Morbillinum et le développement des Nosodes

Dans Actualités, Médicaments, Miasme - Nosodes by Edouard BroussalianLaisser un commentaire

Morbillinum

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Je crains d’avoir mis la barre très haut en choisissant de parler de Morbillinum [1] car c’est un produit particulier, appartenant à la classe des nosodes —c’est-à-dire une dynamisation de produit pathologique. Or, il est impossible de prescrire rationnellement cette catégorie de médicaments sans avoir pleinement compris l’homéopathie, sous peine de régresser au niveau de la pensée magique qui consisterait ici à donner l’identique pour traiter l’identique.

Introduction

Totalité des symptômes

Ce genre de vue simpliste a même été érigé en système comme la « thérapie séquentielle » qui consiste à administrer au patient des séries de vaccins dynamisés, en partant du principe que ces seules substances injectées seraient responsables de tous les maux, et que l’administration du vaccin sous forme dynamisée agirait magiquement comme un coup de gomme pour « retirer » en quelque sorte le vaccin de l’organisme. C’est méconnaître la notion fondamentale de totalité des symptômes qui comprend la constitution physique, le tempérament intellectuel, l’étiologie, les miasmes, les suppressions, toutes les causes vraisemblables, évènements, maladies chroniques, médicaments, immunisations, maladies iatrogènes, traumatismes et leurs signes et symptômes qui sont revus dans leur ordre d’apparition (Organon § 5, 6,7,8). A tout ceci s’ajoute pour compléter la totalité, les signes objectifs et les symptômes subjectifs du patient aussi bien que la recherche des obstacles à la guérison.

Susceptibilité

Second point, ces pratiques mésusent de la notion de susceptibilité individuelle, concept fondamental parfaitement inconnu de la médecine classique qui en est encore à croire par exemple que le simple contact avec une particule virale puisse rendre malade. Quand la susceptibilité individuelle est innée, on parle d’idiosyncrasie : « les aliments gras me rendent malade », « je ne supporte pas d’avoir la tête exposée au froid », etc. Mais l’abus de substances chimiques, que ce soit du sel marin, du tabac, un vaccin, en passant par n’importe quel médicament allopathique quotidiennement introduit dans l’organisme finira par induire une susceptibilité à ladite substance [2]. Dans ce cas, l’administration de la substance préparée homéopathiquement, c’est-à-dire dynamisée, provoquera quasi certainement une forte flambée de symptômes, une réaction de la part de la force vitale qui réjouira le demi-homéopathe qui l’a prescrit en y voyant la preuve de la guérison du malade. Certains patients seront même ravis de se voir tant affectés, pensant que c’est la manifestation de l’action curative du médicament. Mais en réalité, tout ce qui s’est produit n’est autre qu’une expérimentation violente sans aucun bénéfice pour le malade.

Vaccin

Un troisième point qui n’aura échappé à personne est que l’administration d’un produit pathologique pour traiter une même pathologie s’apparente à l’idée de vaccin. Sciemment ou non, tous les médecins qui font de la prophylaxie médicamenteuse, pratiquent l’homéopathie. C’est en donnant à l’homme une maladie atténuée semblable à celle dont on veut le préserver, véritable maladie médicamenteuse, qu’on l’immunise contre elle. En l’espèce, c’est en donnant à un homme bien portant, une affection bénigne, mais semblable à la petite vérole, qu’on l’immunise contre cette maladie.

Tout a commencé par la variolisation, technique usuelle au sein de la communauté grecque de Constantinople au XVIIIe siècle, probablement importée de Circassie [3], mais déjà connue des Chinois. En exposant à des varioleux des enfants très jeunes on espérait atténuer l’impact de la maladie, qui avait des chances de se développer de manière bénigne. Cette notion de maladie identique atténuée en guise de prophylaxie est une forme, monstrueuse il est vrai, d’homéopathie par l’identique. Il y avait environ 1 chance sur 50 d’en mourir. C’est en 1721 que Lady Montagu, épouse de l’ambassadeur anglais à Constantinople va introduire le procédé auprès des hautes sphères de la société anglaise.[4] On essayera ainsi de varioliser pour la rougeole et même la syphilis, [5] en se servant de forçats pour conduire des expérimentations. On retrouve déjà ici l’éthique douteuse de la démarche allopathique.

