par Stéphane
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#68713
Bonjour à tous,

Avec Christian nous avons transcrit un très beau discours du Dr. Luc de Schepper que nous avons découvert sur YouTube, afin que ceux qui ne connaissent pas l'anglais puissent aussi en profiter. Vous trouverez ci-dessous le lien vers la vidéo, la traduction française et la transcription anglaise du discours.

https://www.youtube.com/watch?v=cuqf7aw8Jc0

TRADUCTION
Congrès européen d’homéopathie 2011
Dr Luc de Schepper - Discours inaugural


Chers collègues et amis,

En lisant Aladin et la lampe merveilleuse lorsque j’étais petit garçon, je me souviens que je m’étais demandé quels seraient mes trois souhaits, si j’avais l’occasion de m’adresser au génie. Je ne sais plus ce que furent mes souhaits à l’époque, sinon peut-être d’avoir trois glaces par jour, mais en tout cas je n’hésite pas aujourd’hui à frotter la lampe et à formuler mes trois souhaits du moment.

Mon premier souhait serait de sculpter et de façonner la persona et la constitution de l’Homéopathe. La première ordonnance miraculeuse de l’Homéopathe n’est pas le remède, mais le lien qui s’est créé entre lui et la personne malade, dans une atmosphère de compréhension, de soutien et d’absence de jugement. L’énergie de celui qui guérit fait toujours partie intégrante du processus de guérison du patient. L’intention de l’Homéopathe, son énergie de vie, sa compassion, son attitude, contribuent sans aucun doute au processus de guérison du patient, c’est pourquoi le médecin lui-même doit commencer par s’interroger sur ses aspects sombres, sur la face cachée de sa propre personnalité. C’est la qualité de cette rencontre qui garantit qu’une vraie guérison aura lieu. Le thérapeute doit d’abord accéder au cœur du patient, avant d’accéder à sa tête. Cette attitude de base assure la qualité de la relation, et cela mène à une vraie guérison. Le médecin allopathe s’est de plus en plus spécialisé, ce qui a provoqué une dépersonnalisation dans sa relation avec le patient. Comme Carl Jung l’a dit de façon si convaincante : « Le premier vrai enseignement de la psychothérapie, c’est que, pour ce qui concerne l’esprit, en dernière analyse, ce ne sont pas vraiment les connaissances, ce ne sont pas les compétences techniques qui ont un effet curatif, mais la personnalité du médecin. Il y a bien sûr les qualités de la tête, mais celles du cœur ne sont pas moins importantes. »
Mesdames et Messieurs, pour vraiment percevoir la souffrance du patient, on a besoin de beaucoup d’expérience et de sensibilité, de ce que l’on pourrait appeler de la compassion et de l’empathie. Le concept et l’image symbolique du guérisseur divin génèrent une dynamique de terrain, qui se crée entre le patient et le docteur du fait de leur interrelation. On pourrait dire que le guérisseur, le vrai guérisseur prend littéralement en charge les souffrances de son patient, et les partage donc avec lui. Pour cette raison même, il est obligé de prendre un risque, il doit prendre le risque qui se trouve dans la nature des choses. Il est sans aucun doute largement accepté que les processus de pensée et les émotions du patient peuvent générer amélioration et guérison. Mais il est tout aussi largement attendu et accepté que les processus de pensée et les émotions du médecin et du patient ont la même puissance curative. Le concept et l’image symbolique du héros représentent un homme qui ose devenir un individu, une personne qui n’hésite pas à tout risquer, à mettre en jeu son existence toute entière par indépendance, qui renonce aux certitudes et prend le risque de l’incertitude. La volonté de devenir homéopathe exige foi et courage. Le courage d’abandonner les certitudes, le courage d’être différent et de rester seul dans la solitude, le courage de quitter le domaine qui est le sien de la médecine conventionnelle, et de se risquer sur un terrain inconnu jusqu’alors, le courage de ne se préoccuper que de la vérité, de la vérité non seulement dans ses pensées, mais aussi dans ses propres émotions. Ce courage, Mesdames et Messieurs, n’est rendu possible que par un acte de foi. De foi, non seulement en tant que croyance dans une idée qui ne peut encore être ni prouvée ni perçue, mais de foi dans la vérité des lois et des principes de l’Homéopathie. Être capable d’avoir confiance dans ses lois et principes, de tout fonder sur eux, c’est cela, la foi.

