Hering et Lachesis, premier proving

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Hering et Lachesis, premier proving

 

Je suis très heureux que mon ami Athelas ait mis la main sur ce texte qui fait vibrer nos fibres d’homéopathes. En effet l’aventure de Hering au Surinam, son empoisonnement volontaire pour explorer les propriétés du venin et permettre de sauver par la suite des dizaines de milliers de vies est un exemple pour nous tous, aussi bien individuellement que dans la prise de conscience que tout oppose l’homéopathie et la monstrueuse machine industrielle qu’est devenue la médecine classique.

Honnêteté, rigueur, constance et dévouement, voilà quelques unes des qualités qu’exige notre discipline et que Hering a su si bien incarner. Lorsqu’il eût pleinement pris conscience de la révolution de la nouvelle médecine, il s’est mis à sauter sur la table de l’auberge où il dinait, et d’un ton enfiévré il se mit à haranguer l’audience stupéfaite. Je donnerais tout pour assister à l’épisode ! Voilà de quel bois sont faits les véritables homéopathes, que les mièvres, les indécis, les non-engagés passent leur chemin. La Vérité exige qu’on lui consacre son existence. C’est pourquoi Hahnemann parle bien d’un devoir, d’un appel dans son Premier Aphorisme.

Je vous laisse à cette lecture mémorable et j’attends vos commentaires!

Edouard Broussalian

 

 

« Le deuxième point de la marche à suivre dans l’Art de guérir consiste dans la recherche des instruments destinés à la guérison des maladies naturelles, à étudier la puissance pathogénésique des médicaments, afin, quand il s’agit de guérir, de pouvoir en trouver un dont une partie des manifestations symptomatiques constitue une maladie factice aussi semblable que possible à la totalité des symptômes caractéristiques de la maladie naturelle à guérir.

Tel est le devoir du véritable médecin. »

Organon de l’Art de Guérir, 6e édition § 105, HAHNEMANN

 

The last veil that blinded my eyes to the light of the rising sun was rent and I saw the light of the new healing art dawn upon me in all its fullness. I owed to it far more than the preservation of a finger. To Hahnemann, who had saved my finger, I gave my whole hand and to the promulgation of his teachings not only my hand, but the entire man, body and soul.

HERING, circa 1824-1825, après avoir constaté la guérison de sa « plaie anatomique » et échappé à l’amputation inéluctable et irréversible.

« Le dernier voile qui empêchait la lumière du nouveau soleil de parvenir à mes yeux s’était déchiré et je fus touché en plein par les rayons du nouvel art de guérir. J’étais redevable bien au-delà d’un doigt sauvé de l’amputation. A Hahnemann qui avait sauvé mon doigt, je tendis ma main entière. Quant à promulguer son enseignement, j’y consacrais désormais non seulement ma main, mais tout mon être, corps et âme. »

 

C’est à Constantine HERING, né un 1er Janvier 1801, qu’il revient d’avoir expérimenté le premier, quelques-unes des substances médicinales qui valurent aux homéopathes du XIXe siècle et leurs successeurs de retentissants succès, parmi lesquelles Lachesis, le venin de serpent, occupe bien sûr la première place.
Hering n’est médecin depuis à peine quelques années quand il est délégué au Suriname dans le cadre d’une mission zoologique (car il était aussi enseignant en sciences naturelles et mathématiques). Là-bas, sous le climat équatorial chaud et humide du pays, pendant six ans il s’astreint en plus de son travail de naturaliste à rechercher les effets propres sur l’homme d’espèces de la faune et la de la flore locales : Caladium, Jatropha, Spigelia, Theridion, pour ne citer qu’eux. Il publie également des observations de cas de lèpre qu’il essaie de traiter, avec des succès partiels, et commence aussi le proving de Psorinum. Hering s’attire alors les foudres des autorités de tutelle qui lui demandent l’arrêt de ses travaux annexes, obstinées qu’elles sont à restreindre la propagation de l’homéopathie haïe, même à mille lieues de la Saxe. A l’heure du choix décisif, Hering, inflexible Atropos, ne faillit pas à sa véritable mission : alors qu’il a réussi à extraire le venin du serpent qui déroule le fil de la vie, il démissionne et s’installe comme médecin homéopathe à Paramaribo.

Planète Homéopathie est ravie de vous faire découvrir maintenant le texte mémorable qu’écrivit Hering pour rapporter son expérience avec Lachesis. Dans une première partie Hering expose ses vue sur les recherches à mener pour enrichir la matière médicale, puis, il raconte comment il s’y est pris avec un serpent qui était par chance moins terrifiant que les autres … Dans une seconde partie il transcrit scrupuleusement les symptômes pathogénésiques qu’il a éprouvés avec la trituration du venin à la première centésimale.