Le 14 Mai 1796, Edward Jenner vaccine —littéralement « vachise » — en lui inoculant le cowpox James Philips, l’enfant de son jardinier, alors âgé de 8 ans.[6] Et le variolise quelques semaines plus tard, l’exposant délibérément au virus sauvage de la variole. L’éthique discutable de Jenner sera ensuite exacerbée quand il s’agira de maintenir la pustule de cowpox de bras à bras : qu’à cela ne tienne, on utilisera les enfants des orphelinats. Le risque mortel tombe à environ 1/200 mais pour la première fois apparaît la notion de population et de statistiques afférentes. Une fois le politique impliqué avec l’industrie, tout cela devient une véritable idéologie déferlante qui balaye tout sur son passage.[7] Le terme de vaccination est lourd de sens car à force d’injections sous prétexte de prévention, il s’agit vraiment de la transformation progressive des humains en bétail soumis, aréactif, et considéré comme tel par les autorités —comme nous l’a démontré l’affaire du Covid.

Dès le début, on retrouve en germe le messianisme totalitaire de la médecine classique : peu importe l’individu pourvu que la « science » progresse — tout devant se plier devant l’idéal à atteindre et imposé à tous. En réalité, quand je dis « science », il faut voir aussi l’avènement du premier business de la santé à grande échelle.[8] Au bout de deux siècles de fraude [9], coercition, et autres manipulations qui ont abouti à l’apothéose mondiale du Covid et du crime contre l’humanité constitué par l’injection forcée de traitements géniques expérimentaux, je demande [10]  : de l’allopathie peut-il sortir quelque chose de bon ?

A cette question Arthur Koestler avait déjà répondu dans Le zéro et l’infini : « Il n’y a que deux conceptions de la morale humaine, et elles sont à des pôles opposés. L’une d’elles est chrétienne et humanitaire, elle déclare l’individu sacré, et affirme que les règles de l’arithmétique ne doivent pas s’appliquer aux unités humaines – qui, dans notre équation, représentent soit zéro, soit l’infini. L’autre conception part du principe fondamental qu’une fin collective justifie tous les moyens, et non seulement permet mais exige que l’individu soit en toute façon subordonné et sacrifié à la communauté – laquelle peut disposer de lui soit comme d’un cobaye qui sert à une expérience, soit comme de l’agneau que l’on offre en sacrifice. »

Il est temps de parler d’homéopathie

Maintenant que j’ai bien taillé, il me faut recoudre ! Mais comment décrire en peu de mots une image si vaste et complexe ? L’homéopathie ne peut s’appeler comme telle que si ses principes cardinaux sont observés, à savoir :

1) les semblables se soignent par les semblables,

2) la dose unique,

3) la quantité minimale,

4) le remède dynamisé.

Les semblables traitent les semblables, dynamisation, contagion non matérielle

Si l’homéopathie —pressentie sans doute par Hippocrate— n’a pas pu être appliquée autrement que marginalement depuis la nuit des temps, c’est que l’administration au patient d’une substance capable de produire un état semblable au sien provoque une réaction d’aggravation absolument terrible. Comme nous l’avons vu plus haut, il existe alors chez le sujet une affinité particulière, une intense susceptibilité à la substance capable de mimer son état. Littéralement la totalité du patient et le potentiel du médicament s’attirent avec une force extraordinaire. Ce phénomène échappe au sens commun car l’administration allopathique routinière de substances qui n’ont rien à voir avec l’état du patient ne provoque pas ce genre de réaction et des doses importantes et sans cesse croissantes doivent être administrées.

