Sclérose en plaques et Niveau de Santé

Dans Actualités, Articles, Bases de l'homéopathie par Edouard BroussalianLaisser un commentaire

Introduction

L’apport principal de George Vithoulkas à l’homéopathie réside sans conteste dans la notion de niveau de santé qu’il a développée à partir des observations de Hahnemann dans l’Organon et son mérite est d’avoir organisé le tout en un système cohérent qu’il enseigne.

Nous parlons ici d’un développement totalement inconnu dans la médecine standard qui traite organe par organe des symptômes limités au spécialiste consulté sur une période donnée. Vous avez sans doute autour de vous des cas typiques comme telle personne qui s’est fait traiter des sinusites répétées durant X années par l’ORL réputé du coin. A un moment les sinusites semblent « guéries », c’est à dire qu’elles n’apparaissent plus (au besoin après une opération car les organismes semblent au moins aussi têtus que les allopathes!).

Mais la même patiente commence maintenant des cystites à répétition (tellement classique qu’à ce stade vous avez probablement déjà quelqu’un en tête). Celles-ci seront brillamment traitées durant des années à coup d’antibiotiques. La « science » penche maintenant en faveur d’un traitement sur des durées de plusieurs mois. En tout état de cause, au terme d’années de traitements acharnés, on pourra enfin voir la malade libérée de ses cystites. Mais seulement voilà, elle déclare au bout de quelques mois (années) une polyarthrite rhumatoïde.

Quel rapport entre tout cela diront nos amis allopathes qu’on a éduqués à rester myopes? Qu’on le veuille ou non c’est pourtant bien la même personne malade dont l’état de santé, loin de s’améliorer si la médecine avait joué son rôle, n’a fait qu’empirer… dans une direction parfaitement prédictible pour quiconque ayant étudié sérieusement l’homéopathie.

C’est justement l’homéopathie qui permet de sortir du modèle de santé dérivé du cadavre qui est celui de l’ancienne médecine depuis Vésale, pour proposer la vision dynamique des niveaux de santé, qui démontre (s’il en était besoin) que les organes sont tous liés entre eux et qu’il n’est pas possible de traiter l’un en faisant abstraction du reste (démarche qui est aux antipodes de la démarche scientifique). Les niveaux de santé démontrent en outre que tout traitement allopathique n’étant que palliatif, ne fait que perturber plus avant le système de défense de l’organisme, le poussant à développer de nouvelles pathologies sur des plans toujours plus profonds. Au total, la médecine classique est pourvoyeuse d’un lot inimaginable de souffrances et de maux chroniques sous couvert d’améliorations parfois spectaculaires mais toujours peu durables.

Une étude sur 100 cas de Scléroses en Plaques (SEP)

Si le modèle déduit de millions d’observations homéopathiques depuis 2 siècles présente une quelconque validité, on doit s’attendre à ce qu’un patient qui présente une importante pathologie chronique ne soit plus en état de faire des fièvres intenses. Paradoxalement, celui-ci dira typiquement « si ce n’était ma SEP je suis en très bonne santé, je ne suis jamais malade ». Or il n’y a pas lieu de faire de grandes études pour comprendre que sa réponse immunitaire est si perturbée qu’il n’a simplement plus les moyens de développer une inflammation violente comme cela pouvait encore être le cas dans ses jeunes années. Cette corrélation est si évidente qu’il suffisait juste d’y penser pour assembler les faits, c’est un peu l’histoire de la pomme de Newton qui fut le premier à regarder d’un œil neuf ce que des générations avaient fait avant lui.

Dans l’étude en cours de publication par le Dr Seema Mahesh (Inde), le Prof Vitalie Vacaras (Roumanie), et le Prof George Vithoulkas (Grèce), les antécédents médicaux de 100 patients atteints de SEP ont été évalués en fonction de leurs antécédents d’infections récurrentes et de leur traitement aux antibiotiques. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, et il sera facile de les vérifier.

La quasi totalité des malades souffrant actuellement de SEP faisait des épisodes inflammatoires fébriles avec une température élevée. Il aurait été intéressant de connaître les tranches d’âge. Une remarque s’impose ici: les populations étudiées appartiennent à des niveaux de santé élevés car n’ayant pas subi la même « efficacité » du système médical qu’en Occident. La prévalence de telles inflammations récurrentes à une période de leur vie (enfance, adolescence) témoigne du groupe B qui devient de plus en plus rare sous nos latitudes.

