#65301
Voilà, je me pose plein de questions de biochimie à partir de publications vérifiées et vérifiables, et je me rend compte que ma parole de chimiste ne passe pas vraiment. Ai-je le droit de dire ce qui suit ?

De nombreux travaux montrent bien que l'immunité innée est associée à la présence de peroxynitrites :
https://oatao.univ-toulouse.fr/18022/1/ ... 3MKF8Bl5xA .

Le dosage de ce peroxynitrite est obtenu grâce à la présence de nitrotyrosine dans le sang
(https://www.merckmillipore.com/FR/fr/pr ... H_cdtQnVL0).

Or la tyrosine est un phénol activé par un carbone saturé, donc très sensible aux attaques électrophiles perpétrées par les oxydants, et donc, ainsi que l'indique Koppenol
https://www.researchgate.net/publicatio ... ical_toxin
, le peroxynitrite est l'agent essentiel de la nitration des cycles aromatiques biologiques activés.

Par ailleurs, le peroxynitrite active la formation des prostaglandines, responsables de la fièvre et des douleurs
https://www.pnas.org/content/pnas/93/26/15069.full.pdf

Donc, si on introduit dans la cellule un agent capable de diminuer la concentration en peroxynitrite, on défavorisera la formation des prostaglandines, et donc la fièvre et les douleurs associées devraient diminuer.

Pour consommer ce peroxynitrite, il faut donc introduire une molécule capable d'être nitrée rapidement, semblable à la tyrosine, et pas trop toxique en même temps. Parmi les phénols à notre disposition, il en existe un qui est très utilisé pour baisser la fièvre. Il s'agit du paracétamol, phénol bien activé vis-à-vis des substitutions électrophiles par le groupement acétamido. On peut donc supposer que on mécanisme d'action passe par la consommation du peroxynitrite.
Une étude de Dodun et al, 2014, montre d'ailleurs la présence de nitroparacétamol dans les excrétions des personnes en utilisant, preuve de cette nitration in vivo.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articl ... 129651.pdf

Cependant, cette consommation a un désavantage, qui est de diminuer l'immunité innée. On peut donc légitimement se poser la question de la responsabilité du paracétamol (et d'autres phénols utilisés comme antiinflammatoires, tels le naproxène) dans l'affaiblissement de l'immunité innée.

En étendant ma recherche à d'autres médicaments, je me suis rendu compte qu'une très grande majorité d'entre eux présentaient un cycle aromatique fortement activé vis-à-vis de la nitration. Par exemple tous les antiinflammatoires non stéroïdiens, les perturbateurs endocriniens, les hypotenseurs (éthers de phénol), les neuroleptiques dont une des fonctions est généralement un éther de phénol,...

Je peux vous représenter les molécules, si vous le désirez.

Enfin, en y réfléchissant, les personnes à risque pour le "covid" avalent toutes ces substances, avec en plus une recommandation de ne rien prendre d'autre. Leur affaiblissement immunitaire ne serait-il pas dû tout simplement à cette utilisation.

Est-ce de la science ou du complot ?
yasumina aimais cela
#65319
Bonjour Jean,
Je te remercie pour ce post bien que je sois bien loin de pouvoir en comprendre toutes les données scientifiques exposées et documentées, et ce pour bien étayer ta très intéressante hypothèse scientifique... Je ne suis pas une scientifique...
Mais il se trouve que lorsque ma nièce a eu la covid, sa mère qui me donnait de ses nouvelles quelques jours plus tard, m'a dit qu'elle avait guéri en 3 jours rien qu'avec un (?) comprimé de paracétamol !! Fini, plus de symptômes, super !! Bizarrement cela ne m'a pas rassurée du tout et mes craintes se sont avérées plus que justifiées...
Dès l'aggravation dont j'ai parlé ici dans un post, j'ai émis l'hypothèse que le paracétamol était sans doute à l'origine d'une fausse guérison suivie de l'emballement de la maladie de la manière dramatique dont j'ai parlé, l'immunité naturelle ayant été en quelque sorte coupée ( ma nièce était, semble-t-il en pleine forme lorsqu'elle a été infectée). Bien sûr on s'est moqué de mon hypothèse comme - et surtout - de mon "engouement" pour l'homéopathie... "Pourquoi pas la cartomancie, tant qu'on y est ?" m'a-t-on même dit...
#65332
Voici ma thèse :
L'équilibre cellulaire est garanti par le présence simultanée d'oxydants (pour permettre en particulier l'apoptose cellulaire et donc l'élimination des cellules mortes) et de réducteurs pour empêcher ces oxydants de causer des dégâts aux cellules saines.

Le principal oxydant, selon ce que j'ai pu en lire dans les publications, est le peroxynitrite (l'eau de javel en est un autre, fabriqué également par une enzyme). Le principal réducteur est le glutathion. Le peroxynitrite réagit avec le glutathion en donnant un pont disulfure (tout cela est montré dans la pub de Koppenol). Cette formation est réversible car de nombreux réducteurs (NADPH par exemple) peuvent régénérer le glutathion. D'où l'intérêt que ce système fonctionne sans altération, car il en va de la vie de la cellule.