Cela m’amène à mon deuxième souhait : que l’Organon devienne le livre le plus cher au cœur de tous les Homéopathes. Notre premier devoir n’est pas de nous occuper du patient, mais avant tout d’accepter la vérité. Et si nous nous en servons bien, nous nous apercevrons que cela nous permet de faire le plus grand bien à toutes les personnes malades. Nous n’avons pas à prouver quoi que ce soit à qui que ce soit, notre mission, c’est de faire vraiment le travail et d’appliquer les principes de sorte que la preuve soit visible pour tout-un-chacun. Il est temps, Mesdames et Messieurs, que toutes les autres écoles rendent vraiment obligatoire l’étude détaillée de l’Organon. Jamais je n’ai vu un praticien vraiment au courant de ce magnifique ouvrage se poser des questions sur ce qu’il devait faire ou penser en cas urgence. Ceux qui disent le contraire n’ont pas la moindre idée de la profondeur et de la richesse de cette œuvre merveilleuse. Beaucoup qui prétendent connaître l’Organon restent sans voix quand on leur pose des questions. Toute personne appliquant les règles édictées dans l’Organon pratiquera une l’homéopathie authentique, couronnée de succès, et conservera de surcroît à jamais son enthousiasme d’étudiant.

Mesdames et Messieurs, il existe trois sortes de livres : les météores, les étoiles qui bougent et les étoiles fixes. Celles de la première catégorie, les météores, ne produisent qu’un effet temporaire. Vous avez à peine le temps de lever les yeux et de lancer « Regarde ! », qu’elles ont déjà disparu. Celles de la deuxième catégorie, les étoiles qui bougent, durent un peu plus longtemps mais ne tardent pas à céder la place, car elles ne brillent que d’une lumière empruntée à d’autres et n’ont pour sphère d’influence que leurs contemporains et leurs compagnons de voyage. Mais la troisième catégorie d’étoiles fixes – à laquelle l’Organon appartient – cette troisième catégorie de livres, Mesdames et Messieurs, est immuable, elle ne change pas, ces livres brillent de leur propre lumière et étendent leur influence à tous les individus de la Terre car ils appartiennent à l’univers et à l’humanité. C’est justement parce que ces livres sont si haut dans le ciel qu’il faut de nombreuses années pour que leur lumière touche l’œil des hommes, dans leurs pays. Pourquoi l’Organon est-il monté si haut ? Pour la simple raison qu’il a été écrit non pas dans un esprit de gain, mais seulement pour nous apporter et nous enseigner sa sagesse : une merveilleuse technique de guérison naturelle, qui unit le corps et l’esprit. Tout au long des années, je n’ai cessé d’entendre et entends toujours les gens proclamer : « L’Homéopathie classique ne fonctionne pas, j’ai essayé. Maintenant, j’utilise une méthode plus avancée, la méthode ésotérique, et ça marche. Les temps changent, les maladies aussi. » Depuis quand, Mesdames et Messieurs, depuis quand ? Ces homéopathes oublient-ils que l’Homéopathie est fondée sur la dégradation de la nature ? Et cette dégradation change-t-elle avec le temps ? Ces homéopathes soutiendraient-ils que cinquante ans d’études et de recherches permettraient de changer la loi de la gravitation, et qu’il serait possible de faire tomber une pomme plus vite ? Nous avons étudié un plus grand nombre de remèdes, et nos vérifications sont plus poussées que jamais, mais la loi, Mesdames et Messieurs, la loi n’a jamais changé et ne changera jamais.

