même de son vivant. On le sait grâce aux lettres que le Maitre envoyait à cette époque. Qu'est-elle devenue ? ... Et par ailleurs il est possible que la version envoyée aux USA par les Boenninghausen soit finalement une copie d'un manuscrit original en allemand mais détérioré (qui se serait lui aussi perdu).

Edouard s'est servi du texte allemand original pour sa traduction française, et certainement qu'il s'est aidé de la traduction américaine de Boericke (Boericke + Dudgeon en fait car la traduction de Boericke n'était pas intégrale étant donné que Hahnemann n'avait pas retouché toutes les phrases de son cinquième Organon, cinquième Organon qui fut traduit aux USA par Dudgeon).

Haehl attesta que la copie dont il s'est servi était minutieusement conforme au manuscrit original de Hahnemann (celui rédigé sur un cinquième Organon) et il s'avère que c'est vrai à plus de 99,9%. Le lien que tu présentes est correct, il s'agit de la version de Josef Schmidt (rien à voir avec Pierre Schmidt) parue en 1992 et expurgée des quelques ajouts/mots différents que Haehl a fait. Actuellement c'est le texte de référence pour l'étude du 6e Organon.
#65729
On pourrait en faire une série en plusieurs saisons. C'est vrai qu'en restant 8 ans à Paris (1835-1943), ne pas avoir la 6e édition en français est curieux. Un jour peut-être va-t-on retrouver un exemplaire manuscrit dans un coffre d'une banque suisse ou chez les Rockefellers après la révolution des 99,9%.

Une autre idée est de faire un communiqué en proposant une énorme somme. Du bluff pour faire sortir le lapin de son terrier et faire un peu de pub à Hahnemann. Tiens, ce qu'il a écrit vaut cher, c'est qui ce type?! ;)

Je suppose que tu tiens ça de la lecture des 2 bouquins de Haehl, 'Hahnemann, sa vie, son oeuvre', non traduits en français et pas sur notre bibliothèque il me semble.

Je vais commander cette version originale pour la filer à des parfaits bilingues. Peut-être qu'on va y trouver des choses intéressantes et pourquoi pas publier une version officielle en français. La meilleure évidemment puisque ce sera la nôtre!
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Je vous copie ce que l'on peut lire dans le Compendium de David Little - Volume 1
sur le 6eme Organon du vivant de Samuel

Lorsque le Fondateur eut 80 ans, il était bien conscient que sa longue vie touchait à sa fin. Il savait que le 6ème Organon serait sa dernière contribution importante à l'Art de la guérison homéopathique. C'était son plus grand désir de diffuser ses enseignements avancés, y compris la dynamisation LM, dans le domaine public. Samuel commence à travailler sur la nouvelle édition en août ou septembre 1840, au début de ses essais cliniques avec des dynamisations expérimentales. En 1841, il écrit qu'il travaille sur son nouveau manuscrit pendant quelques heures les jeudis et les dimanches. Le manuscrit de Hahnemann de la 6e édition est une copie imprimée du 5e Organon qui est reliée avec du papier intercalaire afin qu'il puisse apporter des modifications au texte. Samuel écrivait également dans les marges et ajoutait des morceaux de papier supplémentaires lorsqu'il avait besoin de plus d'espace. Le 20 février 1842, il écrit une lettre à son éditeur, M. Schaub, pour lui annoncer l'achèvement de sa nouvelle œuvre.
Cher Monsieur Schaub,
Je viens de terminer, après dix-huit mois de travail, la sixième édition de mon "Organon", qui est devenue la plus complète. Elle sera composée de 20 à 22 feuilles calculées à partir de la précédente publication de l'"Organon", mais comme je souhaite une édition plus généreuse, elle prendra au moins 24 feuilles. Pour sa réalisation, j'ai besoin du papier le plus blanc et du modèle le plus récent, car ce sera probablement le dernier.
Samuel Hahnemann, His Life & Work ; R. Haehl, Volume II, p. 84.