C’est un premier recueil mais il est déjà capital : plus d’une centaine de symptôme déjà, notés dans leur ordre d’apparition. Quelques-uns bien évidemment sont ou paraissent de nature toxique mais d’autres surprenants se démarquent immédiatement, ils seront très caractéristiques du remède car confirmés par les provings ultérieurs. On peut aussi dès la première lecture en déduire quelques généralités du venin étudié et vous vous ferez un plaisir de les découvrir et/ou de les redécouvrir sous la plume attentive et précise de Hering. Enfin on entrevoit la grande capacité du venin à susciter une action alternée sur le sensorium et la mentalité, soit en l’excitant, soit en la déprimant. Il faut ici absolument souligner l’abondance des perturbations obtenues sur le plan psychique avec une trituration qui est censée être seulement « une basse dilution ». Cette observation est en contradiction avec les théories absurdes véhiculées par ceux (notamment en France malheureusement) qui cantonnent de manière incohérente l’utilisation des « hautes dilutions » à la présence de symptômes mentaux ou réservent les « basses dilutions » aux troubles locaux.

Hering passa encore de nombreuses années à travailler sur Lachesis, qui fut introduit dans la Matière Médicale en 1837 dans un livre exemplaire où les symptômes étaient pour la première fois classés en trois catégories : les effets de la morsure (donnés toxicologiques ou d’enveminations), les effets du venin dynamisé et enfin les symptômes cliniques guéris. (voir The Effects of Snakepoison, comparatively arranged for therapeutic use, with an Introduction on the study of the Homoeopathic Materia Medica)

Bonne lecture !

Athelas, le 7 Mai 2020.

 

 

OBSERVATIONS SUR LA PUISSANCE PATHOGÉNÉTIQUE DU VENIN DES SERPENT

PAR LE Dr C. HERING, A PARAMARIBO, A SURINAME.

 

Paru dans les Archiv für die homöopathische Heilkunst., t.X, 2e cahier, Leipzig 1831

La traduction originale de ce texte a paru dans la revue Bibliothèque homœopathique, tome second, en 1833 (p. 52-63)

https://books.google.fr/books?id=0VYs5xW0KdgC&dq

relecture, retouches, ajouts et notes par Athelas, mai 2020

 

Les anciens médecins de l’Arabie et du Moyen Âge, qui possédaient encore beaucoup de traditions orientales, ont employé comme médicaments un grand nombre de venins, et quelques parties d’animaux que l’on regarde maintenant comme n’ayant aucune action. Presque tous ces remèdes sont oubliés, et quelques-uns seulement sont restés dans la médecine populaire. La science nouvelle doit s’efforcer de tirer de ce chaos de traditions et d’hypothèses qui a régné dans l’ancienne école, depuis l’emploi des substances animales jusqu’à celui des alcaloïdes, tout ce qui peut être vraiment utile à l’art de guérir, en soumettant les agents médicinaux les plus remarquables et les plus divers à un examen nouveau, afin de bien apprécier leur mode d’action sur l’homme sain.

Ce sera la tâche des siècles futurs de déterminer d’une manière systématique les analogies et les différences que présente l’action pathogénétique sur l’homme sain des substances des trois règnes, animal, végétal et minéral. On pourra alors indiquer d’avance, avec plus de sûreté, les agents les plus dignes d’examen et les plus riches en résultats.

Quant à nous, qui sommes encore dans le vague, et qui devons néanmoins faire le choix le plus fructueux possible, il nous importe de nous attacher aux substances les plus saillantes : par exemple, aux éléments principaux du globe terrestre et de la mer, qui, presque tous, ont déjà été reconnus par Hahnemann comme antipsoriques, aux éléments de l’organisation animale, etc., etc. Parmi les plantes, il convient de soumettre à l’examen de préférence celles qui nous sont connues par leurs effets rapides, énergiques, violents ou prolongés, ainsi que celles qui se rapprochent de remèdes déjà éprouvés. L’atropa mandragora, par exemple, autrefois si célèbre, devrait fixer l’attention, comme voisine de la belladone ; il faudrait aussi étudier les aconits à fleurs jaunes1. Il conviendrait d’examiner de préférence les plantes dont les effets sont énergiques, et qui, sous ce rapport, sont comme isolées dans les familles dont elles font partie.

Si l’on considère le règne animal sous ce point de vue, on s’étonnera du petit nombre des substances qui ont été étudiées jusqu’à ce jour, et cela d’autant plus que toutes celles qui ont été éprouvées ont donné des résultats remarquables, et toujours plus importants à mesure que l’on est descendu plus bas dans l’échelle des êtres organisés. Il suffira d’énumérer le musc, le castoreum2, l’ambre, les cantharides, l’éponge, la sépia. Les classes des oiseaux, des poissons et des amphibiens, n’ont rien fourni encore ; de tous les animaux des ordres inférieurs, l’éponge et la sépia sont les seuls connus. Nous n’avons guère à attendre des substances animales analogues au musc, au castoréum, à l’ambre, que des effets semblables à ceux que ces derniers produisent ; peut-être en est-il de même de la classe des insectes qui agissent toujours principalement sur le système génito-urinaire ; mais les poissons et les amphibiens nous offriront certainement des propriétés pathogénétiques toutes particulières3, ainsi que les animaux des ordres inférieurs. A en juger par les traditions de la médecine populaire, un grand nombre de poissons doivent posséder des propriétés médicamenteuses, et l’on sait que le nombre des espèces venimeuses est proportionnellement plus grand que dans aucune autre classe du règne animal. La médecine populaire a fait un plus grand usage encore des amphibiens ; elle croyait trouver dans ces êtres hideux et repoussants, des spécifiques contre des maladies également hideuses. C’est ainsi que nous voyons, de tout temps, vanter l’emploi des crapauds grillés, des lézards desséchés, de la graisse de serpent, du sang et de la bile de tortue, contre les ulcères et les maladies cutanées les plus tenaces.