La publication que tu fournis parle d'un des dangers du paracétamol : celui de la destruction du glutathion. Cette réaction figurait déjà dans les bons bouquins de chimie il y a plus de 20 ans. Selon les propriétés chimiques immuables des phénols, il détruit également le peroxynitrite en le fixant sur le cycle aromatique.
Il a donc un double effet : il attente à la capacité de destruction des cellules malignes, et à la protection de ces cellules contre ces mêmes oxydants. La cellule perd de sa vitalité finalement. Et à un moment, un déséquilibre apparaît, dans un sens (trop d'oxydant et c'est la fièvre hectique) ou dans l'autre (trop de réducteur et c'est le cancer).

On me reproche d'être simpliste. Mais ne doit-on pas rechercher la simplicité en sciences !
VeroniqueB, Xavier B aimais cela
#65339
Je prends l'exemple du volant d'inertie : Quand celui-ci est lourd et a un grand rayon, une modification de la force de traction n'a que peu d'effet sur la régularité de l'avancement de la voiture. Dans le cas de la cellule, si elle crée en permanence une grande quantité d'oxydant et contient une grande quantité de réducteur, une modification même importante de l'environnement n'aura que peu d'impact sur la vitalité de cette cellule. Inversement, si toutes les réserves sont épuisées, même si on est momentanément à l'équilibre, tout peut être bouleversé très rapidement.
#65340
Un bel exemple de suppression. Dans une autre vie, je me suis passionné pour la bioélectronique de Louis Claude Vincent et l'effet Warburg dans le cancer. J'avais rencontré un ingénieur de la société belge Consort qui fabrique des bioélectronimètres et il m'avait dit qu'il existait des machines électroniques (qu'il ne vendait pas) pour détecter le pH d'une cellule et de son environnement sans devoir y plonger une sonde fut-elle microscopique. Un système optique électronique qui serait bien utile pour confirmer la thèse de Warburg sur des cultures de cellules cancéreuses. Avec un bioélectronimètre, on peut mesurer le potentiel d'oxydoréduction (rH2) d'une solution. Je ne sais pas s'il existe des dispositifs semblables aux pHmètres pour des mesures microscopiques. La bioélectronique tend à démontrer que les membranes cellulaires sont des interfaces qui inversent les polarités. Au plus le milieu intérieur sera 'oxydé', au plus le sang va se 'réduire' pour maintenir coûte que coûte l'équilibre. Au plus l'environnement de la cellule (la lymphe) va s'acidifier, au plus le cytoplasme de la cellule va devenir basique. Des mesures précises du peroxynitrite et du glutathion pourraient confirmer la bioélectronique avec tout la difficulté de pouvoir isoler les mileux intra et extra cellulaires.

J'espère Jean que tu vas pouvoir publier tes intuitions. C'est toujours un plaisir de faire un clin d'oeil à Hahnemann dans une publication scientifique.
#65347
Jean
D'abord il faut nous débarrasser de l'auto-censure qui consiste à déclarer des complots dès qu'on ne pense pas dans la droite ligne du parti.

Ensuite je ne peux évidemment pas me prononcer vu mon niveau en chimie mais je suis certain qu'il existe des revues avec comité de lecture qui accueillaient ton article. Trouve ces revues, et on te donne le coup de main pour rédiger si tu le désires. A mon avis ce que tu dis a beaucoup de valeur et il serait idiot de ne pas publier.
#65358
je ne suis pas scientifique mais ce que vous avancez est bien structuré et documenté. Cela m'a fait penser à ce que disait André Lwoff à propos de la fièvre comme mécanisme essentiel pour la destruction des virus et autres bactéries. Vous etes en bonne compagnie :)
#65359
Jean Umber a écrit : 22 déc. 2020, 10:16 Voici ma thèse :
L'équilibre cellulaire est garanti par le présence simultanée d'oxydants (pour permettre en particulier l'apoptose cellulaire et donc l'élimination des cellules mortes) et de réducteurs pour empêcher ces oxydants de causer des dégâts aux cellules saines.

Le principal oxydant, selon ce que j'ai pu en lire dans les publications, est le peroxynitrite (l'eau de javel en est un autre, fabriqué également par une enzyme). Le principal réducteur est le glutathion. Le peroxynitrite réagit avec le glutathion en donnant un pont disulfure (tout cela est montré dans la pub de Koppenol). Cette formation est réversible car de nombreux réducteurs (NADPH par exemple) peuvent régénérer le glutathion. D'où l'intérêt que ce système fonctionne sans altération, car il en va de la vie de la cellule.

La publication que tu fournis parle d'un des dangers du paracétamol : celui de la destruction du glutathion. Cette réaction figurait déjà dans les bons bouquins de chimie il y a plus de 20 ans. Selon les propriétés chimiques immuables des phénols, il détruit également le peroxynitrite en le fixant sur le cycle aromatique.
Il a donc un double effet : il attente à la capacité de destruction des cellules malignes, et à la protection de ces cellules contre ces mêmes oxydants. La cellule perd de sa vitalité finalement. Et à un moment, un déséquilibre apparaît, dans un sens (trop d'oxydant et c'est la fièvre hectique) ou dans l'autre (trop de réducteur et c'est le cancer).