D'après cette lettre, Hahnemann commence à travailler sur le 6e Organon en août ou septembre 1840. Comme le Fondateur n'a utilisé la dynamisation LM qu'un nombre limité de fois à cette date, son travail préliminaire consiste à modifier les passages théoriques et à ajuster certaines parties techniques. Selon U. Adler (Les Expériences de Hahnemann avec les 50 dynamisations millésimales : A Further Review of his recueil de cas, 2005), en février 1842, Hahnemann prescrit la dynamisation LM environ 884 fois. Fort de cette vaste expérience, il peut introduire la nouvelle dynamisation 50 millésimales dans les aphorismes et notes de bas de page du 6e Organon. Les collègues de Hahnemann attendent avec impatience la publication de la 6e édition. Il avait l'habitude de partager certaines de ses dernières idées avec ses proches avant de placer un nouvel ouvrage dans le domaine public. Il semble que le Fondateur ait partagé les méthodes pharmaceutiques de la nouvelle dynamisation avec Boenninghausen avant sa mort. Le Baron écrit ce qui suit dans un article publié en 1857.
Dans la nouvelle édition de l'Organon qui paraîtra probablement encore dans le courant de cette année, améliorée et complétée par Hahnemann lui-même, on enseignera une nouvelle procédure simplifiée pour la dynamisation des médicaments, qui présente des avantages considérables par rapport à la première et donne une préparation dont je peux, d'après ma propre expérience, louer pleinement l'efficacité. The Lesser Writings ; C. M. F. Boenninghausen, Aluminium Metallicum, note de bas de page, p. 74.

Ici, Boenninghausen indique clairement qu'il a eu sa "propre expérience" avec les dynamisations LM. Il considérait qu'elles possédaient une essence médicinale unique aussi puissante que les centésimales à haute dynamisation plutôt que les actions d'une basse dynamisation. Pour cette raison, le Baron écrit dans son dernier article publié (Boenninghausen's Last Work : Atropa Belladonna L., Lesser Writings, p. 316) que la dynamisation "présente essentiellement nos hautes dynamisations actuelles". Il note également que le nouveau procédé pharmaceutique permet de réaliser plus facilement des dynamisations plus puissantes que les dynamisations C. Par exemple, il faut 30 dilutions avec de l'alcool et des succussions pour obtenir 30C, 100 dilutions avec de l'alcool et des succussions pour obtenir 100C, et 200 dilutions avec de l'alcool et des succussions pour obtenir 200C par la méthode hahnemannienne. Pour obtenir la plus grande dynamisation LM, il suffit de prendre 31 mesures pour transformer les 3C en 0/30. Cette procédure simplifiée permet à l'homéopathe d'obtenir des préparations très puissantes sans les dépenses ou le travail associés aux centésimales les plus puissantes.
Il semble qu'à part Samuel et Mélanie Hahnemann, seuls le Révérend Thomas Everest, Charles Lethiere et le Baron Von Boenninghausen connaissent la dynamisation LM. Le Baron est très excité par ce nouveau projet et attend avec impatience la publication de tous les détails dans le 6e Organon. Il demande à Hahnemann de lui envoyer quelques cas afin qu'il puisse étudier les nouvelles procédures de gestion des cas avant la publication du manuscrit. Hahnemann accède à cette demande en avril 1843, lorsqu'il envoie au Baron deux cas historiques LM par courrier. Hahnemann écrit également à son proche collègue, Constantine Hering, à propos de la 6e édition en 1842.
Je me suis efforcé, au cours des neuf dernières années, de perfectionner mon "Organon", et la sixième édition sous sa nouvelle forme paraîtra bientôt.
Samuel Hahnemann, Sa vie et son œuvre ; R. Haehl, Volume II, p. 354.