Seul Hahnemann a eu l’idée d’atténuer par fractionnements successifs la matière, découvrant ainsi le monde qu’on appellerait aujourd’hui de l’énergie, par ce procédé de dynamisation. Éminent chimiste, qui a entretenu une correspondance avec Lavoisier, Hahnemann avait très bien compris qu’il découvrait un nouveau continent. Le Fondateur écrit (note au §249) :

« L’expérience prouve qu’il est presque impossible d’atténuer assez la dose du médicament parfaitement homéopathique pour qu’il ne suffise pas à produire une amélioration sensible dans la maladie à laquelle il est approprié (§160 et §279) »

Il écrit encore (§269) :

« Le système de médecine homéopathique développe pour son usage spécial un procédé tout à fait inédit et qui n’avait jamais été expérimenté jusqu’alors, qui dégage et libère les vertus médicinales immatérielles inhérentes aux substances brutes. Par ce moyen seulement, celles-ci acquièrent des vertus médicinales et une efficacité incommensurablement pénétrante, même celles qui à l’état brut ne donnent pas le moindre signe d’action médicinale sur le corps humain ».

L’homéopathie transforme ainsi les pires poisons en médicaments. Elle unifie les notions de maladie et de médicament puisque le médicament n’est qu’une maladie artificielle. Par exemple, la dynamisation de germes infectieux permet de les transformer en une nouvelle substance médicamenteuse, corrélée avec les signes et symptômes de la maladie qu’ils provoquent.

Totalité des symptômes et force vitale

Le médicament homéopathique réalise une contagion dynamique —c’est-à-dire énergétique et immatérielle—ressentie par la force vitale du patient parce qu’il existe une prédisposition à ressentir cet influx.[11] Ainsi, un toxique administré à doses pondérales empoisonne tout le monde, le signal dynamique n’est perçu que s’il rencontre la bonne conformation chez le patient. C’est la fameuse question « l’alcool rend-il ivre ? », à laquelle on ne peut répondre sans les deux facteurs intriqués que sont la quantité d’alcool et la susceptibilité du sujet.

Ces notions dynamiques fondamentales —exposées pour la première fois par Hahnemann vers 1796 ! — sont encore aujourd’hui très peu enseignées et encore moins comprises. Il est regrettable que peu de médecins développent leur propre sens de l’observation devant leurs patients —on leur enseigne même que leur point de vue est sans valeur.[12] Pourtant la notion de totalité de symptômes tombe sous le sens : quand une personne est malade, que ce soit de manière aiguë ou chronique, une totalité de symptômes se présente à l’observateur. Elle est composée de :

  • Symptômes communs de la maladie aiguë —miasme aigu dans notre jargon
  • Symptômes communs du miasme chronique actif (voir ci-après)
  • Éventuellement des signes pathognomoniques de la maladie[13]
  • Symptômes objectifs et subjectifs propres au patient —sans oublier les symptômes donnés par l’entourage, et
  • Les signes caractéristiques du patient.[14]

La première question qui vient à l’esprit est : que penser d’une médecine qui s’arroge le droit de ne traiter qu’un seul symptôme extrait de cette totalité ? Cette démarche arbitraire est compatible avec la taylorisation d’une industrie mais se situe à l’opposé de la science dont se réclament pourtant les tenants de la médecine actuelle.

La seconde est plus subtile : si une telle totalité existe et se maintient comme telle, alors il faut lui attribuer une cause fondamentale en amont des organes. En d’autres termes, la présence d’une totalité de symptômes conduit automatiquement à la notion de force vitale perturbée énergétiquement. Les signes et symptômes que nous constatons sont produits par ce désaccordement énergétique qui n’est pas perceptible directement —la maladie est l’empreinte indirecte d’un désaccord énergétique.[15] Corolaire : seul un influx dynamique pourra réellement guérir une pathologie.

Une troisième question se pose ici mais elle sort du cadre de notre article : si l’organisme « juge » utile d’entretenir un ensemble déterminé de symptômes, quel est l’impact général de la suppression d’un ou plusieurs d’entre eux par un procédé chimique artificiel ?

Influx dynamiques hostiles

Nous arrivons enfin au cœur de notre présentation de Morbillinum ! La physique nous a habitués à la notion de dualité entre onde et particule. Selon l’expérience, le même objet observé se comporte de manière ondulatoire ou corpusculaire — c’est le cas de la lumière par exemple.

L’ancienne médecine, purement matérialiste, en est toujours à considérer le seul germe comme responsable de la maladie. Les travaux du regretté Pr Montagnier, confirmant les découvertes de Hahnemann, ont montré ce que nous appelons l’aspect dynamique de la contagion : ainsi un germe est associé aussi à une empreinte dynamique. Nous nommons miasme — un terme grec qui signifie « souillure » — cette empreinte.