Parmi tous les poisons animaux, le plus remarquable, sans contredit, est le venin des serpents, que l’on n’a point osé jusqu’à présent employer comme remède. Nous n’en savons autre chose, sinon que c’est une sécrétion analogue à la salive, et les histoires isolées des personnes exposées accidentellement à ses effets, ne nous apprennent que fort peu de chose.

On a bien des exemples de personnes mordues par des serpents, qui sont restées sujettes pendant des années, ou même pendant toute leur vie, à des exanthèmes cutanés de diverse nature ; on sait qu’une forte quantité de venin tue avec la rapidité de la foudre, qu’une quantité moindre amène l’enflure, la gangrène, etc., enfin que de très petites portions causent encore des accidents graves. Tout cela doit faire désirer d’éprouver les effets du venin en les atténuant assez pour leur ôter leur violence, et pouvoir les observer d’une manière plus sûre. Quant à moi, déjà longtemps avant de me rendre dans les pays chauds, j’avais toujours eu un vif désir d’éprouver un jour les effets dynamiques de ce venin si puissant.

Je n’ai jamais ajouté une foi entière à l’assertion des chimistes que le venin n’exerce son action que dans une blessure, et que son effet est nul quand on le prend par la bouche. Il est très vrai qu’une goutte de venin sur la langue ne produit point les accidents qui suivent son introduction dans le sang, mais cela ne tiendrait-il point à ce que la salive humaine le neutralise ou le modifie ? Il faut que le venin puisse s’étendre et se mettre en contact avec les nerfs et le sang. On sait qu’il a un goût astringent, ce qui déjà aurait pu en faire attendre quelque chose.

La question, maintenant, est de savoir comment il faut s’y prendre pour appliquer ce venin de manière à ce qu’il agisse sur l’extrémité des nerfs, comme il agit, dans la morsure, sur l’extrémité des vaisseaux, et cela avec une force assez mitigée pour que les expériences n’offrent aucun danger. Le moyen le plus convenable se présente dans la trituration avec le sucre de lait ou les dilutions avec l’alcool. Les chimistes se récrieront peut-être contre l’idée de la solution d’une salive dans l’alcool ; je puis cependant les rassurer à cet égard. J’ai ouï-dire à des observateurs de toute confiance, qu’en expédiant des animaux conservés dans l’esprit de vin, il faut bien prendre garde de ne pas mettre des serpents venimeux avec les autres préparations, attendu que l’alcool qui contient ces serpents devient une sorte de mordant pour les autres substances animales4. Ce fait autoriserait à faire quelques expériences pour voir jusqu’à quel point la partie active du venin peut transmettre ses propriétés, et s’il est prouvé qu’il agit dynamiquement, les chimistes auront peut-être un nouvel alcaloïde à y découvrir.

On ne saurait objecter contre la trituration avec le sucre de lait que le venin peut perdre sa force, car il est bien avéré que les dents desséchées de serpents, qui même ont été longtemps dans l’esprit-de-vin5, peuvent encore occasionner les plus graves accidents. Des essais sur le venin des serpents trituré avec le sucre de lait, apprendront non seulement quelle est son action pathogénétique sur l’homme sain, mais encore quels sont les meilleurs moyens d’en combattre les effets chez les personnes mordues ; ils feront connaître ses véritables antidotes, au milieu de la foule des spécifiques qui ont été préconisés. Peut-être aussi conduiront-ils à trouver dans ce venin un médicament d’une haute importance. Je me bornerai à rappeler ici le fait rapporté par Galenus6, qu’un lépreux fut guéri en buvant du vin dans lequel une vipère avait été noyée. On m’a communiqué ici (à Surinam), comme un grand secret, que la tête d’un serpent venimeux grillée et pulvérisée, constitue un des principaux ingrédients d’une poudre qui non seulement préserve des effets de la morsure, lorsqu’on en frotte de petites mouchetures pratiquées à la peau, mais qui sert aussi de remède après la morsure. La tête pulvérisée ne doit pas appartenir à la même espèce que celle d’où provient l’accident. J’ai vu moi-même un lépreux délivré, par cette même poudre, de tous les bubons qu’il avait au visage et ailleurs. Or il faut bien se garder de mépriser les remèdes populaires ; avant Hahnemann, ils ont été une des principales sources de la matière médicale, et nous trouverons encore beaucoup à en tirer. L’instinct de l’homme lui a souvent fait deviner des remèdes que l’expérience serait restée des siècles à découvrir. Comment le sauvage de l’Amérique du Sud a-t-il su trouver parmi les milliers de plantes qui l’entourent, les dix ou douze spécifiques dont il fait usage, et dont nous lui emprunterons l’emploi ?