Le Fondateur assure à Boenninghausen et à Hering que les informations contenues dans le 6ème Organon seront disponibles très bientôt. Malheureusement, une série de problèmes ont retardé la publication du texte, qui est resté inédit à la mort du Fondateur, le 2 juillet 1843. Il faudra plus de quatre-vingts ans avant que ce chef-d’œuvre ne soit sauvé de l'obscurité et présenté à la communauté homéopathique. Ainsi, les premiers étudiants de Hahnemann n'ont jamais vu le texte complet et n'ont pas pu intégrer les méthodes avancées de Hahnemann dans leurs pratiques.
Xavier B aimais cela
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Compendium volume 1 - David Little : Le 6eme Organon voit le Jour:

En 1897, Richard Haehl demande à Madame Boenninghausen de libérer l'héritage littéraire de Hahnemann, mais sa tentative échoue. À la mort de Sophie en 1899, la propriété du 6e Organon passe à son mari, Karl. En 1900, le Dr Haehl rend visite au Dr Karl Boenninghausen dans l'espoir d'obtenir la libération de l'héritage, mais sa tentative est également infructueuse. À la mort de Karl en 1902, l'héritage littéraire de Hahnemann est conservé dans la propriété familiale de Boenninghausen à Darup en Westphalie. En 1906, Richard Haehl et William Boericke se rendent en Westphalie, mais là encore, ils ne peuvent obtenir l’œuvre souhaitée. Haehl continue à cajoler la famille Boenninghausen avec plus d'insistance et d'obstination par lettre, mais la Première Guerre mondiale intervient. Finalement, en 1920, les vingt-trois années d'efforts de Haehl portent leurs fruits.
Le Dr Boericke et le Dr James Ward payent les 1 000 dollars demandés pour le manuscrit du 6e Organon. Haehl met ce grand trésor en toute sécurité à Stuttgart pendant les troubles révolutionnaires de l'Allemagne de l'après-guerre. Un an plus tard, en 1921, le Dr Haehl réalise le dernier souhait de Hahnemann en publiant la première édition allemande du 6e Organon Der Heilkunst. Le Dr Boericke traduit les ajouts de Hahnemann à partir de la copie originale et les ajoute à la version anglaise du 5e Organon de Dudgeon. La première édition anglaise du 6e Organon est publiée en Amérique en décembre 1921. Malheureusement, la première génération enthousiaste est passée depuis longtemps et la plupart des homéopathes sont trop complaisants pour tester les méthodes avancées de Hahnemann et les dynamisations LM en clinique. Même Boericke et Tafel ne fabriquent aucune dynamisation LM.

Lorsque le Dr Josef M. Schmidt examine le manuscrit original du 6e Organon de Hahnemann, il constate qu'il y a un certain nombre d'ajouts écrits dans des écritures autres que celle de Hahnemann dans le texte. Au total, il trouve sept écritures différentes dans le manuscrit original. Ces changements sont énumérés et commentés dans l'Organon der Heilkunst Textkritische Ausgabe der von Samuel Hahnemann fuer die sechste Aulfage vorgesehen Fassung-Bearbeitet, herausgegeben und mit Vorwort vershen von Josef M. Schmidt (Haug Verlag). La plupart des changements sont des modifications mineures impliquant des corrections grammaticales ou l'ajout d'un ou deux mots à des fins de clarification. Certains de ces ajouts comprennent des notes explicatives supplémentaires rédigées par Hahnemann qui confirment leur authenticité.
Il y a cinq passages majeurs, dont certains affectent le contenu du texte, qui sont écrits dans des écritures autres que celle de Samuel Hahnemann. Quatre de ces insertions majeures sont écrites de la main du Dr Haehl et une autre est d'une écriture non identifiée. Le Dr Haehl a déclaré avoir rédigé ces ajouts en se basant sur les dictées de Hahnemann, mais les notes originales n'ont pas été retrouvées. Haehl a également déclaré qu'il possédait une copie manuscrite faite du vivant de Mélanie qui se comparait parfaitement à l'original de Hahnemann. Cette copie semble également avoir été perdue au fil des ans. Cela laisse des questions sur l'authenticité de certains des éléments ajoutés au texte original.