Sur le plan aigu, d’innombrables organismes vivants « vibrent » de leur empreinte énergétique, ce sont les miasmes aigus. Montagnier a montré qu’une solution contenant des germes porte une vibration qu’il est possible d’enregistrer et de réémettre, rendant possible la transmission numérique d’ADN bactérien.[16] Il est hautement vraisemblable, bien que je ne puisse pas le prouver, que c’est d’abord l’influx dynamique qui est ressenti lorsqu’on tombe malade et que c’est ensuite que le germe se développe dans l’organisme. C’est une manière élégante d’expliciter la notion de période d’incubation. Cela explique aussi comment une dose dynamisée de Bryonia par exemple est capable en quelques heures de rendre un patient parfaitement apyrétique alors que toutes les hémocultures grouillaient de pneumocoques. Toute une nouvelle biologie dynamique —quantique ? — doit être créée.

Sur le plan chronique, Hahnemann a montré que toutes les maladies chroniques proviennent de la transmission à la descendance de l’empreinte énergétique d’infections dont l’organisme ne parvient jamais à se débarrasser. La tuberculose, la syphilis, certaines formes de gonococcies, et la suppression de la gale représentent les 4 miasmes chroniques connus. Non content de révolutionner la médecine, Hahnemann crée ainsi la première forme d’épidémiologie dans l’histoire.

Un patient d’ascendance tuberculeuse par exemple manifestera sur le plan mental une forte instabilité, avec une aversion pour la routine, un grand besoin de changement. Au plan physique, il sera maigre tout en mangeant de très bon appétit, sera sujet aux allergies, et maintenant aux pathologies auto-immunes. Tous ces symptômes sont communs à ce miasme chronique. Sur le plan aigu, une maladie qui évolue très vite vers la gravité signe l’activité d’un miasme chronique tuberculeux. Ainsi le miasme chronique, greffé sur la force vitale à la manière d’un parasite énergétique, est capable d’influencer l’allure d’un phénomène aigu.

Comme souvent, la distinction entre aigu et chronique est purement académique. Ainsi l’invasion de l’organisme par un miasme aigu peut y laisser une empreinte permanente. Il se crée ainsi une strate énergétique qui s’exprime par ses propres symptômes, et qui empêche toute progression vers la guérison même si l’on administre le médicament indiqué sur la totalité des symptômes. C’est ici que brillent les nosodes, avec Morbillinum au premier rang d’entre eux, car il n’était pas rare de voir de fortes rougeoles soit provoquer des complications, soit induire un état chronique dont le patient ne se relevait pas.

Le développement des nosodes [17]

Une des conséquences directes de la publication des Maladies Chroniques par Hahnemann (1828) fut le développement de l’emploi des miasmes en tant que remèdes dynamisés pour le traitement et la prévention des maladies. C’est peu après la parution de l’ouvrage que Hering réalisa la première expérimentation (proving) de Psorinum sur lui-même. Le contenu de la vésicule de gale a été ainsi le premier nosode à être expérimenté.

Constantine Hering
1800-1880

On doit à Hering une grande expansion de la Matière Médicale homéopathique. Dudgeon [18] rapporte que Hering a créé sept nouvelles catégories de remèdes homéopathiques.

  1. L’utilisation de venins d’insectes, serpents et autres créatures venimeuses (poisons animaux).
  2. L’utilisation de remèdes obtenus à partir de miasmes (nosodes).
  3. L’introduction de miasmes dynamisés et de sécrétions morbides prélevées directement du patient (auto-nosodes).
  4. L’utilisation d’organes homologues, tissus et sécrétions comme remèdes (sarcodes).
  5. L’utilisation de produits préparés à partir des miasmes dynamisés dans la prévention de maladies infectieuses (Homéo prophylaxie par nosodes).
  6. L’étude de la table périodique et des éléments chimiques et nutritionnels présents dans l’organisme humain (relations biochimiques).
  7. Hering a suggéré de dynamiser des graines de mauvaises herbes ou de plantes dangereuses pour les détruire et d’utiliser des dynamisations d’animaux ou d’insectes pour éliminer et prévenir les infestations de ces espèces dangereuses (mesures de santé publiques).

