Le concept de guérison en homéopathie

Dans Actualités par TerrasiennaLaisser un commentaire

 

Bienvenue à tous ceux qui se posent des questions sur le processus de guérison de l’homéopathie! Nous ne pouvons pas vous répondre sur les concepts physiques, mais simplement partager nos connaissances et notre expérience. Cet article fait suite à des commentaires, questionnements de patients, il semblait important de préciser à nouveau ce que vivent les patients lors d’un traitement homéopathique Hahnemannien.

L’homéopathie est un véritable choix thérapeutique dans la durée, un véritable saut conceptuel, perturbant pour ceux qui ont eu l’habitude du tout chimique et conservent une vision matérialiste de l’être humain. La pathologie n’est plus un état binaire, je suis malade/ je suis guéri sous médicament, mais comme une plaie prendra le temps de cicatriser, le corps via l’homéo recevra une information lui permettant de recouvrer peu à peu une forme d’intégrité, d’équilibre.

Un exemple de ce processus

Imaginez que vous soyez porteur d’une hypertension depuis 4/5 ans, non équilibrée sous anti hypertenseurs.

La première étape consiste à équilibrer votre tension tout en gardant les anti-hypertenseurs. Au fur et à mesure du traitement homéopathique, vous gagnez en énergie et êtes mieux capable de suivre des mesures hygièno-diététiques, moins de sel, plus d’exercice, peut-être moins de stress. Dans le même temps, le fonctionnement hormonal permettant l’hypertension commence à se modifier. C’est le moment d’initier une diminution dans la posologie des médicaments chimiques. On diminue tant que les chiffres tensionnels restent stables et acceptables. Il est nécessaire d’avoir trouvé le similimum, c’est-à-dire le médicament homéopathique adapté à l’ensemble de votre état pour aboutir à ce résultat.

Un jour, le traitement chimique n’est plus adapté, car votre tension s’est normalisée. Il reste des moments de stress et de contrariété où cette dernière peut encore s’affoler, mais en poursuivant le traitement homéo jusqu’à une fièvre, une éruption, vous êtes –presque- définitivement guéri, sans avoir besoin de médicament chimique. Simplement avec une petite goutte d’eau, une fois par semaine. Tout cela se déroule souvent tout doucement, presque à votre insu.

Ceux qui ont un fort ego penseront qu’ils sont seuls responsables de leur guérison à coup de régimes, gymnastique ou autres, mais pour l’oeil de l’homéopathe, si les signes accompagnateurs ont disparu, et que la maladie s’est déplacée sur des niveaux plus superficiels, nous savons qu’il n’en est rien et que cette guérison est le résultat de l’homéopathie.

L’homéopathie, une force centrifuge

 

 

Les facteurs en jeu

L’homéopathie est humble et fidèle. Nous postons souvent des exemples de guérisons spectaculaires sur le forum pour notre propre émulation et parce que ce sont les cas les plus didactiques. La réalité érode davantage l’ego de l’ensemble des praticiens, surtout en Occident.

Si nous pouvons espérer encore des guérisons d’autant plus incroyables que les gens vivent dans la pauvreté (en revanche, s’ils ne mangent pas à leur faim, ou sont soumis à des conditions de vie indignes, le processus de rétablissement sera entravé) il en va tout autrement chez nous, où l’essentiel des pathologies actuellement sont chroniques, et en particulier mentales et émotionnelles.

Oui, l’homéopathie peut guérir ces états. Mais plusieurs facteurs limitants peuvent entraver ce processus, car nous travaillons avec des organismes de faible énergie, c’est à dire de bas niveaux de santé.

 

1 -Le temps : si vous traînez un état anxio-dépressif insidieux depuis plus de 10 ans, n’imaginez pas une guérison complète dans l’année. Vous irez mieux, mais serez toujours soumis à des angoisses, des difficultés, et les anciens symptômes peuvent revenir transitoirement lors d’un stress intense. Une dépression signe une atteinte plus profonde que des angines à répétition. La guérison d’une dépression profonde se planifie plutôt sur 4 ans. Ainsi, même si certains, ont le rêve impossible d’un rétablissement complet en quelques semaines, ce n’est PAS POSSIBLE.

Certains patients, imaginant que l’homéopathie se substitue aux médicaments chimiques ne peuvent appréhender le phénomène d’auto-réparation en cours. Après quelques mois, les bienfaits ne sont pas suffisamment quantifiables à leurs yeux, l’homéopathie leur semble inutile, ils se découragent et abandonnent.

 

Il existe une dynamique du traitement. Au fur et à mesure des prises, contrairement au placebo, le traitement homéopathique devient de plus en plus efficace. Les premiers effets peuvent être faibles ou invisible, et avec les semaines, les mois, on est de plus en plus soi-même, équilibré, créatif, acteur de sa vie, les petits maux du quotidien disparaissent peu à peu, jusqu’à ce que la maladie elle-même s’en aille.

 

Le simillimum est de plus en plus difficile à trouver du premier coup en Occident, alors on se doit de donner des anti-psoriques adaptés au patient. J’ai traité une de mes amies par son nosode Carcinosin, puis un anti-psorique Lycopodium pendant 2 trop longues années avant qu’on parvienne enfin à Valeriane pour qu’elle retrouve le sommeil immédiatement… Il aurait certainement été plus confortable pour elle de commencer par Valeriane, mais ce produit aurait été moins efficace s’il avait été prescrit avant administration prolongée de ces autres médicaments complémentaires. Elle retournera certainement au Lycopodium plus tard.