J’en arrive à mon troisième souhait : pouvoir façonner la persona du patient. Nous avons tous connu, à nos débuts, une période de lune de miel et avons cru que tout pouvait être soigné par l’Homéopathie. Mais réussir avec un patient ne dépend pas seulement de notre compétence. Comme nous l’avons déjà dit, il existe d’autres facteurs qui décident du succès et de l’échec. L’un d’entre eux serait peut-être de savoir si le patient est vraiment parvenu au bout de sa souffrance. Il est courant que le patient arrive au cabinet de l’homéopathe et dise : « Je suis malade, je suis malheureux, on m’a dit que vous garantissez la guérison, donc me voilà ! » Mesdames et Messieurs, si, après quarante ans de pratique je devais accrocher quelque chose au mur de mon cabinet, ce serait : « Venir me voir ne suffit pas. » Puis : « Non, je ne suis pas Dieu, je n’ai pas une bouteille contenant un génie qui vous accorde trois souhaits. » Même si je sais ce que seraient les trois souhaits de mon patient. D’abord : « Faites que mon conjoint écoute mieux ce que je lui dis. » Bien sûr, ce souhait a une signification différente si le patient est un homme ou une femme. Puis : « J’ai besoin d’argent mais je ne gagne jamais à la loterie. » Enfin: « Faites que mon fils devienne Président des Etats-Unis. » Non.

Ce que je tiens à souligner avant tout ici, c’est la participation active du patient – qui ne doit pas seulement se contenter de prendre le remède – se contenter de peu, comme si l’on pouvait réussir sans prendre des risques, sans travailler beaucoup, sans faire de sacrifices, sans devoir traverser des tunnels à certains moments de sa vie. C’est là que la personnalité de l’homéopathe est très importante. C’est là qu’il doit se transformer en bon guide de montagne qui ne porte pas ses clients sur ses épaules jusqu’au sommet, mais qui leur dit parfois : « Il y a un meilleur chemin. » Et qui, de temps en temps, les pousse un peu en leur donnant des conseils en même temps que leur similimum.

Quand j’étais jeune homme, mon idole était Albert Schweitzer. Permettez-moi de citer ses paroles, qui s’appliquent à tous ceux qui, comme vous, travaillent inlassablement à améliorer le sort de l’humanité : « Je ne sais pas quelle sera votre destinée, mais ce que je sais, c’est que ceux d’entre vous qui seront vraiment heureux sont ceux qui se seront donné du mal et auront réussi à servir. »
Le joueur de tennis que je suis s’est fait sa propre devise. Et cette devise est : « Comme au tennis, mieux vaut servir que recevoir. »



TRANSCRIPTION
European Congress of Homeopathy 2011
Dr. Luc de Schepper - Keynote Address


Dear colleagues and friends, I remember in my early childhood reading Aladin and His Magic Lamp and dreaming what three wishes I would make if I would ask the genie. I can’t remember what three wishes they were beyond three ice creams a day but, I have no trouble asking and rubbing the lamp today to ask my three present wishes.

My first wish would be to sculpt and form the persona and constitution of the Homeopath. The homeopath’s first prescription is not the remedy but is the bond that has been created between him and the sick person : an atmosphere of understanding, support and non judgement. The energy of the healer is always a part of the curing process of the patient. The intention of the homeopath, his life force, his compassion, his attitude - without any doubt - contribute to the healing process of the patient and therefore, the physician himself must first investigate his dark side or his shadow side of his personality. It is this quality of encounter that ensures a true cure to take place. The therapist has to reach the heart of the patient first before reaching the head. It is basically leading to a quality of encounter that leads to a true cure. The allopathic physician increasingly has become a specialised individual leading to a depersonalisation between the patient and himself. As Carl Jung expressed so eloquently, he said: “At first psychotherapy has really taught us that in the (course) of the mind, in the final reckoning, it is not really knowledge, it’s not technical skills that really has a curative effect but the personality of the doctor. Besides the qualities of the head there are those of the heart that are no less important.”
Ladies and gentlemen, to really sense the suffering of the patient one needs a good deal of experience and sensitivity as what one can call compassion, empathy. The concept and symbolic image of the divine healer express a particular field dynamic that arises between the patient and the doctor by virtue of their mutual encounter. As you may express, the true healer, the true healer quite literally takes the sufferings of his patient and therefore shares them with him. For this reason he must run a risk and must take the risk that runs in the nature of things. Certainly it is widely accepted that the thought processes and the emotions of the patient can promote healing and cure. But it is certainly also widely expected and widely accepted that the thought processes and emotions of the doctor and the healer have a similar potent effect. The concept and symbolic image of the hero is the man who dares to become an individual. He is the person who dares to risk everything, his whole existence, by independence, and who leaves certainty and risks uncertainty. The willingness to become a homeopath requires faith and courage. Courage to let go of certainties, courage to be different and stand alone in isolation, courage to leave one’s own land of conventional medicine and to go to a land yet unknown, courage to be concerned with nothing but the truth, the truth not only in thoughts but also in one’s own emotions. This courage, ladies and gentlemen, is only possible on the basis of faith. Faith not only in the sense of the word as a belief in some idea that cannot be proven or seen but, faith in the certainty of the laws and principle of Homeopathy. To be able to trust them and to be able to rely on them, that is faith.