Tout cela m’avait inspiré le plus vif désir de me procurer vivant quelque grand serpent venimeux ; mais tous mes efforts et mes sacrifices d’argent restèrent longtemps sans résultat. Un beau serpent à sonnettes de huit pieds de long, qui m’était destiné, me fut escamoté par un anglais qui força le nègre qui me l’apportait à le lui céder. Ce serpent fut transféré de suite à bord d’un vaisseau, et enfermé dans une belle cage, de sorte que je n’eus pas même la possibilité de tenter d’en recueillir un peu de venin. Le capitaine du navire me raconta même plus tard qu’il avait fait jeter le tout à la mer sans le plus petit retard, et qu’il aurait mieux aimé avoir le diable à bord que ce serpent qui ne l’aurait pas laissé dormir un instant tranquille.

Quelques petits serpents que je parvins, non sans peine et sans danger, à me procurer vivants pour leur enlever leur venin, n’en donnèrent que des quantités si faibles, que je ne pus en tirer parti.

Enfin le 28 juillet 1828, j’eus le plaisir de recevoir un grand et beau serpent qu’un chasseur avait tué à moitié, mais qui avait encore assez de vie pour atteindre mon but. C’était un trigonocephalus lachesis, dont la morsure est encore plus terrible dans ses effets que celle du serpent à sonnettes. Il avait dix pieds de long, et il est à remarquer qu’on ne le trouve jamais ici d’une moindre grandeur, ce qui vient probablement de ce que cette espèce ne se répand dans les forêts du pays qu’à l’époque de l’accouplement, ou quand les individus ont atteint un certain degré de croissance. On avait pris ce serpent près de la ville et on l’avait attaché à demi-mort dans une corbeille. Pendant le transport il avait donné encore des signes de vie. J’ouvris la corbeille pour le sortir, et voyant qu’il avait les vertèbres rompues, je le fis détacher pour voir s’il remuait encore la tête. Ses couleurs étaient encore brillantes, sa gueule était fermée, et ses yeux avaient l’éclat de la vie, mais il n’avait plus la faculté de se mouvoir. Je me disposai aussitôt à lui enlever son venin, mais j’eus quelque peine à me faire aider par mes gens, qui en avaient une grande peur. Comme, immédiatement après avoir frappé le serpent, on l’avait saisi et lié en arrière de la tête, je pouvais compter sur une quantité considérable de venin bien frais.

Je fis ouvrir la gueule autant que possible, de manière à ce que les deux terribles dents à venin fussent entièrement dressées, comme au moment de la morsure. Pour prendre cette position, les dents se meuvent, avec leur pointe recourbée comme une alêne7, de haut en bas et de l’arrière en avant, et l’étui cutané qui les recouvre entièrement pendant le repos, se retire alors plus ou moins vers la racine. Je fis tenir la tête par un aide, et je plaçai entre les mâchoires un petit bâton pointu des deux bouts pour maintenir la gueule ouverte, opération qui ne laissait pas que d’offrir quelque danger, vu la proximité des redoutables dents. Celles-ci se trouvant maintenant bien à découvert, je nettoyai la gueule en enlevant toute la bave visqueuse qui la remplissait, et je préparai tout ce qu’il fallait pour recueillir le venin. En pressant légèrement avec le doigt l’endroit où se trouve la vésicule à poison, je vis celle-ci saillir aussitôt de l’ouverture qui se trouve à la partie postérieure de la dent à une ou deux lignes au-dessus de la pointe. On reconnaît ainsi, par la position même de la vésicule, que quand le serpent ouvre la gueule et dresse ses crochets pour mordre, la vésicule se trouve un peu pressée, et qu’elle remplit alors la dent de venin jusqu’à son ouverture. Mais cette ouverture est trop petite pour que le venin puisse en découler. La pointe de la dent ne sert qu’à introduire dans la blessure cette ouverture, qui se termine en forme de rigole ; du moment qu’elle se trouve en contact avec les parties blessées, celles-ci aspirent le venin de l’ouverture comme d’un tube capillaire.

En pressant plus fortement la vésicule de mon serpent, je fis arriver bientôt le venin avec plus d’abondance, et il finit par former une gouttelette à l’extrémité de la dent. Je plaçai aussitôt au-dessous un petit tas de sucre de lait sur du papier8, et je reçus la goutte au moment où elle se détacha.