 

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2 –La tolérance au déplacement de la pathologie. Les lois de Hering s’appliquent pour comprendre l’évolution nécessaire des symptômes du patient en vue d’obtenir une guérison.

Un eczéma qui apparaît tandis que les anticorps typiques de la polyarthrite rhumatoïde disparaissent ou diminuent drastiquement est un excellent signe pour l’homéopathe. Si le patient ne peut pas tolérer cet eczéma et applique de la cortisone, le cas peut être définitivement gâché. Vous assombrissez le pronostic de la maladie, qui était favorable, ou au minimum allongez le temps de traitement. Nous ne sommes pas des monstres, donc on fera tout pour limiter cet inconvénient, on vous autorisera même la cortisone si c’est par trop insupportable.

Mais si la volonté de guérir n’est pas supérieure à l’inconfort traversé chez le patient, on tourne vite en rond. C’est loin du chant des sirènes soi- disant bienveillant de la médecine actuelle qui prône le zéro douleur quel qu’en soit le prix ultérieur, mais nous sommes peut-être plus réalistes et conscients des faiblesses de notre pauvre corps humain. Il en va de même avec la fièvre.

Si l’idée de tomber malade vous panique, et que vous êtes porteur d’une maladie chronique, ne perdez pas votre temps avec l’homéopathie. L’absence de souffrance n’existe pas sur cette terre, contrairement à ce que vous serinent les publicités toute la journée pour vous endormir. Ecoutez les philosophes et sagesses de tous les pays du monde et de toutes les époques, nous ne sommes pas meilleurs qu’eux.

 

3 -les niveaux d’énergie des patients sont devenus extrêmement faibles. Nous ne pouvons plus espérer un rétablissement aussi complet qu’autrefois, du fait de la consommation de médicaments, de vaccins, les pollutions diverses et variées et de notre transformation de la société en cloaque égoïste et malsain.

Les patients peuvent compenser et aider en étant rigoureux (sans être intransigeants) sur les règles hygiéno-diététiques du quotidien, et éventuellement la pratique de qi gong. Les organismes humains (et probablement animaux et végétaux) n’ont jamais été aussi fragiles, il nous faut faire avec.

 

 

4 -La folie et la pression du monde dans lequel nous vivons où le fou paraît sage et le sage paraît fou selon les mots de David Little. C’est une variable sur laquelle nous n’avons que peu de prise. Il appartient à chacun pour limiter cela d’essayer la tempérance et la loi du juste milieu face aux agressions de la vie, voire, pourquoi pas, tenter une pratique spirituelle…

 

5 -L’homéopathie vous oblige à vous regarder en face, c’est très difficile pour certains patients. Vous ne pourrez plus, surtout en début de traitement continuer à retenir hypocritement la colère qui bout en votre for intérieur. Ce peut être vécu comme un véritable passage au Karcher. Alors certes, on essaye de limiter cet inconfort au maximum, vous pouvez choisir d’étaler le traitement pour que ce processus se déroule plus lentement. Mais vous ne couperez pas à la rencontre avec qui vous êtes réellement.

 

La prise en charge par homéopathie est un véritable cheminement à deux avec le praticien. Lors du premier contact, c’est comme si vous étiez une boîte noire à analyser peu à peu. La prescription initiale est un test de réactivité en quelque sorte. En envoyant une balle de ping-pong (le remède), on jauge son renvoi pour réadapter la prescription. Malgré toutes nos précautions, les surprises ne sont pas rares, réactions explosives, trop faibles, un traumatisme ancien et occulté qui resurgit brutalement, etc..

Plus le praticien vous connaît, plus vous apprenez à vous connaître aussi. L’aide mutuelle devient exponentielle et le traitement également. Les patients présentant des troubles chroniques peu profonds, sont souvent capables après 4 ans de suivi de vous proposer tel ou tel médicament homéopathique pour leur grippe, leur petite douleur abdominale, etc…Ce développement de leur autonomie est magnifique.

 

6-Le médicament magique unique à vie n’existe pas, surtout de nos jours. Appelée panacée par le passé, Hahnemann a d’emblée précisé que seule une cure utilisant une succession de médicaments bien indiqués pouvait apporter la guérison.

 

 

Voici exposées en quelques lignes les principales difficultés rencontrées. Malgré toutes ces limites, qui diminuent au fur et à mesure de l’avancée du traitement, l’homéopathie récompense le patient au centuple. Le niveau de santé progresse, autrement dit, vous vous éloignez toujours plus d’une maladie grave, chronique, (hors accident terrible de la vie). Vous augmentez votre capital santé et l’espérance d’une vie de qualité, autonome. La vieillesse arrive avec davantage de sérénité, sans trop de douleurs ou d’inconforts, et encore moins d’ordonnances interminables de médicaments chimiques !  Si vous êtes en âge d’avoir des enfants, vous augmentez leur niveau de santé potentiel. Votre créativité, vos talents éclosent pour trouver la place la plus adaptée à qui vous êtes dans la société.

 

Personnellement, je trouve que ça vaut le coup !

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