Une des choses importantes à retenir est le caractère « héroïque » des nosodes. Ce sont des maladies responsables de millions de morts, leur tableau est bien connu. Pour cette raison, nous avons à notre disposition une masse d’informations sur de tels troubles car il s’agit de maladies d’étiologie fréquente et de symptômes similaires qui atteignent des groupes importants de populations. Une étude des maladies infectieuses épidémiques apporte beaucoup d’informations car elles se comportent comme une expérimentation naturelle du nosode.

On demanda au Dr Swan qui a expérimenté Medorrhinum, s’il était légitime de se servir de nosodes non expérimentés au sens homéopathique du terme. Sa réponse fut que les miasmes avaient réalisé un proving naturel des maladies infectieuses sur une très grande variété de constitutions. Par conséquent, les miasmes sont responsables d’états pathologiques qui sont similaires à ce qu’ils guérissent, y compris leurs complications plus rares.

Pour cette raison, un remède comme Morbillinum (le nosode de la rougeole) a guéri des méningites, des lupus érythémateux, des conjonctivites, et des avortements spontanés lorsque les symptômes agréent. Toutes ces conditions sont similaires aux complications dues au miasme de la rougeole dans la population.

Nous prescrivons le nosode en nous basant sur l’expérimentation « naturelle » de la maladie qu’il suscite, mais il faudrait les expérimenter sur des sujets sains, sous forme dynamisée pour connaître la totalité de leur potentiel, leur tableau complet. Cela n’a malheureusement pas été encore réalisé, et de loin !

Hering avait remarqué que certaines caractéristiques symptomatiques des nosodes étaient en rapport avec leurs indications. Il a défini les symptômes d’appel des nosodes, qui sont les suivants :

  • Jamais bien depuis telle infection. Parfois une personne ne se remet jamais entièrement d’une maladie aiguë aboutissant à des symptômes constitutionnels. L’effet de ce miasme aigu reste imprimé dans la force vitale, formant une couche de “désaccordement” dans le système de défense. Cette nouvelle strate plus forte réprime l’image constitutionnelle et entrave la guérison.
  • Manque de réaction aux remèdes bien indiqués : des remèdes bien choisis n’agissent pas, suspendent leur action, ou ne font que modifier les symptômes.
  • Changement permanent des symptômes.
  • Images fragmentaires des remèdes constitutionnels : il arrive que l’on ait très peu de symptômes sur lesquels prescrire. Cette situation se rencontre dans les cas défectifs, pauci-symptomatiques, où une forte couche miasmatique a réprimé la capacité de la constitution à montrer des symptômes. En dehors des signes liés à la pathologie et aux miasmes, il y a peu d’éléments sur lesquels on puisse fonder une prescription constitutionnelle. Cet état peut être dû à une association de traumas, de miasmes, de suppressions et d’effets indésirables liés aux médicaments.
  • Signes miasmatiques régionaux avec peu de symptômes caractéristiques. Le cas est tellement brouillé qu’il se résume aux seules manifestations locales sans caractéristiques permettant de prescrire un médicament classique.

 

Les indications de Morbillinum [19]

J’ose espérer qu’on me pardonnera les développements qui précèdent car ils m’ont semblé indispensables pour comprendre ce que l’on fait en prescrivant un nosode. Je ne supporte plus qu’on réduise l’homéopathie à une quelconque « médecine douce » ou autre galimatias du niveau de l’horoscope de Madame Soleil ? Si l’homéopathie apporte enfin la révolution tant attendue dans le traitement médical, elle exige rigueur d’esprit, persévérance au travail, et honnêteté intellectuelle.

Prophylactique de la rougeole épidémique

Avant la vaccination de masse —je ne puis m’étendre au sujet de cette barbarie— Morbillinum était un préventif facile à prescrire, avec de très bons résultats. Son administration à une classe entière évitait que le premier cas ne contamine les autres. Ici Morbillinum satisfait la susceptibilité au miasme aigu de la rougeole auquel il ressemble énormément. La susceptibilité épidémique étant éteinte, la maladie naturelle ne peut plus affecter la force vitale. L’indication des nosodes en tant que prophylactiques est absolument immense.