Environ 80% d’entre eux ont eu un traitement répété ou au long cours par antibiothérapie. Songeons par exemple qu’actuellement au Maroc les patients présentant des angines à répétition sont systématiquement placés sous extencilline, une injection par semaine, pendant deux (2) ans. Toute personne éduquée ne pourra s’empêcher de penser que si la médecine classique a renoncé (à regret) aux saignées à cause de l’impact de l’homéopathie, elle s’acharne encore et toujours dans des traitements qui font dresser les cheveux.

Actuellement la quasi totalité de ces patients sont incapables de développer des phénomènes inflammatoires violents, faisant au mieux des fébricules autour de 38C.

Les conclusions de l’étude posent les hypothèses suivantes:

1. Les inflammations aiguës peuvent être supprimées par des antibiotiques.
2. De telles suppressions peuvent entraîner le système immunitaire à transiger et à abandonner la réponse inflammatoire aiguë lorsque il est sollicité.
3. L’organisme peut entrer dans un état inflammatoire subaigu après l’administration d’antibiotiques.
4. Cela peut éventuellement activer des états inflammatoires chroniques tels que la SEP.
5. L’apparition d’états inflammatoires aigus (forte fièvre) diminue considérablement après l’apparition d’états chroniques, ce qui indique qu’une altération au niveau immunologique a eu lieu.
6. Il est nécessaire d’étudier plus avant le rôle de la suppression de l’inflammation aiguë par les médicaments dans l’activation des maladies chroniques.

Quelques réflexions

J’ignore les détails de l’étude et ne sais pas non plus si celle-ci sera publiée dans des journaux a comité de lecture. C’est quelque chose qu’il faut espérer, ce papier marque une avancée qui pourra aider certains de nos confrères à commencer à regarder d’un oeil neuf la réalité des patients, pour se sortir de l’abstraction habituelle à laquelle on les soumet depuis la Faculté en guise de science médicale.

La notion de suppression définie au point 1 des conclusions mérite qu’on s’y attarde un instant. Seule l’homéopathie permet d’estimer si la cessation des symptômes est réellement une guérison, c’est à dire une progression du niveau de santé, ou bien une suppression, c’est à dire l’extinction forcée d’une manifestation, avec à la clé une augmentation du désordre interne, forcé de se manifester sur de nouveaux plans plus profonds.

Les innombrables suppressions auxquelles sont soumis les malades depuis la nuit des temps se sont subitement aggravées depuis la mise au point de redoutables produits chimiques dénués d’effets primaires violents contrairement à l’époque héroïque. La médecine classique toute entière aux mains de la chimie industrielle ne fait rien d’autre que distribuer en masse des produits qui vont altérer irrévocablement les niveaux de santé de patients qui sur le coup se disent aller mieux.

Au total il faudra bien finir par réaliser que les inflammations constatées dans les manifestations chroniques ne sont plus que le reliquat crépusculaire d’un organisme à l’immunité profondément perturbée, qui n’a plus les moyens de produire la violente inflammation requise pour se débarrasser d’un agresseur externe. Que dire de la médecine classique qui s’acharne avec ses … anti-inflammatoires? Cela semble aussi pertinent que de refaire une saignée parce que le patient ne va pas mieux.

C’est sans doute par les Niveaux de santé que l’homéopathie va entrer dans la médecine actuelle, du moins auprès des médecins qui se posent des questions au vu du gouffre qui existe entre ce que vante la médecine et ses études statistiques d’une part et les médiocres résultats (désespérants devrais-je dire) auprès des malades d’autre part. Il va de soi que nous nous plaçons ici presque en « gestionnaires de santé » non seulement sur la durée mais dans la manière dont il faut appréhender les maladies chroniques. Cela dépasse le cadre du présent article.

Les questions soulevées par les niveaux de santé impliquent la mobilisation du corps médical vers un tout nouvel axe de recherche, extrêmement prometteur, qui sans doute va révolutionner notre compréhension de la pathologie et du vivant.

 

Références:

Vithoulkas, G. Carlino, S « The continuum of an unified theory of diseases ». Med Sci Monit, 2010; 16(2):SR7-15.

 

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