This brings me to my second wish : that The Organon would become the most cherished book of all homeopaths. It is not our duty to first take care of the patient but to first accept the truth and, if well served, we will see that we can do the greatest good for all sick people. It certainly is not our need to prove anything to anybody, it is our job to really do the work and apply the principles so that the proof can be seen by all. The time has come, ladies and gentlemen, that our schools must enforce the really close study of The Organon. I never saw a practitioner who had totally acquainted himself with this magnificent work become lost as to what to do and what to think in an emergency and, whoever denies so does not know the length and the breadth of this wonderful book. Many claim to know The Organon but when pushed for answers remain silent. The rules that are in The Organon will lead any man to a wonderful pure successful homeopathic practice and such man will retain forever the enthusiasm of the true student.
Books, ladies and gentlemen, can be divided in meteors, moving stars and fixed stars. The first kind, meteors, produce only a momentary effect. You gaze up and you cry (: scream) : “look!”, and then they vanish forever. The second kind, moving stars, last somewhat longer but soon they must vacate their place as they just shine only on borrowed light and their sphere of influence is only on their contemporaries and their fellow travellers. But the third kind, the fixed stars - to which The Organon belongs - is fixed, it is unchanging and they shine by their own light influencing all people on earth as they belong to the universe and mankind. It is precisely because they are so high in the sky that it takes many years for their light to reach man’s eye on the country. The Organon reached such height simply because it was written not because of gain but for what Hannehmann has to teach us and to bring us in his wisdom : a wonderful and natural healing method that unites the body and the mind. Throughout the years, have I heard and still hear the proclamation : “Classical Homeopathy doesn’t work, I’ve tried it. Now I am doing this new advanced method, this esoteric method and I have success. Times change and so have diseases.” Since when, ladies and gentlemen, since when? Do such a homeopath forgets that Homeopathy is based on loss of nature? And, do this loss change in time? Would such a homeopath claim that with another fifty years of research and study the law of gravity has changed and that now an apple can be made to fall faster? We have studied more remedies and our verifications are now more complete than ever but the law, ladies and gentlemen, the law has not and never will change.

This brings me to my third wish : to be able to sculpt the persona of the patient. We all have known in the beginning of our practice a period of honey moon and believed that everything can be cured by Homeopathy. But success with our patient does not only depends on our skills. As mentioned before there are other factors which make for success and failure. One of them might well be whether the patient has really reached the bottom of his sufferings. The patient often comes to the office of the homeopath and he says : “I am sick, I am unhappy, I have heard that you are the practitioner who promises a cure, so here I am!” Ladies and gentlemen, if after forty years of practice I would like to hang something on the wall of my office it would be : “Being here is not enough.” And second : “No, I am not God, and no, I don’t have a bottle with a genie in it that grants you three wishes.” Although I know what the three wishes of my patient would be. First, “Make my spouse listen to me more carefully.” Of course whoever says that, man or woman, the meaning of this wish is very different. Second, “I need more money but I never win the lottery”. Third wish, “Make my son the President of the United-States.” No.
The point that I want to stress the most here is that active participation of the patient - and I mean not just taking the remedy - just as little that anybody can achieve anything without risking, without a lot of work, without making sacrifice, without going through the many tunnels that you have to pass through in the course of your life. It is here that the personality of the homeopath is of very important. Namely whether he can be like a good mountain guide who does not carry his clients up on the mountain but who tells them sometimes : “This is a better way.” And, here and there, pushes him a bit by means of advice and a similimum. Albert Schweitzer was my idol as a young man, may I quote his words, words that have a baring on all of you who really have worked tirelessly for the sake of humankind. “I don’t know what your destiny will be but I know one thing : that the only ones among you who will really be happy are those who have sought and found how to serve.”
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