Le venin est analogue à la salive, mais il a une consistance moins visqueuse ; il est transparent, clair, quoiqu’avec une teinte légèrement verdâtre. La gouttelette s’arrondit aisément et promptement à l’extrémité de la dent, et tombe sans former de fil avant d’avoir atteint le diamètre d’une goutte d’alcool. Le sucre de lait l’absorbe rapidement. Mis dans l’alcool, avec ou sans sucre de lait, il ne se coagule point, mais il y forme comme un léger nuage.

Je continuai ainsi avec précaution, en pressant la vésicule, à en faire sortir tout le venin, d’abord à une dent et ensuite à l’autre. Je fis la remarque qu’en renouvelant la pression, après un intervalle plus ou moins long, la goutte se formait presqu’aussi rapidement que la première fois, ce qui me parut indiquer encore un reste de vie chez le serpent.

Je réussis à recueillir ainsi dix gouttes de venin sur cent grains9 de sucre de lait, et je le broyai aussitôt pendant une heure. Dix grains [équivalent en proportion à une goutte de venin] de cette préparation furent broyés ensuite de nouveau avec cent autres grains de sucre de lait, afin d’obtenir à peu près la division centésimale, en considérant la goutte comme équivalente à l’unité du grain.

J’ai employé pour mes essais la seconde préparation 1/1oo. Quelqu’imparfaites que soient encore mes observations, je les rapporte ici, soit pour prouver la puissance pathogénétique du venin, soit pour montrer que les expériences avec des centièmes de grains n’offrent aucun danger. C’est là d’ailleurs un commencement aux épreuves plus complètes qui devront être faites avec cette substance. Je proposerai d’y employer de préférence la préparation à 1/1oooo, qui se montrera, je crois plus efficace encore.

Je désirerais beaucoup qu’un de nos zélés littérateurs entreprît de réunir tous les faits connus sur l’action du venin des serpents ; ce serait là le meilleur moyen d’éclaircir ce sujet si curieux et si important.

Si l’on possédait un résumé bien fait de toutes les histoires d’accidents survenus à la suite de morsures, et surtout de celles où une petite quantité de venin, au lieu de causer la mort, a donné naissance à des affections chroniques plus ou moins graves, on pourrait en déduire de précieux résultats. Quoique les effets du venin offrent des différences très caractéristiques chez les diverses espèces de serpents, il serait trop long, je crois, d’énumérer séparément les accidents causés par chaque espèce particulière. Les indications à cet égard devraient simplement accompagner chaque symptôme. Le nom du pays où l’accident a eu lieu ne devrait jamais être oublié, parce que cette circonstance est fort importante.

Chez une jeune fille mordue au doigt par un serpent, près de Zittau, on vit survenir une sorte d’érysipèle vésiculaire qui gagna la surface intérieure du bras, et s’étendit en descendant le long du corps du même côté. Après quelques jours les vésicules se rompirent et se desséchèrent ; l’épiderme se détacha, mais la peau resta rouge, chaude et prurigineuse. Au septième jour la malade se portait fort bien. Le quatorzième jour les vésicules reparurent, mais seulement au doigt mordu.

On trouve une histoire de morsure du trigonocephalus lachesis, rapportée par un docteur Kûhn, dans le journal hollandais intitulé Hippocrate.

 

Notes

1 Au sujet des aconits à fleur jaune, on dispose du proving de Petroz (1852) qui, après Hering, expérimenta Aconitum lycoctonum, l’aconit tue-loup. Chose étrange, cette plante donne, avec Cicuta et Conium ( !) un goût prononcé … pour les choux ( !).

2 Castoreum : sécrétions des organes génitaux des castors (Voir Synoptic II, de Frans Vermeulen, édition française p. 249)

3 On remarquera par taquinerie que Hering ne mentionne pas les oiseaux. On se demande encore en effet quelle substance naturelle particulière, propre à leur classe biologique, pourrait développer chez l’homme des effets dynamiques avérés. A notre connaissance, l’allopathie n’en utilise pas non plus.

4 Un mordant sert de lien chimique entre deux substances qui ne se lient pas normalement. Par exemple, pour qu’un colorant minéral puisse tenir sur la laine (formée de fibres à base de glucides), on rajoute un composé qui se lie à la fois à la laine et au colorant (on parle de mordançage). Ici l’alcool sert en fait de solvant commun aux venins et aux autres substances, il les relie en quelque sorte et ce faisant permet une réaction facile, par son effet de solvant, entre le venin et la seconde espèce animale (précisions de notre ami Jean Umber).

5 Esprit de vin, équivalent de l’éthanol

6 nom latin de Galien

7 Poinçon généralement en acier, droit ou courbe, à forme de losange vers la pointe, muni d’un manche de bois, et dont se servent principalement les bourreliers, les cordonniers pour percer et coudre le cuir.