Wenda O'Reilly a évoqué ces changements dans son ouvrage, Organon of the Medical Art, à la page 276, dans une section intitulée Commentaires sur le texte. Nous renvoyons le lecteur à sa présentation pour une explication complète des détails et de la manière dont Mme O'Reilly s'est adaptée à cette situation dans son édition de l'Organon. Les cinq principaux passages manuscrits autres que celui de Hahnemann se trouvent aux §265, §270, ainsi que les notes de bas de page §270g, §270f, et §284. Dans le §265, Hahnemann explique qu'il est préférable que l'homéopathe prépare ses propres remèdes et les donne "de ses propres mains". À la fin de ces déclarations, une dernière phrase dit qu'il (Hahnemann) a subi "beaucoup de persécution" pour ces croyances. Mme O'Reilly a supprimé cette dernière phrase du texte.
Mme O'Reilly a inclus les sections contestées du §270 et de la note de bas de page §270g dans son texte car elle les considère comme conformes aux enseignements de Hahnemann. Elle a décidé de supprimer la deuxième partie de la note de bas de page §270f, car elle a le sentiment qu'elle n'est pas cohérente avec le reste du passage. La première partie du passage commence par dire qu'il faut commencer les cas chroniques avec les "degrés de dynamisation les plus bas" et continuer ensuite avec les degrés plus élevés au fur et à mesure que le traitement progresse. La deuxième partie du passage est écrite de la main de Haehl et traite de l'administration de doses croissantes dynamisées à un "degré très élevé" lorsqu'une ancienne affection locale persiste après que la santé ait presque complètement récupéré de toutes les autres manières. Le passage indique que cette méthode permet souvent de supprimer "à merveille" ces plaintes locales unilatérales et tenaces.
Mme O'Reilly dit que ce passage peut provenir des notes de Hahnemann, mais elle a le sentiment qu'il s'agit d'un "ajout détonnant" à la note de bas de page §270. Son raisonnement est qu'il traite de maladies défectives, qui sont abordées dans les aphorismes 185-203. Je trouve ce passage cohérent avec ce qui est dit dans la première partie, car il parle d'abord de l'utilisation des "degrés les plus bas" dans les maladies chroniques, puis évoque une exception à cette règle où des dynamisations d'un "degré très élevé" sont nécessaires pour éliminer les plaintes locales tenaces. Il est logique de discuter à la fois de la méthode de posologie standard dans les maladies chroniques et de l'exception à la règle en un seul endroit. Il y a également un équilibre entre les instructions concernant le moment où il faut utiliser les degrés les plus faibles et le moment où il faut utiliser les degrés les plus élevés.

Le dernier passage contesté est la deuxième moitié de la note de bas de page du §284, dans laquelle le texte parle de donner Sulphur à la mère pour éradiquer la psore pour prévenir la transmission héréditaire de la psore à la progéniture. Mme O'Reilly a supprimé la deuxième partie du passage de son texte principal. La première moitié du passage écrit de la main de Hahnemann est conforme à ce qui est écrit dans l'aphorisme 78, mais la deuxième partie écrite par Haehl soulève un sujet entièrement nouveau. L'utilisation prophylactique de Sulphur pendant la grossesse pourrait être un enseignement de Hahnemann, car il n'y avait aucune raison pour Haehl de forger cette section. Néanmoins, cette partie du passage est contestée car elle n'est pas sous la plume de Hahnemann. Tous ces passages exclus peuvent être revus dans le commentaire de Mme O'Reilly, qui traite de ce sujet de manière très impartiale.

Bien que la 6e édition de l'Organon ait été disponible en allemand en 1920 et en anglais en 1921, elle ne suscite pas beaucoup d'intérêt pour les dynamisations LM. Même après la publication du manuscrit, Boericke ne fabrique pas les nouvelles dynamisations dans sa pharmacie. Ce n'est qu'au début des années 1950 qu'il y a eu un regain d'intérêt pour l'utilisation du système de dynamisation final de Hahnemann. À ce moment-là, trois homéopathes étudient de près l'application clinique de la dynamisation LM. Il s'agit du Dr Pahud de France, du Dr A. Voegeli de France et du Dr Schmidt de Suisse. En 1950, le Dr Pahud publie un article intitulé "Experience with Hahnemann's 50,000th Dilutions" dans le British Homeopathic Journal. En 1951, le Dr Voegeli publie dans L' Homeopathic Francaise ses conclusions sur mille cas de LM. Le Dr Pierre Schmidt publie dans le British Homeopathic Journal en 1954 un ouvrage intitulé "The Hidden Treasures of the Last Organon" (Les trésors cachés du dernier Organon). Ces travaux ouvrent la voie à un regain d'intérêt pour les dynamisations LM.