Séquelles ou complications neurologiques de la rougeole

Chacun aura compris que le génie du médicament est en relation avec les séquelles de la rougeole, dans les cas où la maladie aiguë a si fortement impacté l’organisme que son empreinte y demeure.

C’est peut-être le seul médicament capable d’obtenir des résultats dans la PESS (pan encéphalite sclérosante subaiguë). Les premiers symptômes observés de l’encéphalite sclérosante subaiguë peuvent être de mauvais résultats scolaires, des pertes de mémoire, des crises de colère, des étourdissements, de l’insomnie et des hallucinations. Des convulsions soudaines du bras, de la tête ou du corps peuvent survenir par la suite. C’est une pathologie épouvantable sans médicament connu dans la vieille médecine. On trouve dans la littérature homéopathique des cas avérés de guérison par Morbillinum.

Le syndrome de Guillain-Barré fait partie des complications classiques des vaccins ROR par exemple, c’est une excellente indication pour Morbillinum pour peu qu’on parvienne au patient hospitalisé.

Le tropisme cérébral du virus fait de Morbillinum un médicament de choix chaque fois qu’un enfant fait de la fièvre après une vaccination. Il faut alors le prescrire systématiquement, et on a une chance d’agir curativement là où un paracétamol banal ne fera que masquer la fièvre.

Malgré les efforts titanesques de l’industrie pour le nier, la relation entre l’autisme et le ROR est absolument patente. Je conseille la lecture du site de Robert Kennedy Jr., Children Health Defense, pour en apprendre plus sur le sujet. Dans ces drames épouvantables qui touchent les familles, la narration standard est la suivante : l’enfant a fait de la fièvre après son premier ROR, l’allopathe de service a prescrit du Doliprane. Rien n’y a fait, la fièvre a continué, tant et si bien qu’à l’heure du rappel l’enfant était encore fébrile. Une fois la seconde injection réalisée, la fièvre s’envole, des convulsions arrivent, et l’enfant se met à régresser. Tout cela aurait dû être immédiatement traité avec Morbillinum. Ceux qui n’ont pas eu devant eux, ou dans leurs bras, ces mère éplorées, ceux qui nient ces faits patents, sont de dangereux psychopathes et devraient faire autre chose que de la médecine. Dans l’autisme déjà constitué, Morbillinum est à prescrire comme médicament intercurrent, souvent avec l’effet de faire apparaître plus clairement le tableau d’un médicament homéopathique classique.

Muqueuses des voies aériennes supérieures

On se trouve souvent démuni quand il n’y a pas de symptôme clair et que le patient, adulte ou enfant, ne présente qu’un catarrhe nasal et oculaire avec de la fièvre. Toux rauque, voix altérée, larmoiement. Râles bronchiques diffus. C’est en somme quelque chose qui ressemble à un début de rougeole. Ici Morbillinum offre des résultats spectaculaires alors qu’apparemment il n’existait pas de remède apparent indiqué puisque le cas ne présente aucune caractéristique.
Morbillinum est remarquable dans les cas d’asthénie, faiblesse des yeux, de blépharite ou de conjonctivite chronique à la suite d’une rougeole.

Exanthèmes

La manifestation cutanée qui correspond à celle de Morbillinum est l’exanthème maculaire qui débute sur le visage ou derrière les oreilles. J’ai en mémoire un cas de lupus érythémateux où en désespoir de cause j’ai donné Morbillinum sur la seule notion que le cas avait débuté par une éruption symétrique en selle de part et d’autre du nez. On m’objectera avec raison qu’il s’agit ici d’un signe quasi pathognomonique de la maladie, mais chez ce patient il y avait la notion d’une forte rougeole qui l’avait cloué des semaines au lit. La simple prise d’un seul globule de 200 a provoqué une fièvre à 39°, qui était prévue, et le patient avait pour consigne formelle de ne rien faire. Au bout de deux jours ces signes généraux se sont terminés, puis une sorte de desquamation écailleuse sur tout le corps est apparue. Rongeant mon frein —la chose la plus difficile en médecine c’est de ne rien faire ! — j’ai attendu que des signes nouveaux apparaissent. Le patient s’est mis à avoir de plus en plus chaud, à avoir faim même la nuit, et à avoir besoin de se découvrir les pieds la nuit. Le Sulfur que j’avais prescrit comme premier remède, sans le moindre effet, agit cette fois brillamment. Presque 20 ans après, il n’y a toujours plus le moindre signe ni clinique ni biologique de lupus…