8 Le venin de serpent étant une sécrétion animale Hering choisit de le triturer avec du sucre plutôt que de le diluer directement dans de l’alcool, conformément aux recommandations d’Hahnemann (5e Organon, §271)

9 En métrologie, avant l’adoption définitive du système métrique, le grain était un petit poids représentant un soixante-douzième d’un gros (lui-même égal à la huitième partie de l’once), et équivalant dans le système décimal, à 0,05 gr.

Le CNRTL nous apprend que « pour trouver la valeur d’une perle, on multiplie le carré de son poids par le prix de base du grain ou du carat » (Metta, Pierres préc.,1960, p. 120).

 

OBSERVATIONS SUR LES EFFETS DU VENIN.

 

Pendant le broiement de la préparation.

J’observai que j’avalais la poussière très fine qui s’en échappait1.

Il en résulta, dans l’arrière-gorge, une sensation toute particulière, et presque semblable à un grattement.

Au bout d’une heure je ressentis de la douleur dans le cou. C’était comme un pincement sur une étendue très circonscrite, au fond du cou, à droite, et comme sur le côté de la gorge. Cette douleur n’augmentait point par la déglutition, mais bien par la pression2.

Après quelques heures, en allant en char, à l’air libre, sentiment d’anxiété comme s’il se passait loin de moi quelque grand malheur ; c’était comme un pressentiment pénible et accablant. J’en fus excessivement tourmenté pendant une heure.

Vers le soir, disposition tout à fait inaccoutumée à une jalousie qui tenait presque du délire, et aussi folle qu’insurmontable.

Le soir, abattement extrême, fatigue, somnolence, sans pouvoir dormir.

Pendant cet état de somnolence, ou de demi-sommeil, disposition particulière à la loquacité. Je parle beaucoup ; je veux raconter sans me mettre sur mon séant ; mes discours deviennent bientôt un babil sans suite et j’ai tout aussitôt la conscience que je déraisonne. Je me reprends alors pour recommencer bientôt le même manège, et ainsi de suite. La moitié de la soirée se passe ainsi.

Le même soir, anorexie complète occasionnée par une sensation désagréable dans l’abdomen. Appétence pour la bière.

De temps à autre la douleur de cou reparaît.

Après m’être couché très somnolent, je ne puis m’endormir ; je me réveille bientôt tout à fait. Aucune position ne me satisfait, tout me semble occasionner de la pression au cou et à la nuque.

Le moindre contact ressenti au larynx occasionne une impression douloureuse et une sorte d’étouffement. La douleur du cou en est augmentée.

La paume des mains, la plante des pieds sont, pendant tout le soir, le siège d’une vive chaleur.

Après m’être endormi fort tard, je me réveille de grand matin.

Le matin, selle insuffisante d’une consistance presque argileuse.

Le second matin, diarrhée.

Le second après-midi, pendant le sommeil, rêves extraordinairement gais et humoristiques.

 

PREMIER ESSAI

1 grain de la préparation au 1/100e dans une demi-tasse d’eau de pluie3.

Après la méridienne [sieste que l’on fait vers le milieu du jour, surtout dans les pays chauds], sensation de rétrécissement dans la trachée. Les mucosités ne se détachent point, comme cela a lieu habituellement.

Moins d’appétit.

Remarquablement peu de propension à fumer.

Le soir, sentiment agréable de chaleur ; la sensation n’est exclusivement ni à l’intérieur, ni à la peau ; elle ressemble à ce qu’on éprouve après un bain froid, ou après l’acte du coït.

Agitation ; il se sent poussé à chercher le grand air ; il veut faire et entreprendre toute sorte de choses.

Selle retardée, vers le soir, expulsée avec efforts quoiqu’insuffisante.

Disposition à la vivacité, à la colère, sans mauvaise humeur.

Méfiance, disposition soupçonneuse.

Frisson parcourant rapidement le dos.

Le soir, coryza subit avec fourmillement à la pointe du nez, pression et larmoiement à l’angle interne de l’œil. Ces symptômes disparaissent bientôt.

Avant minuit, aucune envie de dormir.

Vers minuit, diarrhée subite. Selle claire, accompagnée de fortes épreintes, et d’une odeur ammoniacale.

Tous les soirs diarrhée, pendant 7 jours, avec de fortes épreintes, précédée de douleurs fugitives dans le côlon, et suivie de battements à l’anus, comme d’un petit marteau.

La sécrétion muqueuse de la trachée est fort diminuée ; celle du nez et de la gorge est plutôt augmentée.

La troisième nuit, pollution, chose fort rare chez l’observateur, avec une sensation de plaisir d’une vivacité extraordinaire.

Indifférence et disposition oublieuse, très marquées et très persistantes.

Aucune envie de fumer (chez un grand fumeur), sans qu’il y ait toutefois répugnance. Ceci dura pendant plusieurs semaines.

Penchant plus prononcé à boire du vin ; mais le vin agit beaucoup moins qu’à l’ordinaire.

Pendant toute une semaine, diminution de l’appétit, et douleur au creux de l’estomac lorsqu’on y exerce une pression.