En 1957, la société Hahnemann Publishing Co. commence à fabriquer les dynamisations LM à Calcutta, dans le W. Bengale, en Inde. La même année, S. M. Bhattacharya de Berhampore, W. Bengale, écrit un article intitulé "L'échelle des dynamisations en 50 millésimales de Hahnemann" qui est publié dans Hahnemannian Gleanings. Peu de temps après, le Dr Chandi Pada Chakravorty et le Dr Harimohan Choudhury commencent des essais cliniques approfondis sur les dynamisations LM au Pakistan oriental (Bangladesh). Le Dr Choudhury commence à fabriquer les dynamisations LM dans les magasins Cosmopolitan Homeo Stores au Bangladesh. En 1960, le Dr Patel publie la première édition de son ouvrage My Experiences with 50 Millesimal Scale Potencies. Chakravorty et Choudhury publient leurs expériences LM en langue bengali dans le Sahasratamiker Prayog Vijman en 1964. Plus tard, le Dr Choudhury émigre à Calcutta, dans le W. Bengale, en Inde, et ouvre Homeopathy International, qui est toujours dirigée par ses fils. Le Dr Choudhury révise son travail original en bengali et publie la première édition en langue anglaise en Inde en 1983, sous le titre 50 Millesimal Potency in Theory and Practice.

J'ai commencé mes expériences de LM en 1984 et j'ai rencontré le grand et regretté Dr Choudhury à Calcutta en 1985. Les homéopathes réunis autour du Dr Choudhury ont étés le premier groupe de praticiens que j'ai rencontré qui comprenait vraiment le 6ème Organon. À sa mort, le Dr Choudhury utilisait les dynamisations LM depuis plus de 30 ans. En dehors de quelques régions isolées d'Europe, d'Inde et du Bangladesh, très peu d'homéopathes avaient une expérience de la dynamisation LM. Lorsque j'ai commencé à parler de la dose liquide et de la dynamisation LM en Occident, presque personne n'en avait entendu parler. Depuis dix-huit ans que je parle des dynamisations LM, le 6ème Organon a connu un grand regain d'intérêt. Aujourd'hui, la dynamisation LM est utilisée par de nombreux homéopathes dans le monde entier.

Malheureusement, certains des nouveaux praticiens des dynamisations LM n'ont pas saisi la véritable essence du 6ème Organon. Plutôt que d'utiliser la méthode artistique introduite par Hahnemann, ils prescrivent les dynamisations LM de manière mécanique, souvent quotidiennement, pendant des semaines, des mois et des années. Cela a produit trop d'aggravations inutiles et a gâché trop de cas. En même temps, un certain nombre d'excellents homéopathes administrent correctement les dynamisations LM avec beaucoup de succès. Cela a pris beaucoup de temps, mais la dynamisation LM est enfin arrivée à maturité.
Jean Umber, FloFed, Xavier B et 1 autres aimais cela
#65745
Anne a écrit : 04 févr. 2021, 08:48 Il y a cinq passages majeurs, dont certains affectent le contenu du texte, qui sont écrits dans des écritures autres que celle de Samuel Hahnemann. Quatre de ces insertions majeures sont écrites de la main du Dr Haehl et une autre est d'une écriture non identifiée. Le Dr Haehl a déclaré avoir rédigé ces ajouts en se basant sur les dictées de Hahnemann, mais les notes originales n'ont pas été retrouvées. Haehl a également déclaré qu'il possédait une copie manuscrite faite du vivant de Mélanie qui se comparait parfaitement à l'original de Hahnemann. Cette copie semble également avoir été perdue au fil des ans. Cela laisse des questions sur l'authenticité de certains des éléments ajoutés au texte original.
Ceci m'interpelle car ce n'est pas clair. Pourquoi Haehl se serait-il permis d'écrire directement sur le manuscrit d'Hahnemann ?? Ou alors il aurait rajouté (comme Hahnemann) des morceaux de papier collés ? C'est proprement insensé de faire une chose pareille sans posséder pour de vrai de véritables notes additives de Hahnemann. Par ailleurs ensuite il n'a pas gardé le manuscrit pour lui et l'a envoyé aux USA à Boericke tout en gardant la copie en prétendant qu'elle était identique. C'est incohérent. Il faudrait retrouver le passage exact où Schmidt en parle dans son livre.
Enfin contrairement à ce que dit D. Little la copie en question est également dans les mains de l'UCSF qui détient actuellement le manuscrit de Hahnemann. Jean Claude Billot récemment a comparé le manuscrit et sa copie et est arrivé à la conclusion qu'ils sont quasi identiques.
#65746
Je crois avoir pigé. L'UCSF a récupéré la copie du manuscrit de Hahnemann en 2008, c'est à dire bien après les travaux de Schmidt qui ne l'a donc jamais vue ! Figurez-vous que cette copie a elle aussi eu une histoire particulière : Haehl l'a finalement renvoyée (on ne sait pas quand) également à Boericke après l'avoir utilisée pour publier sa version allemande du sixième Organon. Aux USA cette copie a été petit à petit négligée et s'est en quelque sorte perdue elle aussi, avant qu'un bibliothécaire d'un autre hôpital californien la retrouve et se rende compte de ce dont il s'agit. Tout cela est rapporté par l'UCSF et David Little n'est pas au courant.
C'est la seule explication selon moi pour expliquer les ajouts constatés par Schmidt que Haehl aurait écrit sur le manuscrit : Haehl en comparant la copie (scrupuleusement réalisée par Mélanie) et le manuscrit original aurait ainsi rajouté à la main sur le manuscrit les petits bouts présents sur la copie et manquants sur le manuscrit (quelques lignes manifestement) avant d'envoyer le manuscrit à Boericke.
Reste à élucider la présence des autres écritures mentionnés par Schmidt.
Xavier B, Anne aimais cela
#65755
https://archive.org/details/HaehlMS/mode/2up