On me reproche d'être simpliste. Mais ne doit-on pas rechercher la simplicité en sciences !
Tu évoques la destruction du glutathione par le Paracetamol.

Mais il semblerait qu'il existe aussi un effet inverse de production excessive de glutathione via la médiation de cystéine mobilisée par ce même Paracetamol. C'est en tout cas un scénario avancé par des chercheurs qui ont analysé les mécanismes de toxicité du Paracetamol pour le foie qui en font un des principaux responsables des besoins de greffes de cet organe. Cette existence d'effets opposés n'est pas à mon sens surprenante quand on a affaire à un enchevêtrement de boucles de rétroactions qui assurent un équilibre.

En isolant les résidus de cystéine (dans l'organisme le paracétamol se convertit en un nouveau composant qui se lie aux protéines du foie via un acide aminé appelé cystéine), les chercheurs ont remarqué qu'elles produisaient du glutathione, une antioxydant qui se développe en réaction à un phénomène de toxicité du foie pour le protéger. Prendre du paracétamol entraînerait la multiplication de glutathione qui, en trop grand nombre, serait responsable du dysfonctionnement sur les protéines du foie en les empêchant de prodiguer l'énergie nécessaire à l'organe. Plus la dose de paracétamol, est élevée plus le développement du taux de glutathione augmente ce qui expliquerait pourquoi le traitement est si dangereux en surdosage.

D'autres médicaments affectant l'organisme de la même façon existant sur le marché, les chercheurs prévoient de mener une étude plus large afin d'identifier d'autres dangers possibles.

https://www.medisite.fr/medicaments-et- ... 54.70.html
#65380
Bonjour Emile,

J'aimerais avoir la publication originale, parce que medisite ne semble pas connaître le lien entre glutathion et cystéine. En fait, ils ne comprennent pas bien la chimie des processus en cause. En effet, la cystéine est un des acides aminés formant le tripeptide glutathion.
#65381
Jean Umber a écrit : 27 déc. 2020, 12:05 Bonjour Emile,

J'aimerais avoir la publication originale, parce que medisite ne semble pas connaître le lien entre glutathion et cystéine. En fait, ils ne comprennent pas bien la chimie des processus en cause. En effet, la cystéine est un des acides aminés formant le tripeptide glutathion.
Voila l'article de 57 pages.
Vous ne pouvez pas consulter les pièces jointes insérées à ce message.
#65388
Merci pour le papier. Effectivement, médisite est complètement à côté de ses pompes.
Ce qui se passe ici, c'est que l'oxydation du paracétamol par le CYP2E1 (cytochrome P) conduit à un composé lui-même oxydant qui réagit avec les thiols (glutathion ou protéine cystéinée) pour donner un composé qui conserve des propriétés oxydantes (protein ipso adduct), qui va pouvoir régénérer le paracétamol en créant une liaison disulfure entre la protéine cystéinée et le glutathion. Ces liaisons disulfure sont toujours obtenues par des réactions d'oxydation des thiols R -SH. Et elles consomment deux moles de thiols pour former une mole de disulfure. Donc, contrairement à ce qui est dit dans l'article, la concentration en thiols (glutathion ou cystéine) diminue constamment au fur et à mesure que l'on utilise le paracétamol. Cette concentration diminue faiblement avec des petites doses de paracétamol, mais elles diminuent malgré tout en déstabilisant les processus biochimiques, même à faible dose.
On voit également que les auteurs s'intéressent aux oxydants azotés, en particulier le peroxynitrite ONOO(-), mais il ne voient pas que le paracétamol peut également agir sur eux de la même manière que la tyrosine, puisqu'il donne également du nitroparacétamol.
paracétamol.jpg
Vous ne pouvez pas consulter les pièces jointes insérées à ce message.
#65393
Ce ne sont pas tant les auteurs de l'étude que les rédacteurs de médisite qui déjantent.
Les auteurs, j'en ai l'impression, ont utilisé un terme imprécis pour ce qu'ils ont appelé "glutathionation". Il faudrait que je leur indique qu'il s'agit d'une véritable déplétion en glutathion réduit, qui est l'entité régulatrice des réactions d'oxydation se déroulant dans le foie.
#65409
De manière plus précise encore, le paracétamol joue le rôle de catalyseur, c'est-à-dire qu'il accélère la transformation de la cystéine réduite en cystine possédant un pont disulfure, tout en étant régénéré, ce qui permet au paracétamol d'accélérer indéfiniment cette déplétion en thiols réducteurs.
Les personnes prenant du paracétamol régulièrement doivent très certainement présenter ce déficit en cystéine, provoquant par là-même un déficit en méthionine, acide aminé essentiel et source de la cystéine.

Depuis le début c'est un montage mé[…]

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