Prurit entre les doigts. En y grattant de petites places dures et luisantes, on y fait élever une vésicule, avec sensation de tension et de cuisson.

Fréquemment, agitation qui force à chercher le grand air.

Les effets se prononcèrent ainsi avec force pendant une semaine, puis ils diminuèrent peu à peu, pour disparaître enfin tout à fait.

Le coryza subit et la diarrhée prouvent peut-être que la dose était trop forte. Les derniers symptômes furent tous très persistants et très frappants.

 

SECOND ESSAI

1/2 grain de la préparation au 1/100 dans une tasse d’eau de pluie.

[Hering diminue donc la quantité et augmente la dilution.]

 

Le premier jour.

Après quelques heures, douleur dans le cou, sur le côté du larynx un peu en arrière, et sur un espace très circonscrit.

Le larynx est douloureux au toucher.

Sensation de vacuité dans l’abdomen, comme si on était à jeun.

Excitation très vive de l’instinct sexuel.

Le soir, disposition marquée à la frayeur. Appétit augmenté.

Rêves continus, fatigants, avec réveil de temps à autre pendant toute la nuit ; et cependant réveil matinal avec le sentiment d’avoir bien dormi.

 

Le second jour.

Le matin à jeun, expulsion fréquente et bruyante de flatuosités [gaz accumulés].

L’anus est comme fermé.

Vertige en étant assis après avoir marché.

Douleur très pénible, comme un point permanent et profond dans le dos, à côté du bord interne de l’omoplate, et qui force à se pencher en arrière. (Cette douleur avait été ressentie anciennement, mais elle revenait pour la première fois depuis fort longtemps.)

Excitation de l’esprit pendant toute la matinée.

Hier, point de selle ; aujourd’hui, selle retardée, peu abondante, peu consistante ; après avoir fumé.

Avant midi, érections.

Avant midi, somnolence après avoir été au grand air, puis sommeil de plusieurs heures avec des rêves continus sur des sujets importants, qui sont tout à fait oubliés au réveil.

Appétit augmenté.

Prurit violent sur un espace circonscrit du cou-de-pied.

Le soir, excitation et disposition loquace, mais la douleur du dos intervient d’une manière désagréable.

Tiraillements douloureux et par accès, dans les os du carpe.

Le soir, hoquet.

Le soir très tard, éternuements et coryza. Rêves continus jusqu’au matin.

 

Le troisième jour.

Besoin plus fréquent d’uriner, et expulsion d’une urine écumeuse et de couleur foncée.

Sentiment plus prononcé de bien-être.

Le tabac fumé trop longtemps amène du malaise.

Sensation permanente, comme si une selle allait venir, sans autre effet que l’expulsion de quelques vents.

Selle peu consistante ; avec le sang porté à la tête et du vertige.

Sorte d’extase, comme après une grande joie, ou une impression sublime. Il voudrait parler et agir, et tout lui semble facile. – Pendant tout le jour.

Grande susceptibilité d’impressions ; les poésies touchantes l’émeuvent avec excès et jusqu’aux larmes ; il sent le besoin de se soulager en pleurant bien à fond.

Après avoir pleuré, douleur au-dessus des yeux.

Pendant le repas, vive démangeaison dans le nez. (Symptôme ressenti autrefois, mais qui avait cessé depuis longtemps.)

Un soir, aucune propension au sommeil, le soir suivant, somnolence invincible.

La nuit, rêvasseries continuelles, interrompues par des réveils fréquents.

 

Le quatrième jour.

Le matin, bien-être, mais sans avoir l’appétit accoutumé.

Çà et là sur les doigts, petits points rouges avec prurit.

Çà et là, petites vésicules sur les doigts, comme des boutons de gale.

Pendant la méridienne, rêves poétiques et pleins d’invention.

Après la méridienne, excitation sexuelle. L’après-midi, après avoir bu le thé, malaise subit, hoquets, renvois, régurgitations, expulsion de flatuosités d’une abondance extraordinaire, puis soulagement. Je n’avais jamais ressenti ces symptômes d’une manière aussi persistante et aussi forte.

 

Le cinquième jour.

Beaucoup de rêves ; réveil matinal.

Le matin, beaucoup de vents bruyants.

Le matin, bourdonnement dans l’oreille droite, qui est la meilleure, comme un roulement de tambour. Il cesse quand on secoue le doigt dans l’oreille, mais il revient toujours.

Pendant plusieurs jours, de temps à autre, besoin de respirer profondément, surtout en étant assis.

Vésicules prurigineuses sur le doigt du milieu de la main gauche, à l’extérieur. Après quelques jours, bouton analogue à une verrue, et qui laisse une cicatrice en disparaissant.

Enrouement de la voix. Les sons se forment difficilement, comme s’il y avait quelqu’empêchement dans la langue. L’expectoration des mucosités n’y remédie point. Symptôme très persistant.

Tous les jours une selle peu consistante, mais retardée chaque jour un peu davantage, de sorte que sorte que du matin elle passe peu à peu au soir, puis du soir de nouveau au matin, etc.