La copie du manuscrit original dont s'est servi Haehl.
#65756
https://archive.org/details/OrganonDerHeilkunst

et l'exemplaire du cinquième Organon sur lequel Hahnemann écrivit le sixième (!)

(Les liens donnés par Arsen dans ce topic ne fonctionnent plus : https://planete-homeopathie.org/forum/v ... =15&t=5424)
Anne, brigitteappel aimais cela
#65759
Rien n'est moins sûr.

Mon hypothèse est simplement de dire que Haehl a modifié le manuscrit original pour qu'il corresponde à la copie.
Le § 284 figure parmi les § qui ont été entièrement réécrits par Hahnemann.
Déjà il faut le lire en allemand sur la copie de Haehl, ce dont je ne suis pas capable et s'assurer sur un plan graphologique que tout est conforme (manifestement c'est la même écriture tout du long, similaire aux autres §, et il n'y a pas d'ajout dans ce §).
Ensuite il faut retrouver le § 284 sur le manuscrit. Apparemment en page 542 du scan. Là ça se complique sur le plan visuel, il faut avoir l'habitude. Il semble y avoir deux écritures. Je ne sais pas identifier l'écriture de Haehl mais la deuxième (bas de page) est probablement la sienne. Il faut comparer mot à mot les deux textes et voir si la deuxième écriture sur le manuscrit correspond bien à du texte qui figure également sur la copie. C'est un travail d'historien ou de fourmi ou les deux.

La partie qui t'intéresse en français : "Mais, afin de détruire la psore héréditaire, source de tant de maladies chroniques ... ") figure bien sur la copie, clairement lisible.
Sur le manuscrit on voit bien qu'elle a été rajoutée. Mon hypothèse se confirmerait donc. Je note que Haehl a fait ses rajouts sans soigner son écriture. Il a gardé la copie parfaitement lisible et a envoyé le manuscrit à Boericke ! Ce dernier a eu bien du mérite.

Maintenant pour répondre à ta question, puisque ce passage ne figure pas sur le manuscrit, c'est qu' a priori il n'est pas de la main même de Hahnemann. Personne ne sait qui a réalisé la copie et si le scribe s'est servi de matériel annexe en plus du manuscrit. Hahnemann devait certainement avoir une copie propre bon sang ! Disparue elle aussi ?
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