Enfants fatigués et sujets à la toux

Ici nous commençons à voir les indications qui ne sont plus forcément liées à une rougeole dans le passé. C’est-à-dire que le tableau propre de la substance commence à se faire connaître. Tous ces enfants anémiques, maigrichons, qui toussent pour la moindre exposition au froid, et qui développent facilement des bronchites méritent au moins une prise de Morbillinum. C’est le genre de cas où on trouverait Tuberculinum indiqué mais il n’y a pas l’agitation, la mauvaise humeur au réveil, la transpiration de la tête, et l’appétit exagéré. C’est là que Morbillinum nous sauve !

Indications cliniques

Les indications suivantes de Morbillinum dérivent des manifestations observées lors de la rougeole. Que les antécédents de rougeole soient présents ou pas n’est pas un problème pour la prescription, c’est le tropisme de la préparation qui domine.

  • Fausse-couche à répétition : ici encore c’est un tableau où la patiente ne présente pas une image claire, où la plainte principale est la tendance à l’avortement.
  • Une tuberculose active se met à s’aggraver soudainement ou bien l’infection tuberculeuse semblait contrôlée et se manifeste à nouveau. Cette indication dérive de l’affinité du virus de la rougeole pour les muqueuses des voies aériennes supérieures. Je n’ai pas eu l’occasion de la tester moi-même mais la littérature indienne abonde de cas.
  • Inflammation chronique de l’œil.
  • Otorrhée chronique.
  • Tuméfaction des ganglions du cou.
  • Inflammation chronique du périoste ou des articulations.

 

Conclusion

La médecine industrielle est prête à vacciner contre tout et n’importe quoi comme l’affaire de la plandémie Covid nous l’a une nouvelle fois confirmé. Du côté homéopathique, la tentation est grande pour tous ceux qui ne l’ont jamais étudiée, de prescrire aussi du nosode à tour de bras, en fonction de chaque épisode infectieux dans l’histoire du patient par exemple. Dans les deux cas, la démarche est erronée.

Un germe ne prospère que dans un organisme déréglé au préalable. On n’est pas malade parce qu’on a une pneumonie. On a une pneumonie parce qu’on est malade. Aussi, il est inepte de vouloir donner le nosode du miasme aigu sans comprendre qu’il faut viser la totalité des symptômes du malade —qu’il faut couvrir avec un médicament constitutionnel. Dans le meilleur des cas, le nosode limitera la susceptibilité au germe mais ne guérira pas le trouble général qui avait généré la susceptibilité. Enfin, ultime niveau de similitude, la guérison du patient, pour être complète, exigera de tenir compte du miasme chronique actif.

Pandémie ou épidémie, l’homéopathe nous donne des moyens illimités pour faire face à toute éventualité. On reconnaît le véritable homéopathe au fait qu’il se rend en souriant au chevet de ses patients !

Ainsi que le prévoyait le grand Ivan Illich [20], la médecine matérialiste armée d’une technologie toute puissante a fait régresser la médecine, désormais revenue à son point de départ quand Hahnemann écrit (Organon, §1) : « il est grand temps que ceux qui se disent médecins cessent de tromper les pauvres humains par leur galimatias et commencent enfin à agir, c’est-à-dire à secourir et guérir réellement. »

Oui, il est grand temps que ça change…
 
 
 
[1] Le Dr Gross, un des premiers disciples de Hahnemann, prépara avec du sang d’un petit malade atteint de rougeole simple et dilué homéopathiquement deux fois, un remède appelé Morbillinum.

[2] C’est même ainsi qu’on procède lors d’une expérimentation homéopathique pour rendre le sujet sensible à la substance testée.

[3] Cette pratique tchétchène avait été instaurée pour mieux vendre leurs jolies filles aux harems turcs.