Le sang se porte à la tête avec force.

Le soir le bourdonnement d’oreille reparaît. Douleur à côté des tempes, comme s’il allait y survenir une éruption de boutons ; se dissipe le jour suivant.

Une piqûre de chique [insecte parasite qui s’insinue sous la peau de l’homme ou des animaux et provoque de très vives démangeaisons et des abcès] cause le premier jour des douleurs extraordinaires. La petite blessure ne se cicatrise point, et reste douloureuse pendant bien des jours. Tout auprès l’épiderme se gerce entre les doigts du pied.

 

Le sixième jour.

Le matin excitation sexuelle avec douleur dans les cuisses, et une grande faiblesse, comme quand on est brisé de fatigue.

Tout le jour abattement extrême d’esprit et de corps.

Le matin beaucoup de vents bruyants.

Douleurs spasmodiques dans l’intérieur de l’anus, un peu avant et un peu après la selle.

Appétit vif ; après avoir mangé, besoin de se coucher.

Propension marquée à rester couché : il ne peut supporter d’être assis.

Après la méridienne, fatigue, et douleur dans les cuisses et dans le dos, à côté de la colonne vertébrale. Le mouvement respiratoire ne l’influence point.

 

Les jours suivants jusqu’au quatorzième jour.

Toutes les nuits, rêves méditatifs. Ce symptôme ne diminue un peu qu’après deux semaines.

Le jour il se rappelle de ses songes, comme s’il avait rêvé tout ce qui se passe ; mais d’une autre manière, et comme s’il l’avait seulement oublié.

Selles très abondantes, suivies d’un peu de sang (les onzième et douzième jours).

Après une selle normale, pendant longtemps cuisson et ardeur à l’anus (le treizième jour).

Un petit groupe de verrues plates se forme sur le côté extérieur du pouce (le neuvième jour).

Expulsion très fréquente d’une urine claire et écumeuse.

Douleur persistante du dos en étant assis, comme s’il y avait quelque corps étranger dans la colonne vertébrale et dans l’épaule. Cette douleur dispose à respirer profondément, sans en être soulagée ; elle force aussi à se pencher en arrière.

Vésicules accompagnées de prurit très vif, puis de cuisson sur le bord extérieur de la main droite.

Démangeaison dans le nez, pendant le repas.

Jamais d’appétit le matin.

Le dîner se faisant attendre, malaise subit, bâillements spasmodiques, et évanouissement. Il faut s’asseoir tranquillement et manger sans délai, alors tout s’améliore.

Après la selle et l’émission de l’urine, il revient sans cesse une petite quantité de cette dernière, qui exige impérieusement l’expulsion.

Grand calme et fermeté au milieu de circonstances très propres à donner de l’irritation.

Enrouement toujours augmenté. Il y a quelque chose dans le larynx que l’expectoration ne parvient point à détacher, quoique les mucosités soient bien expulsées.

Grande excitation sexuelle, mais sans lubricité. Surmontée, elle laisse une vive propension aux travaux intellectuels.

La puissance d’invention est très augmentée pour tout ce qui tient aux travaux de l’esprit. Les scènes et les événements se présentent en foule à l’imagination.

Dès qu’une idée a été saisie en écrivant, une foule d’autres idées surviennent et se pressent à la suite, de telle sorte qu’on ne peut s’arrêter et finir.

Disposition extrêmement communicative ; grande vivacité de conversation ; avec cela impatience excessive de tout ce qui est aride et ennuyeux.

Plus il y a d’humeur et plus il y a aussi de penchant au persiflage, à la satire, aux idées comiques.

FIN4

Note du traducteur : nous n’ajouterons pas ici quelques symptômes recueillis chez deux malades auxquels le docteur Hering a administré le venin comme remède ; ces observations étant encore trop incomplètes. Nous attendrons à cet égard la suite promise par cet observateur zélé.

 

Notes

1 On ne peut pas négliger aussi, semble-t-il, la possibilité d’une inhalation concomitante.

2 C’est LE fameux symptôme de Lachesis, multi-confirmé, celui qu’on garderait s’il n’en fallait retenir qu’un (chose à ne pas faire cependant :-)), décliné sous d’autres variantes dans la suite du proving. Le cou, la gorge sont extrêmement sensibles au toucher, le patient ne peut supporter le contact des draps ou des vêtements dessus, etc. Lachesis, ennemi de toute constriction, selon la formule de Nash.

3 En 1828, l’eau naturelle la plus pure possible, nécessaire à la préparation du médicament homéopathique en solution et à sa prise, est l’eau de pluie. On conçoit aisément que c’était le cas en Europe avant le début de la Révolution Industrielle, et a fortiori en Amérique du Sud, à proximité de la forêt amazonienne.

4 Pour en savoir plus sur les venins de serpent en homéopathie : https://planete-homeopathie.org/enseignement-homeopathique-les-venins-de-serpent-edouard-broussalian/

 

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