[4] Souvent qualifiée de Madame de Sévigné anglaise, n’hésitant ni à porter le voile, ni à se déguiser en homme pour visiter Sainte Sophie, Lady Montagu appartient à cette catégorie de femmes extraordinaires qui méritent d’être mieux connues. Bien plus tard, Mélanie Gohier d’Hervilly adoptera le même style de vie, et se déguisera en homme pour voyager jusqu’au cabinet de Hahnemann à Köthen, l’épouser, et le ramener à Paris !

[5] A l’époque —Hahnemann commet la même erreur— on confondait le chancre mou et le chancre dur, et il semble bien que la variolisation ait été pratiquée avec des germes du chancre mou, qui n’est pas la syphilis mais Hæmophilus ducreyi.

[6] Jenner ne faisait ainsi que pousser un peu plus loin l’idée de Benjamin Jesty qui, en 1774, contaminait délibérément sa femme et ses fils par le cowpox (variole bovine) afin de les protéger de la variole.

[7] La lecture de l’incontournable « Antivax toi-même » de Xavier Bazin retrace de manière passionnante les incohérences de la médecine des vaccins. « Introduction à la médecine des vaccins » par Michel de Lorgeril est aussi une autre gemme qu’il faut posséder dans sa bibliothèque.

[8] Je suggère au lecteur de découvrir « L’apocalypse joyeuse », le remarquable ouvrage de Jean-Baptiste Fressoz qui nous fait la narration passionnante des « arrangements » douteux entre industriels et le pouvoir, décrivant sans le savoir les prémisses de la grande crise du Covid.

[9] Le narratif de la vaccine est bien séduisant —et même Hahnemann y était favorable initialement avant de réaliser qu’on injectait au malade avec la lymphe des tas de choses en plus de la vaccine. Lorsque Jenner exposa le principe à l’Académie, à peu près tous les vétérinaires s’esclaffèrent car ils avaient vu maintes fois des patients ayant présenté le cowpox tomber quand même malades de la variole !

[10] « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » Jean 1, 46.

[11] Je suis obligé ici de brosser un tableau au pas de charge, le sujet méritant des heures de cours. Voir notre école Planète Homéopathie, la seule à proposer une étude complète de l’Organon.

[12] Au lieu d’appliquer le raisonnement cartésien du sujet pensant et qui se forge sa propre opinion, ils préfèrent se tenir « informés » uniquement de façon indirecte grâce aux publications médicales (financées la plupart du temps par des laboratoires pharmaceutiques), se cantonnant à un rôle passif qui ne les empêche pourtant pas de critiquer vigoureusement tout ce qui sort du champ de leurs connaissances.

[13] C’est-à-dire absolument caractéristiques de la pathologie. Le frottement péricardique à l’auscultation dénote la péricardite, l’érythème migrant la maladie de Lyme, etc.

[14] Ces signes suffisent à eux seuls à effectuer le choix du médicament homéopathique. Ils n’ont rien à voir avec la pathologie, ou sont le contraire de ce qu’on attend dans la pathologie. Par exemple le choléra n’est pas une affection fébrile pourtant les malades que je soignais en Haïti se plaignaient tous d’avoir trop chaud. La plupart du temps la chaleur était décrite vers l’omoplate gauche, ce qui caractérisait Phosphorus. Dans certaines angines le patient a moins mal en avalant, ce qui est le contraire de la norme, etc.

[15] Voir « Principes de la nouvelle médecine », §11. Je retraduis et commente dans ce premier volume les aphorismes 1 à 70 de la 6e édition de l’Organon de Hahnemann.

[16] Voir par exemple https://www.youtube.com/watch?v=xTHRZvyK9e4. On peut trouver la traduction de l’article de 2010 sur https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/montagnier-et-la-teleportation-87142.

[17] Ce chapitre doit beaucoup à David Little qui a été mon mentor sur cette question des nosodes. Il est à ce jour probablement l’un des plus grands homéopathes au monde.

[18] In Conférences de Théorie et de Pratique homéopathique, p. 141-175.

[19] Je dois à l’excellent livre de mon ami le Dr Gaurang Gaikwad “Materia Medica of Nosodes & Sarcodes” la plupart des données sur Morbillinum.

[20] Voir son livre princeps « La Némésis médicale ».

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